le blog-notes

« … et au milieu coule le Tescou »

« Ce qu’on ne peut pas dire, il ne faut surtout pas le taire, mais l’écrire. » Jacques Derrida

La politique est le propre de l’homme. L’absurde et la folie aussi.

L’absurde quand les voix ordinaires de la raison sont méprisées, outragées, bafouées.

La folie quand l’imbécillité l’emporte sur le bon sens.

Depuis le week-end dernier la démocratie républicaine est en deuil : un jeune citoyen, serviteur d’idéal, est tombé sous les coups de ceux-là même dont le seul objet est de garantir le premier principe de notre République : la Liberté.

Liberté de conscience, liberté d’opinion, liberté d’expression.

Derrière cet horrible drame humain se cache la terrible décomposition d’une civilisation humaniste issue des Lumières dont le progrès, dévoyé par la techno-science dès le XIXième siècle, dépravé par le scientisme des derniers temps, sape quotidiennement les fondements même de l’humanisme.

Quand la technostructure, aussi bien administrative que politique, n’est plus un outil au service des hommes mais s’impose à eux, la raison disparaît et l’absurde assujettit. L’homme n’est plus maître de lui-même. Il s’est rendu esclave de sa propre création.

L’homo oeconomicus, ce Frankenstein contemporain, avide de cupidité et de vénalité, les sens déréglés, s’efforce, jour après jour, de faire d’Homo Sapiens un triste et pitoyable Homo Demens.

Et l’imbécillité, germe de toutes les folies, siamoise de l’absurde, devient la norme intellectuelle des soi-disant responsables dont la plupart, du moins médiatiquement, passent leur temps dans l’intrigue, la désinformation, la manipulation, le mensonge et surtout le mépris de leurs semblables.

Pas pour tous, heureusement. Beaucoup d’élus, invisibles mais bien présents, savent que la politique est l’art du vivre ensemble. Tous ensemble.

Reste que l’humanisme est un combat permanent.

Rémi Fraisse en est tout le symbole. Ce jeune militant pacifiste de la sauvegarde de la biodiversité savait très bien que son combat, discret mais essentiel, a pour but ultime de sauver l’humanité.

La sagesse n’est pas forcément une vertu de la vieillesse. Rémi Fraisse en était la preuve.

« A la fin, toutes choses viennent se fondre en une seule, et au milieu coule une rivière. » Norman MACLEAN, La rivière du sixième jour.

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Commentaires

1 Message

  1. « … et au milieu coule le Tescou »

    Je crois qu’il a pire que l’imbécilité dont vous parlez très bien : C’est la complicité des élus -notamment- avec les lobbies en tout genre (je pense surtout à la sinistre FNSEA !)
    Je ne crois pas que les "décideurs" agissent inconsciement (enfin, pas tout à fait !) Soumis à diverses pressions, et obnubilés par la sacro-sainte "croîssance" les enquêtes sont bâclées, parteilles, partiales et même si ces enquêtes émettent des restrictions, un couvercle est mis par dessus en espérant que personne ne réagira. Lorsque des personnes conscientes du résultat final -en général un catastrophe écologiique- manifestent, tous les moyens sont bons pour les faire taire, les chasser (au sens propre : une bande de chasseurs ne s’est-elle pas organisée pour "casser du manifestant anti-barrage ?)
    Je ne suis personnellement pas étonné du tout par le résultat obtenu : la mort d’’un jeune homme qui lui était conscient de l’avenie à long terme. A quand le prochain ?

    bon courage tout de même !
    Maurice CAILLAT

    par Maurice CAILLAT | 30 octobre 2014, 19:04

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