Alimentation

Malgré vingt ans de lutte contre l’accaparement des terres en Indonésie, la détermination des paysans ne fléchit pas

Du haut de la colline, Surdarmin Paliba regarde les rangées de palmiers à huile qui s’étendent en contrebas à perte de vue.

« C’est là qu’étaient nos fruitiers, et en bas, on cultivait du riz, » dit-il.

La création de plantation de PT Hardaya a détruit des terres agricoles et des forêts qui étaient utilisées par plus de 6 500 familles. (Photo : Pietro Paolini / Terra Project) La création de plantation de PT Hardaya a détruit des terres agricoles et des forêts qui étaient utilisées par plus de 6 500 familles. (Photo : Pietro Paolini / Terra Project) En 1994, un beau matin, Sudarmin et quelques autres agriculteurs du district Buol, à Sulawesi central en Indonésie, se rendaient dans leur ferme quand ils sont tombés sur un groupe de travailleurs gardés par des soldats, qui coupaient des arbres dans la forêt environnante. On leur a dit alors qu’une route était en construction. Mais rapidement ils ont compris que ce n’était que les prémices d’une opération beaucoup plus vaste. Toutes leurs terres et leurs forêts coutumières avaient été cédées - sans qu’ils en aient été avertis ou qu’on leur ait demandé leur consentement - à l’une des familles les plus riches et les plus puissantes d’Indonésie pour en faire une énorme plantation de palmiers à huile de 22 000 hectares de superficie.

Les trois années suivantes ont vu la destruction des terres agricoles et des forêts qui étaient utilisées par plus de ...LIRE LA SUITE