IDEES

Libération du 27 septembre 2013

Paul Ariès : « Il faut un pacte social plus protecteur et émancipateur »

Entrevue

A l’approche des municipales, l’écrivain et politologue Paul Ariès, objecteur de croissance revendiqué, appelle les gauches à réhabiliter la gratuité dans les services publics. Pour un « bien-vivre » à la française.

Remettre la gratuité au cœur de notre pacte social. Et d’abord à l’échelle municipale. Que cette gratuité concerne les transports publics, les services funéraires, l’eau vitale ou le stationnement urbain. Et qu’elle s’adresse à tous… Politologue et écrivain, Paul Ariès appelle les gauches à s’engager dans ce processus de réappropriation. Directeur du mensuel les Z’indigné(e)s, cet objecteur de croissance revendiqué organise le 26 octobre à Grigny (Rhône) le 3e Forum national de la désobéissance citoyenne sur le thème « Soixante-dix ans après le programme du Conseil national de la Résistance, quels nouveaux jours heureux ? » Il a publié l’an passé le Socialisme gourmand, le bien-vivre, un nouveau projet politique (La Découverte).

Sous Nicolas Sarkozy, vous pointiez une société de la peur. Est-elle en recul avec le retour de la gauche au pouvoir ?

Cette société de la peur est beaucoup plus qu’une affaire de personne. On a peur aujourd’hui à l’échelle mondiale : pour soi, pour ses enfants, pour ses petits-enfants. On a peur du chômage, du terrorisme, de la malbouffe, de la fin du pétrole, des étrangers, etc. Toutes ces peurs ne s’équivalent pas, mais elles se conjuguent pour nourrir les pires dérives. Le pouvoir a tout à gagner à la peur car il en fait un mode de gouvernement. Le patronat a tout à gagner à la peur car elle suscite la résignation et la régression. Au bout de la peur, il n’y a jamais la révolte, mais la soumission à l’ordre, il y a la haine des autres, le retour des extrêmes droites.

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