Les mots-obus ne font pas une ligne politique
Tout au long de ce congrès, dans un contexte difficile, lié à la fois à des nouvelles règles bien trop complexes, et au fait que notre groupe s’est créé il y a seulement quelques mois, sans personnalités très identifiées par l’opinion publique, nous n’avons cessé de défendre une ligne politique claire. Celle d’une écologie de gouvernement, désireuse d’être ambitieuse et crédible sur tous les sujets qui touchent à la fois à la marche du monde et au quotidien des françaises et français. Ce positionnement, qui nous a amené à aborder des thèmes peu mis en avant par les écologistes, comme les sujets régaliens, nous a régulièrement valu certaines caricatures. Et je voudrais y revenir ici un instant, car il me semble justement que ces caricatures disent quelque chose d’important sur le chemin minoritaire que prend la gauche ces dernières années.
Face aux urgences, climatiques et sociales notamment, mais aussi suite aux mauvais souvenirs laissés au « peuple de gauche » par le quinquennat de François Hollande, l’injonction à la « radicalité » est forte à gauche. C’est d’abord une radicalité sémantique qui est attendue, dans les termes employés : « anticapitalisme », « décroissance », « antifascisme » etc. font fureur dans les congrès et valent à l’orateur ou l’oratrice des applaudissements nourris. Ces « mots-obus », pour reprendre le concept de Serge Latouche, visent à interpeller. Ce sont des bannières, des mots d’ordre, qui créent sans doute un langage commun entre militantes et militants, mais qui ne permettent pas de clarifier une ligne politique.
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