la tribune libre

Ouf ! tout reste à faire

"Ce qu’on ne peut pas dire, il ne faut surtout pas le taire, mais l’écrire." Jacques DERRIDA

C’est en ces termes qu’un membre d’un réseau social a conclu le résultat des élections législatives anticipées de 2024. Avec raison, c’est bien maintenant que tout commence.
Avec plus de 7 000 000 de voix aux européennes et plus de 10 000 000 aux premier et second tours des législatives suivantes, force est de reconnaître que le Rassemblement national (RN) est définitivement installé dans la vie démocratique de notre pays. Après sept ans de macronisme, le constat est affligeant : l’extrême droite est aux portes du pouvoir. Car il serait irresponsable politiquement de ne pas prendre acte que le RN est, hélas, bien le premier parti en nombre d’électeurs au cours des deux dernières consultations électorales nationales. C’est le fait politique majeur des temps présents. Rien d’autre ne doit occulter ce terrible constat. La réflexion et l’action politique aujourd’hui ne doivent avoir qu’une seule préoccupation : combattre et battre l’extrême droite.
Les castors, même fatigués, ont défendu et renforcé la digue républicaine. Une fois de plus, après 2002, 2017 et 2022. Le nouveau Front républicain (NFR) a gagné ces élections en faisant du RN le grand perdant de celles-ci. Pour autant croire que le nouveau Front populaire (NFP), arrivé premier en nombre de députés mais second et loin derrière le RN en électeurs, serait le vainqueur n’est qu’une opinion naïvement erronée. Pour la bonne et simple raison qu’on ne doit pas confondre majorité relative et minorité absolue. Car c’est bien la situation du NFP au sein de l’Assemblée : une minorité absolue. Avec moins de 200 députés et sachant qu’il n’aura aucun soutien des autres composantes de l’Assemblée nationale, l’idée même de revendiquer le poste de Premier ministre et de proposer un gouvernement est à soumettre à sérieuse réflexion plutôt qu’à une trompeuse impulsion émotive. À soumette à sérieuse réflexion car la motion de censure ne posera aucun problème aux députés, la constitution n’autorisant aucune dissolution avant un an. S’engager à gouverner avec une telle épée de Damoclès ne relève pas du courage politique mais bel et bien d’une imprudente témérité car c’est bien dès maintenant que se joue la prochaine élection présidentielle. Le président a demandé à son Premier ministre de rester à son poste, profitons de ce temps pour prendre la grave mesure de la situation politique.
Trois ans pour permettre à la gauche d’emporter la présidentielle de 2027. Trois ans c’est-à-dire demain. Dès maintenant nous devons faire du NFP un mouvement politique de conquête ou la majorité de français se retrouve dans les idées, les décisions, les actes et les comportements. Deux conceptions politiques divergentes sont associées au sein du NFP, l’une populiste, activiste, l’autre réformiste et humaniste. Beaucoup les sépare mais le combat contre l’extrême droite les unit. Au sein de cet attelage la pensée social-écolo et réformiste est majoritaire. C’est à elle de donner le la politique de la gauche au cours des prochains mois si nous voulons que celle-ci gagne la future élection présidentielle.
Tout reste à faire. Reste à se donner les moyens de la victoire. Reste à faire du NFP un vrai mouvement politique de gauche, démocratique, républicain, social-écolo.
Tout reste à faire. Ouf !

Cazottes Jean-Marc, le mercredi 10 juillet 2024, 19h45

P.-S.

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