Élections européennes 2024 : environ 30% pour la gauche - PS : 13,83 ; LFI : 9,89 ; EÈLV : 5,50 ; PC : 2,36
Élections législatives 2024 : environ 30% pour la gauche : 28,06 ; 193 députés -> LFI : 72 ; Socialistes : 66 ; Écologistes : 38 ; PC 17
Bref, une gauche, toutes tendances confondues, à hauteur de 30% maximum et une extrême droite, en tête aux deux scrutins, avec plus de 10 000 000 de voix soit 35% environ. Le parti présidentiel, loin derrière avec à peine plus de 20% et une droite ultra minoritaire à 6%.Quel que soit le mode de scrutin – proportionnel de liste, majoritaire uninominal – la ligne de flottaison de toute la gauche est identique – environ 30% - et finalement toujours inférieure à 1/3 de l’électorat.
Notre démocratie vient de vivre depuis la surprenante voire déconcertante dissolution de l’assemblée, début juillet, jusqu’au saugrenu long report de la nomination d’un Premier ministre le 5 septembre 2024 une exceptionnelle période politique au cours de laquelle le présidentialisme jupitérien de Macron, pleinement à l’œuvre, a bouleversé, par son interprétation tout à fait personnelle, l’esprit même de la constitution de la Vième République.
Aujourd’hui nous nous retrouvons avec un Premier ministre issu d’un parti ultra minoritaire à l’Assemblée nationale sous l’autorité de la retorse mansuétude du RN. Car le Président de la République finit, après deux mois d’oracle, par s’inscrire dans une alliance de circonstance du centre et de la droite avec le RN. C’est le grand basculement de la Vième République : le centre extrême de Macron et des macronistes légitime l’extrême droite comme parti de l’arc républicain et, tout en dédaignant le sursaut du front républicain lors de l’élection législative anticipée, normalise le plausible avènement du RN aux responsabilités.
Et c’est dans ce contexte que la gauche patauge aujourd’hui car, qu’on le veuille ou non, depuis le résultat des élections législatives la gauche est à la traîne de la vie politique du pays. Cinq minutes après les résultats des législatives, grosse erreur politique de Jean-Luc Mélenchon qui scelle le sort de la gauche dans l’opposition par une intervention unilatérale imposant « … tout le programme et rien que le programme du Nouveau front populaire. », étouffant ainsi toute possibilité d’élargissement de la majorité très relative de la gauche permettant un possible gouvernement avec un Premier ministre du Nouveau Front Populaire. Les autres composantes du NFP ne disant mot contre le dictat des Insoumis, la gauche a passé l’été à se chercher un possible chef de gouvernement et a fini par en trouver une tout en sachant pertinemment que la cause était perdue. Malgré le dévouement on ne peut plus unitaire de notre camarade Marine Tondelier, secrétaire nationale d’EÉLV, interlocutrice préférée des médias tout au long de l’été, la gauche sort de cette période amplement neutralisée.
À trois ans de la prochaine présidentielle, élection majeure de nos institutions qui infléchit généralement toutes les autres, la gauche doit impérativement se donner, dès maintenant, les moyens de s’extraire du trou noir des défaites successives depuis 2017. Il est évident que la Nupes et le Nfp n’ont pas fait leurs preuves. Un nouveau cartel des gauches doit être à l’œuvre le plus rapidement possible. Un cartel républicain des gauches c’est-à-dire réformiste, socialécologiste et humaniste.
CAZOTTES Jean-Marc, le lundi 4 novembre 2024
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