le blog-notes

Wait and see

Je ne suis pas particulièrement anglophile, mais la période politique actuelle, nous invite à la plus grand prudence, alors attendons et regardons...

Cela fait déjà plusieurs élections que nous sommes invités, nous les gens ordinaires, à voter pour empêcher quelqu’un d’être élu. Nous ne devons discuter d’aucun programme, car visiblement il n’y a plus de vision à long terme pour une société apaisée et équilibrée, mais nous devons éliminer l’un ou l’une, ça dépend des scrutins. Alors, au bout d’un moment, lassés, les mêmes invités se détournent des urnes et de ses symboles. Il faut avoir les convictions chevillées au corps, avoir des années de militantisme pour encore croire que quelque chose est possible et que nous devons construire, sans relâche un projet qui tienne la route et qui soit accepté par le plus grand nombre.

Les expériences passées nous rappellent les erreurs commises mais aussi les avancées et le bonheur d’avoir gagné quelques batailles malgré tout. Pour autant, faut-il s’en contenter ?

Nous vivons un moment rare dans l’histoire, où tout est chamboulé, les croyances comme les certitudes. Certains s’accrochent à leurs connaissances, pour se rassurer que tout peut continuer comme avant, en changeant quelques bricoles à la marge, afin de paraître, mais seulement paraître responsables et raisonnables aux yeux de ceux qui ne croient plus en rien.

D’autres voudraient bien faire des expériences, conscients que le monde ne tourne pas rond, et que les vieilles méthodes ont échoué, selon la formule « on n’a pas tout essayé ». Des apprentis sorciers aux plus réactionnaires, le constat est là, mais les solutions sont multiples, les pires comme les meilleures.

Je garde en mémoire certaines campagnes électorales difficiles, mais aussi des moments de joie, de fraternité, de bonheur même, de partage et d’humilité.

Celles qui se déroulent sous nos yeux sont les pires que j’ai connues. Elles agrègent tous les ingrédients d’un mauvais plat, mal préparé, avec parfois trop de monde en cuisine, trop d’ingrédients mal assortis, ou pas assez pour satisfaire le palais.

Il y a ceux qui prédisent une catastrophe annoncée, si on ne leur fait pas confiance, alors même qu’ils sont sur la place depuis de longues années et qu’ils n’ont rien de neuf à proposer, la seule chose qui importe est leur carrière à assurer. D’autres prédisent la même catastrophe, mais sans pour autant chercher à prendre la direction du bateau devenu ivre et sans boussole. Malgré tout, au milieu de tout ça, il y en a de bonne foi, qui voudraient bien faire quelque chose, qui voudraient bien tenter autre chose, qui ont conscience que ça ne va pas si bien que ça, et qu’on pourrait éviter la catastrophe, si on s’y mettait tous et qu’on veuille bien s’écouter et construire ensemble. Malheureusement, on ne les croit plus, on ne les entend plus, on ne les écoute pas, comme si on vivait un moment d’ivresse sans penser au lendemain, qui ne pourra que donner la migraine.

On est arrivé à un point de rupture extraordinaire entre ceux qui veulent le pouvoir, ou l’ont déjà, et ceux qui se disent oubliés et mis à l’écart.

La machine s’emballe. Il y a eu la primaire de la droite, où rien de ce qui était attendu arriva. Il y a eu la primaire des socialistes où rien de ce qui était prévu n’arriva. Il y a eu les élections aux Etats Unis où rien de ce qui était prévu n’arriva non plus, pour le pire d’ailleurs, non seulement pour les américains mais pour le monde entier.

Les candidats déclarés sont à peine partis en campagne, que tout est fait pour les discréditer, à tort ou à raison, c’est la justice qui le dira, mais en attendant, les gens ordinaires qui assistent à ce triste spectacle auront ils envie ensuite de faire confiance à l’un ou à l’autre pour gouverner, si c’est encore possible ?

Pour le reste, il y a les candidats « hors partis ». Je le mets entre guillemets car non seulement je n’y ai jamais cru, mais je ne le crois pas possible non plus. L’heure ou la mode, c’est selon, consiste à dire et à faire comme si les partis s’étaient mal conduits, qu’ils étaient devenus obsolètes et dépassables, et que seule la parole directe du peuple pouvait avoir une certaine valeur. Toutefois, comme l’on considère que le peuple en question n’est pas encore assez émancipé, et qu’il doit être formé aux arcanes de la politique, il est encadré... par les cadres d’un parti, on ne sait jamais, mieux vaut se prémunir des humeurs de ce peuple parfois dissipé.

Chacun veut montrer sa différence, prouver qu’il existe, se prouver qu’il existe.

Et la politique là dedans ? Et nous, ai je envie de dire tout haut et bien fort.

Pendant que le monde étouffe, que les cours d’eau sont imbuvables, que l’air est devenu irrespirable, que la terre n’en peut plus d’absorber toutes les cochonneries que les humains sont capables de produire en quantité, que nos enfants sont malades, que nos vieux agonisent, que nous ne savons plus quoi manger et boire, que certains meurent de trop travailler pendant que d’autres meurent de froid parce qu’ils n’ont pas de travail ou pas les moyens de se chauffer, pendant que l’on regarde avidement la courbe du chômage monter puis descendre et le thermomètre s’affoler, nous nous désespérons qu’enfin quelqu’un s’en occupe tout de suite, en pensant à nous, à nos enfants, à demain mais aussi à aujourd’hui, là, tout de suite, ça urge.

Alors, je ne sais pas combien il y aura de candidats de gauche, de droite, du centre, je ne sais pas si certains pourront s’entendre en laissant de côté leur ego pour penser aux autres, juste un peu, lever les yeux sur ceux qui n’ont rien et leur proposer de partager, le temps, le travail, les richesses, et enfin prendre soin de la seule planète qui nous héberge et que nous n’occupons qu’à titre provisoire.

Ce que je sais, par contre et j’en suis convaincue, c’est que ce ne seront pas ceux que l’on entend le plus, ceux que l’on voit partout, et dont les journaux nous abreuvent, car à force d’avaler la lumière, elle rend aveugle.

Pour toutes ces raisons je ne suis pas allée voter à la primaire de la droite, même pas pour éliminer Sarkozy, je l’ai laissé s’éliminer tout seul. Je ne suis pas non plus allée voter à la primaire du parti socialiste car Hollande s’étant éliminé tout seul aussi, ne restait plus qu’à faire sortir Valls, mais je laisse le parti socialiste finir son congrès extraordinaire et reconstruire un parti en ruine, après un quinquennat complètement hors sol par rapport à ce qui avait été décrit comme politique à mener en 2012.

Pourtant, et malgré tout, un fil vert a été tissé solidement et la toile prend forme. Benoit Hamon sort de la primaire socialiste avec un programme basé principalement sur la transition énergétique et écologique, même si certaines choses demandent éclaircissements et précisions, Jean Luc Mélenchon ne parle plus que d’écologie depuis qu’il s’est converti et qu’il a bien compris que sa base devait s’élargir s’il voulait compter dans le paysage, après l’abandon du PC. Le parti des écologistes a mis un moment à se remettre de sa primaire après la sortie de Cécile Duflot et ne sait pas encore s’il pourra présenter un candidat autonome, mais Yannick Jadot fait le boulot et il le fait bien, même sans aucun moyen.

Dans l’idéal, mais y a t il un idéal en politique, surtout dans une campagne électorale aussi emblématique que la présidentielle, il ne devrait y avoir qu’un seul candidat de gauche, un candidat écolo, et un candidat de droite. Je mets le candidat écolo à part, même si l’écologie, à mon sens, ne peut pas prendre forme sans son pendant social, les problématiques étant transversales et les solutions à apporter concernant au premier chef les catégories les plus défavorisées, l’écologie ne peut pas être de droite car celle ci est par essence productiviste.

Vous aurez remarqué que je ne mentionne pas l’extrême droite, même si elle est bien présente hélas, car le prochain projet de société qui devra être mis en oeuvre rapidement est en désaccord total avec leurs propositions.

Donc, vu que nous sommes dans un moment historique de recomposition politique absolue, je me contente de dire wait and see, mais travaillons au possible dans l’intérêt général.

Nicole Fréchou, EELV Tarn

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Commentaires

1 Message

  1. Wait and see

    Je suis hélas, entièrement d’accord avec toi, Nicole. Tu l’as dit, je le pense, et maintenant, on fait quoi ?
    Bien évidemment je mettrais un bémol sur ce que tu écris à propos des candidats de gauche. Normal.... On pense ce qu’on veut des uns et des autres candidats, cependant, concernant Hamon, tu oublies de dire qu’il a soutenu le gouvernement auquel il a participé, et ce durant 5ans ; sous prétexte de ne pas mêler sa voix à celle de la droite, il n’a pas voté la motion de censure qui aurait peut-être permis un changement . Prétexte bien entendu. Que lui, et d’après toi, ’lui aussi’, a découvert l’écologie sur le tard (après avoir lu le programme de Mélenchon, c’est du moins ce que je crois, car il n’y pas de trace de ce combat avant). On peut en ricaner, lever les épaules et en dire ce qu’on veut mais, une fois dit, une fois écrit, la question reste posée : on fait quoi ?

    par giggi | 28 janvier 2017, 07:52

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