départementaux

EELV Tarn

L’autoroute réduira-t-elle les émissions de GES ?

communiqué du 30 juin 2019

Le Haut Conseil pour le climat a publié son rapport annuel (1) et annonce que « les objectifs que la France s’est fixés pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) sont ambitieux, mais loin d’être réalisés ». Ce rapport arrive dans ce moment où la France dans son ensemble souffre de la canicule. Il est désormais acquis, et c’est douloureux, que ces moments de pics de chaleur qui bouleversent nos vies et nous fragilisent, se reproduiront de façon régulière. Ce rapport ne peut donc que nous interpeler pour savoir où nous en sommes de nos actions pour réduire les émissions de GES.

Ce rapport s’inscrit à la suite des accords de Paris qui stipulent la nécessité d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Nos émissions seront alors exactement compensées par les absorptions de carbone. Pour cela, il faut suivre une « trajectoire bas carbone », et actuellement, le rythme des baisses d’émissions est beaucoup trop lent. Le Haut Conseil pour le climat précise aussi que le gouvernement va devoir répondre de ce qu’il fera ou non, avec transparence et en se justifiant. Il fait le constat, qui n’est pas nouveau, qu’aucun report des automobilistes vers les trains, le vélo ou la marche, sur la période 2015-2018, ne s’est opéré. Pour rappel, le secteur des transports contribue à plus de 30% des émissions de GES.

Qu’en est-il des grandes infrastructures dont la France est friande ? Le Haut Conseil préconise des investissements publics en « cohérence avec la Schéma National Bas Carbone […] ». Il rappelle qu’en 2017, « les investissements fossiles défavorables au climat représentaient environ 75 milliards d’euros, soit près de deux fois le montant des investissements favorables au climat ». Le Haut Conseil met en cause, entre autres, les « infrastructures associées à des émissions importantes de GES comme les autoroutes, les aéroports […]. » (2)

Nous devons faire face à des bouleversements inédits, totalement imprévus. Notre chance à Castres est que l’autoroute n’est pas construite. La question de la mobilité ne peut plus se réfléchir seule, avec la boîte à outil des aménagements habituels. Un nouveau critère de décision s’impose désormais à nous, et il est tout simplement vital, c’est celui de l’efficacité pour le climat. Avec ce regard, et la confiance en notre intelligence à tous, nous trouverons les « bonnes » solutions pour construire les mobilités dont les Castrais ont besoin.

Stéphane Deleforge, Porte-parole eelv Tarn

(1) https://www.hautconseilclimat.fr/rapport-2019/pdf/
(2) Page 51 du rapport

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