B1/ Les écologistes

FGE

Municipales 2026 - Déclaration de Faire Grandir l’Ecologie

Déclaration de FGE - Municipales 2026

Malgré l’engagement remarquable de nombreuses et nombreux militant.e.s et élu.e.s de notre parti, les élections municipales sont globalement une défaite pour les écologistes. En dépit de quelques victoires qu’il faut saluer, nous sommes le parti qui a connu le plus grand nombre de communes perdues par rapport aux positions issues du scrutin de 2020. C’est deux fois moins de communes de plus de 30 000 habitant.e.s qui ont aujourd’hui un ou une maire écologiste, et les succès dans les petites communes demeurent très limités.

Après le score catastrophique des européennes de 2024, dont nous n’avons pas tiré de leçon, notre parti est à nouveau en net recul. Il n’est même pas parvenu à susciter une large adhésion populaire dans les élections qui lui sont pourtant historiquement les plus favorables. Et cela même, alors que l’urgence écologique et sociale est plus que jamais d’actualité.

Nous, Faire Gagner l’Écologie, considérons que cette situation s’explique par un certain nombre de raisons que nous pointons depuis plusieurs mois.

D’abord, le portage national d’un récit de l’écologie municipale a été insuffisant et souvent masqué par un positionnement en trait d’union entre LFI et le PS, ce qui est le contraire de l’affirmation de l’écologie politique. Nous avions pourtant déposé au Conseil Fédéral une motion demandant que bien davantage de communication de notre parti soit faite sur les projets et candidatures écologistes partout en France. Nous avions également regretté que le processus de désignation d’une candidature écologiste à l’hypothétique primaire de la gauche ait eu lieu de façon précipitée, avant les élections, ce qui dénotait une absence de sens des priorités politiques.

Ensuite, nous considérons que la direction nationale n’a pas suffisamment pris la mesure de la centralité de deux thèmes majeurs du vote des françaises et français. Premièrement, le fait de s’attacher à parler d’une écologie des solutions, ancrée dans le quotidien. Deuxièmement, l’importance des sujets régaliens, notamment celui de la sécurité et de la tranquillité publique, qui auraient mérité d’être davantage mis en avant, dans un juste équilibre entre prévention, sanction et réparation.

Ce problème de déconnexion du récit est pour une part de la responsabilité directe de notre secrétaire nationale, il est aussi, pour une autre part, dû au fait que les maires comme les parlementaires se tiennent ou sont tenus à l’écart des instances internes.

Enfin, si nous sommes favorables à la subsidiarité et que nous pouvons comprendre les accords techniques qui ont été réalisés avec des listes de la France Insoumise dans un certain nombre de communes face à la menace de la droite réactionnaire ou de l’extrême-droite, ces élections montrent, si besoin était, que LFI a un plafond de verre, et qu’une association avec eux sur-mobilise un électorat en face.

Nous regrettons de constater que malgré cette lourde défaite des municipales, aucune véritable remise en question n’est pour l’instant de mise du côté de notre secrétaire nationale et de la direction nationale. Il est au contraire répété que « c’est la faute des autres », peu importe qu’ils ou elles soient LFI ou PS, qui auraient fait les mauvais choix ou les mauvaises analyses.

Cela nous semble dangereux pour l’avenir de notre parti. Et cela s’ajoute à un certain nombre de dysfonctionnements organisationnels qui nous inquiètent : absence de diversité d’incarnations de notre parti dans les médias, Conseil Fédéral où les débats politiques sont de plus en plus verrouillés, manque de visibilité et de clarté budgétaire, inefficacité d’outils numériques.

Nous avons un besoin urgent de faire un vrai bilan de ces municipales, et plus globalement de la conduite politique des Ecologistes depuis deux ans. Et nous devons trancher un certain nombre de sujets stratégiques et idéologiques, alors que nous entrons maintenant dans la séquence de la prochaine présidentielle et des législatives 2027.

Pour toutes ces raisons, nous appelons à la tenue d’un Conseil Fédéral extraordinaire, en présentiel, sur ces sujets, le plus rapidement possible. Qui pourra être suivi le plus largement possible par tous les adhérent.e.s qui le souhaitent. Nous demandons à ce que celui-ci permette à chaque tendance de notre parti d’avoir le temps de s’exprimer et de formuler ses propositions politiques dans une égalité d’expression.

Dans un contexte instable, notre pays a besoin de retrouver un parti écologiste fort, au sein d’une alliance de gauche cohérente et convaincante. Il est urgent pour nous de débattre franchement des moyens d’y parvenir.

Commentaires