Contrairement à ce qui a pu être dit et redit le « vote utile » mélenchonien n’était rien d’autre qu’un miroir aux alouettes qui n’avait pour unique mais implacable raison d’être que l’hégémonie de la France Insoumise sur les élections législatives. C’est fait. Les obligés du « marre de perdre. », bien que de bonne foi, ont participé, de fait, involontairement, à une manœuvre politicienne qui devrait dorénavant servir d’exemple dans les différentes écoles fédérales des divers partis des gauches. Chapeau les artistes.
Après des accords multilatéraux aussi divers que les partenaires concernés, la France Insoumise a élargi l’Union Populaire en une NUPES (Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale), opportune coalition politique, certainement temporaire, imposée par la nécessité pour chaque composante, France Insoumise comprise, de s‘associer aux autres car la législative est la seule élection qui sert de base au financement public des partis politiques. De plus elle répond, avec roublardise, à une aspiration, plus émotionnelle que politique, d’unité des électeurs des gauches pourtant déjà roulés dans la farine par Christiane TAUBIRA et consorts de la Primaire Populaire. Toutes les composantes de la NUPES n’ont que la possibilité d’un choix politique purement opportuniste. C’est fait. Avec toutes les rancœurs qu’une humiliante répartition induite par la seule prise en compte de l’élection présidentielle occasionne. Car l’erreur de la France Insoumise est de croire que les élections législatives sont à l’image de la présidentielle. Grosse méprise – l’élection partielle municipale de Mantes-la-Jolie courant mai nous le rappelle : présidentielle Mélenchon 54,37%, municipale la coalition FI-EELV-PS-PC 10,74% - car la législative, comme la municipale, est d’abord et avant tout une élection purement locale qui s’appuie sur les forces politiques des élus de terrains : maires, conseillers municipaux, délégués communautaires, conseillers départementaux, conseillers régionaux, parlementaires.
Dans notre département nous avons trois circonscriptions avec trois députés LREM sortants. Et qui se représentent. Trois candidats fragilisés pour la bonne et simple raison qu’ils vont devoir rendre des comptes sur la politique macroniste de leur mandat. Un véritable esprit d’unité aurait trouvé réalisation par le lancement d’une dynamique départementale mettant en évidence le caractère authentique d’une coalition politique où les principales composantes se retrouveraient représentées dans les candidatures officielles. Hélas, 1,2 & 3 pour la France Insoumise du Tarn, titulaires et suppléants compris. Rien pour EELV, rien pour le PS, qui préside le Conseil Départemental et dont l’implantation locale n’est pas à négliger, rien pour le PC. L’humiliation comme mode de partenariat. La soumission comme modalité d’union.
Va falloir que les militantes et les militants de la France Insoumise se donnent beaucoup de peine et se démènent avec force pour motiver les électeurs des autres gauches à valider, dans l’isoloir, une stratégie électorale aussi partisane, sectaire et exclusive.
À méditer cet aphorisme d’Antonio GRAMSCI : « Il faut avoir une parfaite conscience de ses propres limites, surtout si on veut les élargir. »
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