Edito de STEPHANE

Neutralité carbone en 2050 : de Bruxelles à Castres.

Dans ce temps de renouvellement des instances européennes, le Conseil européen doit fixer sa stratégie pour réduire les émissions de CO2 d’ici à 2050. M Macron s’est positionné au nom de la France avec un objectif de neutralité carbone à cette date, reprenant ainsi le calendrier fixé par les accords de Paris. L’Europe n’a d’autre choix, pour assumer ses responsabilités de « pays développé », que de se fixer des objectifs ambitieux et, surtout, de mettre en œuvre les moyens d’y parvenir. C’est là que la parole de M Macron laisse place au doute, tant il nous a habitué au double discours sur l’écologie : de belles paroles « révolutionnaires », pas d’actions concrètes dans les faits, et Nicolas Hulot qui dénonce l’inefficacité de la politique « des petits pas ».

Au-delà de la personne de M Macron, le défi climatique qui est devant nous est colossal, et, M Trump mis à part, je ne connais personne qui conteste ou veuille se mettre en travers des accords de Paris. Mais si on accepte la validité de ces accords, il faut aller jusqu’au bout et entendre les commentaires des scientifiques qui, au regard des objectifs incontournables, nous disent que les mesures à prendre sont « draconiennes ». La neutralité carbone implique que nous baissions largement toutes nos émissions, pour qu’à terme, elles puissent être compensées par toutes les captations existantes (neutralité carbone), et, étape ultime, que les captations deviennent plus importantes que les émissions. Pour y parvenir, si nous continuons avec nos modes de vie actuels en les « adaptant » pour les rendre « verts », sans les remettre en cause intrinsèquement, l’entreprise est vouée à l’échec. Notre façon de vivre n’est possible que parce que nous nous endettons au-delà des capacités qu’a la planète pour renouveler nos ressources. Nous sommes donc dans la nécessité d’engager une rupture avec le monde du XXième siècle, tout simplement parce que nous n’avons pas d’autre choix.

Les accords mondiaux se déclineront du global au local, les élections municipales de 2020 seront un bon indicateur de l’ampleur de notre engagement dans ce défi climatique. L’écologie sera-t-elle une variable à ajuster en fonction du poids du vote « vert », ou sera-t-elle définitivement constitutive des politiques à engager pour l’avenir ? Ce sont les citoyennes et les citoyens qui le décideront, à la fois dans l’offre qu’ils proposeront par leur implication dans la préparation des programmes, et par leur choix de vote final. Si la phrase définitive de M Bugis « les Castrais ne sont pas prêts », entre condescendance et manque de courage politique, reste dominante, Castres n’aura aucun effet dynamique dans le combat à mener contre le réchauffement climatique.

Tous les jours nous apportent leur lot de marqueurs de la crise écologique que nous traversons, crise de société, crise de civilisation. Voici une liste, comme on peut en dresser chaque semaine : regain d’activité des gilets jaunes, avec en sous texte l’abandon des populations qui n’ont d’autres choix que d’utiliser leur voiture ; violences faites aux animaux (nouvelle vidéo de L214), la consommation de viande est à reconsidérer ; le froid du mois de juin, la canicule du mois de juin ! ; les routes du Tarn qui repassent à 90 km/h, augmentation de consommation de carburant, augmentation de production de CO2, augmentation des accidents ; un « village de marques » dans une zone préservée à Souillac (46) ; une mine de tungstène sur les hauteurs de Brassac ; un EPR défaillant, qui ne produit rien, qui nous ruine et dont on ne souhaite pas le démarrage ! ; le Tarn en retard sur l’agriculture bio … Face à ces dérives, que notre société dite de consommation a engendré, la sobriété n’est plus un tabou, elle n’est plus moquée. Elle incarne désormais une forme d’espoir vers une société apaisée. Nous avons la chance de pouvoir la bâtir et d’en imaginer les modalités.

Stéphane DELEFORGE, le 24 juin 2019

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Commentaires

1 Message

  1. Neutralité carbone en 2050 : de Bruxelles à Castres.

    Neutralité carbone ce n’est pas la même chose que réduction des émissions. La neutralité carbone peut se traduire par un équilibre entre ce qu’on émet et ce qu’on est en capacité d’absorber notamment par des nouvelles solutions industrielles de captation de CO2. Au lieu de se fixer un objectif de réduction on se fixe un objectif d’équilibre C’est moins ambitieux de la part du gouvernement. Mais il nous a habitué à ces reculs masqués par des discours remplis de bonnes intentions.

    par BCC | 24 juin 2019, 15:09

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