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CASTRES / La désunion de la droite

Castres a voté. Pour l’extrême droite dès le premier tour, contre la droite Bugis au second tour.
Que la ville de Castres soit de droite n’est pas une révélation et ce depuis longtemps, très longtemps. Comme l’avait déjà confirmé la municipale de 2020 avec un Bugis élu dès le premier tour après trois mandats de maire et un inconnu, soi-disant d’obédience macroniste, arrivé dans la ville quelques mois auparavant, second devant une liste unitaire de gauche sombrant, corps et âme, lourdement en-dessous des 18%.
Un premier tour, donc, avec une droite très divisée : deux candidats issus de la majorité Bugis, et deux autres plus ou moins de centre droit. Plus une extrême droite avec un jeune inconnu venu de Roquecourbe. Et une gauche divisée avec une liste dite de participation citoyenne sous la bienveillance de LFI et une liste cataloguée PS plus affinités.
Soit 7 listes en compétition augurant d’un premier tour plein d’inattendus. Voire de surprises. Et quelle surprise ! Un RN arrivé largement en tête (19,54%), Arcèse, comme en 2020, second (17,32%), les héritiers Bugis, Bousquet troisième (16,20%) et Bories cinquième (12,79%), Terlier, macroniste tarnais de première génération, quatrième (13,80%) et la gauche en queue de peloton avec Beriouni-PS, sixième (11,95%) et Rosenau-LFI, septième (8,39%). Il est clair que 4 listes de droite avec quatre ténors en tête, Arcèse, déjà second du scrutin municipal précédent, Terlier député de la circonscription, et Bousquet, Bories, deux lieutenants de la droite Bugis, ne pouvait qu’affaiblir la droite face à l’extrême droite. Quant à la gauche, on en reste aux rapports de force des dernières élections européennes avec Rosenau-LFI légèrement au-dessus de 8% et Beriouni-Poitevineau à 12%. Comme quoi la revendication par le PS d’avoir la tête d’une liste unitaire était pertinente.
Lors de l’entre-deux-tours, Arcèse s’octroie la responsabilité de contacter trois autres listes – Terlier, Bories et Beriouni-Poitevineau – pour envisager une sorte de front républicain local contre un RN très bien positionné dès ce premier tour. Avec l’énorme erreur politique de mépriser Bousquet, arrivé troisième derrière lui. Après quelques heures de discussions, houleuses paraît-il, sous la bienveillance partiale des deux sénateurs tarnais, toute l’impéritie politique d’Arcèse est à l’œuvre qui tuera dans l’œuf la seule initiative politique pouvant s’opposer sérieusement au RN lors du second tour. Terlier et Bousquet, l’ignoré d’Arcèse, feront finalement liste commune. Caïn Bories s’entêtera et tuera de fait l’initiative d’alliance républicaine d’Abel Bousquet. Quant à Beriouni-Poitevineau, il assumera tout seul l’exemplaire représentation d’une gauche républicaine, démocratique et humaniste.
Le deuxième tour (+1094 exprimés) confirme et renforce la première place du RN (+2052, 29,85%) et lui attribue les clés de la mairie. Arcèse (+1255, 23,29%) conserve sa deuxième place. Bousquet-Terlier (-1053, 22,26%) et Bories (-332, 10,9%) seront, avec Bugis du coup, les grands perdants de cette élection. Beriouni-Poitevineau (+575, 14,44%) maintient les résultats de la gauche démocratique lors de dernières européennes.
La désunion de la droite, suite à l’ineptie politique d’Arcèse et l’incroyable bêtise politicienne de Bories, aura déroulé un tapis rouge au RN.

CAZOTTES Jean-Marc, le mercredi 25 mars 2026, 18h30

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