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La gauche à la godille

«  Le républicanisme et le socialisme démocratiques, en particulier, ont exploré les moyens d’articuler les exigences de liberté d’égalité et de solidarité. Il est urgent de les actualiser, tant il est clair que la question écologique est aussi une question sociale et démocratique, et que les inégalités sont un facteur décisif de blocage de toute mutation » quatrième de couverture de « La cité écologique, pour un écorépulicanisme » de Serge AUDIER

À cinquante-quatre jours du premier tour de l’élection présidentielle force est de constater que la gauche, toutes composantes confondues, et les écologistes pataugent toujours dans les basses eaux des différents sondages. Il n’y aura pas de candidate ou candidat de gauche ou écologiste au second tour.
Cinq ans de macronisme et l’extrême droite - Le Pen et Zemmour - double son pourcentage et culmine à 30%. Comme quoi le macronisme – ce néolibéralisme localo-français - n’est pas le meilleur paravent contre l’extrême droite que certains soi-disant progressistes et autres socio-libéraux veulent nous faire croire. Bien au contraire, avec la précarisation sociale, la paupérisation économique, le déclassement catégoriel, l’accroissement des inégalités, l’affaiblissement de l’état, le mépris des corps intermédiaires et de la société civile, l’autoritarisme et la restriction des libertés publiques comme conséquences inéluctables, le néolibéralisme n’est rien d’autre que l’idéologie d’un capitalisme sauvage et orwellien.
Cinq ans de macronisme et la gauche et les écologistes n’ont pas réussi à se remettre de la désaffection électorale de 2017. Et pour cause. Trop contents de l’effondrement électoral du parti socialiste, les autres composantes de l’archipel de la gauche n’ont eu pour seul souci, tout au long de ces dernières années, de s’en goberger au lieu de s’inscrire, les unes et les autres, dans une stratégie commune de reconquête politique et électorale. A tel point qu’aujourd’hui, dans le cadre de l’élection présidentielle, la balkanisation de la gauche, flirtant à peine les 25% de l’électorat, n’est rien d’autre que la conséquence même de son effondrement global qui dépasse celui du seul parti socialiste.
Suite aux élections européennes et municipales et la dynamique électorale d’Europe Ecologie-Les Verts, l’écologie politique s’est retrouvée porteuse d’espoir d’un sursaut politique au sein de la gauche démocratique. Aujourd’hui, cette dynamique se heurte aux quant-à-soi partisans et à l’égocentrisme d’individualités autolâtres auxquels on se doit d’ajouter les déboires des récents transfuges opportunistes et autres tartuffes déloyautés. Au final, comme en 2017, une élection présidentielle perdue entraînant des législatives plus catastrophiques que les dernières.
Restera, du moins faut-il l’espérer, autour des ruines, des volontés d’édification d’un grand mouvement politique porteur d’une gauche républicaine, démocratique, européenne, sociale et écologique. Bref un authentique mouvement écosocialiste, démocratique et républicain.

CAZOTTES Jean-Marc, le jeudi 17 février 2020

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