la tribune libre

municipale / LE DEBAT

par Jean-François GILMER

La « Tribune » est un espace éditorial d’expression libre à l’attention de celles et ceux qui souhaitent participer au débat essentiel à toute vraie démocratie participative. Les propos tenus dans les différents articles de cette rubrique n’engagent pas la responsabilité du groupe Europe Ecologie-Les VERTS de CASTRES et relèvent de l’entière et unique responsabilité de l’auteur(e).


Jean-François GILMER, militant du Parti Socialiste (section de Castres), suite à un article paru dans Le Journal d’Ici (Les gauches montent au créneau), a lancé, à partir de son blog « ça va mieux en le disant », le débat sur les prochaines municipales à Castres. L’humiliante défaite de 2008 hante encore la mémoire des électeurs de gauche de notre ville. Ne pas recommencer les mêmes erreurs, tel est l’objectif du débat lancé par Jean-François GILMER. Ce débat est nécessaire. Alors débattons.

Tous les sympathisants de gauche doivent s’en emparer. Rien de plus simple : aller sur le blog de J.F. GILMER ou sur celui de l’écoloCASTRES, le blog et répondre, en direct, aux différents articles concernés. Vos contributions feront l’objet d’une mise en ligne immédiate.

L’article paru dans le Journal d’ici de cette semaine (voir ci-dessus) sous le titre « Les gauches montent au créneau » me fait réagir, j’ajoute que... ça va mieux en le disant !

La gauche castraise dans sa très grande diversité s’est reconfigurée en 2011de la même manière qu’en 2001. La machine à perdre a retrouvé les ornières qui l’ont conduit inéluctablement au désastre des dernières élections municipales.

C’est à un remake de l’après 2001 auquel nous assistons en 2011 avec autant de cercles, associations et partis politiques, tous la main sur le cœur et le mot « union » à la bouche, mais tous acteurs d’une concurrence mortifère. Concurrence politique qui n’en doutons pas va aller crescendo à l’approche des échéances. Chacun son projet, son candidat tête de liste, ses ambitions et revendications bref sa légitimité. Le cercle cité solidaire, le parti socialiste, castres à gauche vraiment, les verts-europe-écologie, le parti communiste, les alternatifs…le tout en quantité inversement proportionnelle aux électeurs de la gauche, en tout cas à ce jour. Cette gauche castraise constitue un cocktail de politique boutiquière, de rancunes tenaces et de sectarisme d’un autre âge le tout entretenu par quelques ego insubmersibles. Le parti socialiste, n’échappe ni à la critique ni au naufrage.

La question urgente qui nous est posée : va-t-on poursuivre dans cette voie avec les résultats prévisibles que l’on connaît ou va-t-on collectivement se ressaisir ?

Aboutissement de la politique menée par l’actuel maire, la ville de Castres est (très) propre sur elle, plus particulièrement son centre ville. En revanche l’état lamentable dans lequel elle végète tant au niveau social qu’économique, les sombres perspectives de son développement futur ( l’autoroute n’est pas la panacée universelle), devraient inciter la gauche à dépasser ses querelles et s’unir durablement dans la perspective d’un projet municipal et d’une autre politique.

Cette union n’est ni un vœu pieux ni l’élucubration d’un militant, mais un impératif politique, un préalable pour espérer reconquérir Castres. C’est aussi en tout cas ce qu’attendent de nombreux castrais notamment les chômeurs et les précaires, les femmes seules chefs de familles, les locataires HLM en déshérence, les jeunes rejetés du centre ville, une grande partie du personnel municipal sous le joug…etc.

Il est temps de décliner Liberté, Egalité, Fraternité et Laïcité à Castres.

Le temps perdu à « débiner » le parti socialiste ou inversement toute autre composante de la gauche s’avère du temps gagné par Bugis. Peut-être certains s’accommodent-ils de cette division, ce peut être même une rente de situation, elle ne me satisfait aucunement.

Je l’avais déjà écris en 2004 dans la perspective des élections municipales de 2008, reconquérir la ville de castres est possible mais à quelques conditions, conditions qui sont d’une entêtante actualité :

- Un contexte politique national porteur,

- Une municipalité de droite affaiblie,

- Une dynamique unitaire à gauche dés le premier tour,

- Un projet crédible,

- Une tête de liste incontestée.

Pour ce qui concerne le contexte national, une victoire de la gauche en 2012 n’est plus à exclure. La déception dans l’électorat de Sarkozy est importante, si la gauche sait se rassembler au niveau national, tout est possible.

La municipalité de droite est-elle affaiblie ? Il faut être prudent car la ville de Castres a vieilli et une bonne part de sa population se satisfait de la politique ultra droite de P Bugis. En tout état de cause il n’a plus la virginité politique de ses débuts et son camp n’est plus aussi rassemblé. La situation actuelle de P Bugis me fait furieusement penser à celle de Jacques Limouzy précédant 1977, arrogant, sur de lui, méprisant l’opposition, mais entamé.

Il n’y a pas lieu de s’appesantir sur la nécessité de créer d’ores et déjà une dynamique unitaire à gauche. Si nous voulons gagner c’est un impératif absolu, il faut une liste unitaire dès le premier tour et cela doit se construire sans plus attendre. Les faits sont têtus, depuis la libération, la gauche à Castres n’a gagné les élections municipales que lorsque elle s’est présentée unie dés le premier tour, une condition sine qua non.

Le projet municipal qui en sera l’émanation n’en sera que plus crédible.

Une tête de liste incontestée ! A ce jour et où que je me tourne je ne vois aucun candidat en mesure d’incarner et rassembler l’ensemble de la gauche castraise pour gagner. Mais gageons qu’il ou elle peut « émerger » au bénéfice de cette démarche unitaire.

Un point de débat : Castres est une ville historiquement et sociologiquement de droite ou de centre droit, la reconquérir implique un discours et une personnalité de la gauche modérée.

Disant cela, il ne s’agit d’exclure personne mais d’appréhender lucidement le contexte politique local, si toutefois l’objectif commun est de gagner vraiment ces municipales, non de simplement figurer.

Pour conclure mon propos j’affirme que reconquérir Castres est possible si nous savons dés aujourd’hui construire l’union. Conscient que la politique n’est pas le lieu où coule le lait de la tendresse je pense néanmoins qu’au nom des valeurs qui nous sont communes et que nous défendons tous, la simple raison politique peut et doit l’emporter. La population de notre ville et plus particulièrement celles et ceux qui souffrent, attend de nous ce sursaut de responsabilité. Pour eux et parce qu’une municipalité de gauche se doit d’être à leur service, nos ambitions personnelles doivent s’effacer devant l’ambition collective. « Les gens fonctionnent à l’égoïsme. L’issue n’est donc pas du côté de la générosité (faire passer les autres avant soi) mais à la solidarité (convergence d’intérêts). La solidarité c’est la régulation socialement efficace de l’égoïsme. Il s’agit d’être égoïstes ensemble et intelligemment, plutôt que bêtement, les uns contre les autres » (Comte-Sponville).

C’est un appel que je lance aux bonnes volontés de quel parti ou association elles appartiennent. La première étape la plus difficile, accepter nos différences pour rétablir un certain niveau de confiance et remplacer la concurrence par l’émulation politique.

Cela dépend beaucoup de la volonté des femmes et des hommes de gauche, cela dépend de nous, mais j’y crois.

J’ajoute pour être complet qu’il s’agit d’une démarche de militant, je ne suis candidat à rien, ne souhaite fédérer quiconque et en aucune manière créer une nouvelle association.

Hasta la victoria siempre !

Jean-François Gilmer

Voir en ligne : sur le blog de Jean-François GILMER