le blog-notes

Vers la crise politique ? (2)

La loi sur la réforme des retraites de Sarkozy et du gouvernement Fillon a été votée. Avec célérité, pour ne pas dire précipitation : commission mixte paritaire pour la version définitive le lundi 25 octobre, Sénat le mardi 26 octobre et Assemblée Nationale le mercredi 27 octobre 2010. Le marathon législatif, après une course d’obstacles, se termine en course de vitesse.


Jeudi 28 octobre 2010 : septième journée nationale de mobilisation et d’actions. Succès. Malgré le matraquage éditorial de la plupart des journaux, télévisés et papiers, sur le soi-disant « essoufflement » du mouvement, malgré les vacances de Toussaint, malgré le vote définitif du Parlement.

Le mouvement de contestation est toujours bien vivant.

Et pour cause : l’opinion publique le soutient dans une grande majorité. Le peuple a bien compris que derrière ce projet de réforme des retraites se cache la remise en cause du patrimoine social et politique issu du Conseil National de la Résistance : services publics et rôle de l’Etat, sécurité sociale, Droit du travail, libertés individuelles et collectives, partage des richesses, cohésion sociale. Le peuple a bien compris que derrière ce projet de réforme des retraites se cache la destruction complète des fondamentaux de la République : Liberté, Egalité, Fraternité. Le peuple a bien compris que derrière ce projet de réforme des retraites se cache rien d’autre que la mise en place d’une société purement néolibérale : marchandisation des relations sociales, marchandisation des protections sociales, marchandisation des services, marchandisation de la culture, marchandisation de la nature, marchandisation de tous les besoins.

En quatre mots : marchandisation de la vie. Plus de société. Qu’un vaste marché. Plus de citoyen. Que des individus. Plus d’homme, plus de femme. Que des consommateurs.

L’entêtement purement idéologique de Sarkozy et du gouvernement Fillon, en refusant de prendre en compte la mobilisation citoyenne, en essayant de la manipuler - négociation sur l’emploi des séniors et des jeunes, réforme systémique en 2013 – appelle un renforcement de la mobilisation, un développement des initiatives et des actions.

Contrairement au discours officiel du gouvernement le mouvement de contestation n’est pas à un tournant mais bien dans une nouvelle séquence où à la dimension sociale va se greffer maintenant la dimension citoyenne.

Toutes et tous dans la rue lors des prochaines journées de mobilisation et en particulier le 6 novembre 2010.

CAZOTTES Jean-Marc le 30 octobre 2010