Commémoration du 8 mai en 2023 : voiture officielle blindée, Garde Républicaine à cheval devant et derrière, motorisée sur les flancs et rangées de barrières métalliques, blocs de béton. Et c’est tout. Seul, le Président. Sans le peuple. Ce dernier n’étant pas convié car écarté au-delà d’un large périmètre de sécurité. Bref, de fait, une commémoration sous les auspices d’une casserolade invisible et silencieuse.
De même, lors de son escapade lyonnaise pour soi-disant rendre hommage à Jean MOULIN, fondateur du Conseil National de la Résistance, dont il sape, jour après jour depuis 2017, les orientations politiques et sociales.
Pour son 78ième anniversaire ce 8 mai 2023 marque un tournant dans notre république : le Président écarte le peuple de la commémoration officielle de la Victoire. Après avoir rejeté, lors de son précédent mandat, les corps intermédiaires et la société civile. Solitude présidentielle, vice jupitérien.
La réforme macronienne des retraites est, de fait, le point de rupture définitif qui n’autorise plus un quelconque raccommodement possible du peuple avec le Président. Aucun replâtrage, aucune conciliation, aucun compromis ne sera possible tant l’acharnement purement idéologique, le parti pris irraisonné et l’entêtement narcissique du Président ont à jamais rompu le fil ténu de la confiance et du respect qui, tout au long de la Vième, ont lié l’Elysée et les français. A affubler le peuple du terme de foule, Macron persévère dans l’injure, dans cet esprit pernicieux et malsain des insultes régulières à l’encontre de catégories de français : les ouvrières illettrées, les alcooliques du Nord, les gens qui ne sont riens, les fainéants et autres gaulois réfractaires. S’ajoute donc cette insolence permanente, fruit de l’arrogance et du mépris, pour clore à jamais, avec l’exécutif, tout possible dialogue jusqu’à la fin de la mandature. La page ne sera jamais tournée, l’apaisement n’étant rien d’autre qu’un miroir aux alouettes.
Seul, le retrait total de cette réforme, comme cela a été fait avec le CPE adopté sans vote lui aussi par l’artifice de l’article 49.3 en 2006, pourra faire sauter le verrou de la discorde en ouvrant le vrai chantier des réformes que le monde du travail attend : emploi, code du travail, santé au travail, conditions de travail, pénibilité, rémunérations, salaires, pouvoir d’achat, formation professionnelle, égalité professionnelle, partage équitable des richesses produites, retraites, etc …
À cela se greffe l’urgent dossier de la transition écologique dont les derniers propos présidentiels sur une pause de la réglementation environnementale – l’industrie plutôt que l’écologie - ne peuvent que nous alarmer.
Seul un « Grenelle du travail et de la transition écologique » sortira la France des sables mouvants politiques que connaît notre République.
Des sables mouvants politiques dans lesquels le jusqu’auboutisme macronien et la lente dérive verticalisme-pouvoir solitaire-autoritarisme risquent de noyer notre démocratie et entraîner celle-ci vers des dérives illibérales que connaissent certains pays de l’Union Européenne.
Macron, et les macronistes, tanqués dans leurs certitudes illusoires, ont, aujourd’hui, l’énorme responsabilité d’un prochain possible sinistre avenir antidémocratique de notre pays.
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