le blog-notes

Vers la crise politique ? (3)

Remaniement ministériel ! Certes ! Mais surtout resserrement clanique au sein de la droite. Le RPR reprend le manche. Finie l’ouverture frelatée : exit les transfuges affligés ; seul l’apostat exalté est repêché pour cause de déférents et dévoués services. Exit aussi le fleuron centriste des palais de la République. Reste surtout la camarilla conservatrice et réactionnaire. Le nouveau gouvernement Fillon n’est rien d’autre qu’un état major de campagne. Un gouvernement de combat pour la présidentielle de 2012.

Mais un gouvernement déjà miné par les turbulences qui s’annoncent à droite : un président diminué obligé de nommer un premier ministre imposé ; un président contraint de faire appel à un vieux cheval de retour pour ramener à l’écurie la horde fugitive ; un président lâché par l’opinion publique ; une droite divisée avec un centre rebelle et dont l’opposition se concrétisera par une candidature à l’élection présidentielle ; une UMP qui impose son candidat à la tête du parti présidentiel et de multiples voix à droite qui commencent à dire tout haut que la donne politique du président est irréaliste et que l’impact électoral ne pourra être que catastrophique. La crise politique, souterraine pour le moment, est à l’œuvre.

C’est dans ce contexte que s’est déroulée, ce mardi 23 novembre 2010, une journée de mobilisation interprofessionnelle multiforme contre la réforme des retraites. Jamais depuis 1968 le pays n’a connu une telle mobilisation sociale et politique sur une telle durée. Et pour cause. Jamais un gouvernement n’a mis en place une politique autant réactionnaire, autant inégalitaire, autant injuste, autant liberticide. Réactionnaire car elle n’a pour seul but la remise en cause de toutes les avancées sociales et politiques acquises depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Inégalitaire car les nantis et autres privilégiés du libéralisme s’exemptent de toute participation à l’effort national de solidarité. Injuste car elle fait porter tout le poids de la crise sur les seuls salariés alors que les principaux responsables en sont complètement exonérés. Liberticide car sous couvert de politique sécuritaire les atteintes aux libertés collectives et individuelles se concrétisent loi après loi.

La lutte contre la réforme des retraites est un des éléments du combat que nous devons mener contre le libéralisme. Cette lutte focalise à elle seule l’ensemble des batailles que nous serons obligés de mener pour refuser cette société de marché que les tenants du libéralisme veulent nous imposer.

La journée de mobilisation de ce mardi ne sera pas la dernière car le mouvement social ne peut abdiquer. Il doit se renforcer, s’enraciner. A nous donc de faire en sorte de cette journée une journée étape dans la poursuite du mouvement social. Durablement.

CAZOTTES Jean-Marc, le mardi 23 novembre 2010

P.-S.

Financement des retraites : l’Etat fait cadeau de 172 milliards aux entreprises chaque année / site ContreInfo

Appel pour un référendum sur la réforme des retraites / signer l’appel