Macron, venu de nulle part et n’ayant jamais su où il allait, termine, à ce jour, dans une impasse politique. Le maître des horloges a son gousset troué. Et ce n’est pas son coup de menton dissolution qui va nous faire avaler une quelconque couleuvre politicienne : comme toujours fidèle à son « tournons la page illico presto et passons à autre chose », histoire de laisser croire qu’il reprend la main. L’échec de son parti à l’élection européenne face au Rassemblement national est d’abord et avant tout le sien. Et seulement le sien car son saturant interventionnisme médiatique tout au long de la campagne électorale n’a eu pour seul résultat que l’affaissement de sa propre liste Hayer. La défaite politique est à la hauteur de l’humiliation : énorme. Profondément blessé, l’arrogance en bandoulière ne pouvant cacher la blessure, Jupiter n’est plus que Narcisse.
Naïades et fleurs blanches à l’horizon..
Le maître des horloges, aujourd’hui, n’est ni plus ni moins que le Rassemblement national qui a vu sa demande de dissolution satisfaite dare-dare. À se croire De Gaulle, Macron est loin, très loin même, d’être Chirac. Mais le RN lui est bien un FN. Ce n’est pas, lui, qu’un simple adversaire politique mais bel et bien un ennemi de la liberté, de l’égalité et de la solidarité. Macron n’étant plus qu’hors-jeu c’est bien le RN-FN que nous devons combattre dès maintenant, c’est bien la République que nous devons défendre dès maintenant, c’est bien la démocratie que nous devons protéger dès maintenant.
Aux urnes, citoyens.
Mobilisation générale. Une gauche unie se doit d’être au rendez-vous. Sinon elle disparaîtra définitivement. L’expérience des législatives 2022 ne peut être le modèle d’aujourd’hui. La NUPES n’a été qu’un miroir aux alouettes, « Mélenchon premier ministre » un leurre électoral. La priorité des priorités est de sortir d’un accord cadre jacobin qui ne tient aucun compte des réalités politiques territoriales. Dans notre département, le Tarn, en 2022, La France insoumise a raflé, depuis Paris, les trois circonscriptions alors que son implantation était quasiment nulle : majorité départementale socialiste, élus régionaux socialistes, radicaux de gauche, communistes et écolos. Bref un rapt électoral aux conséquences politiques catastrophiques : un député RN pour la première fois dans le Tarn, un député macroniste réélu, et une députée LFi élue dans une triangulaire grâce au maintien du candidat Rn-Fn. Le pire qui pouvait arriver à la gauche dans notre département.
Aujourd’hui nous connaissons la réalité politique à gauche dans ce pays. Le PS, avec Place publique, est largement en tête nationalement et dans notre département. C’est à partir de ce constat que nous devons envisager un quelconque dialogue au sein de la gauche. À l’accord jacobin de 2022 doit se substituer un accord purement girondin. Rien ne doit se décider à Paris, tout doit se construire ici. Et maintenant. La gauche démocratique c’est d’abord et avant tout la social-démocratie et l’écologie politique : le PS et Europe Écologie les Verts-les écologistes, et la gauche dite radicale se retrouve dans La France insoumise. Trois partis politiques pour trois circonscriptions dans le Tarn. Le seul accord politique qui entraînera une véritable dynamique unitaire, ici, dans notre département, et fera gagner la gauche sera l’accord local qui fera que le PS, les écolos et La France insoumise auront chacun une circonscription à gagner. Aux responsables politiques départementaux des trois partis de se mettre d’accord sur l’attribution des circonscriptions.
Bien évidemment les puristes de la chose politique me feront remarquer que c’est le fond qui doit déterminer la forme. Quarante années de militantisme à gauche ont toujours confirmé, quelle que soit l’élection, que l’accord sur le fond n’est jamais rien d’autre que l’aboutissement d’un accord sur la forme.
La victoire à gauche contre le Rn-Fn n’a qu’un prix, à payer cash, celui de l’unité.
Cazottes Jean-Marc, le lundi 10 juin 2024, 17h30
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