le blog-notes

Retraites

Vers la crise politique ?

Le gouvernement mise sur le bouclage sénatorial de sa réforme et les vacances de Toussaint pour en finir avec ce dossier.

C’est ignorer la mobilisation citoyenne : l’agenda législatif ne s’impose qu’aux parlementaires, pas au peuple, et les vacances concernent les établissements scolaires, pas les citoyens.

Malgré cinq journées de mobilisation depuis la rentrée – sept depuis le mois de mai - SARKOZY et son gouvernement restent sourds, et aveugles, à la réprobation générale de leur projet.

Force est de constater que la crise sociale, aussi bien dans ses modalités que dans ses revendications, évolue vers un conflit politique. Les retraites ne concernent pas que les salariés mais bien l’ensemble des citoyens. C’est d’abord et avant tout un choix de société, un choix du vivre ensemble. Toutes générations confondues.

Moins de grévistes et élargissement de la mobilisation lors des journées de manifestations : le citoyen remplace peu à peu le salarié. La contestation sociale se déplace sur le terrain politique : dénonciation de l’injustice et des inégalités du projet gouvernemental. Ce même gouvernement, capable de trouver, en peu de temps, plusieurs centaines de milliards d’euro pour sortir les banques privées du marasme de la crise financière dont elles sont les seules responsables, s’interdit de trouver quelques milliards d’euro pour sauver la retraite par répartition.

Le dossier des retraites focalise à lui seul le devenir même de notre société : solidarité/individualisme, services publics/démantèlement des services d’état, intérêt général/intérêt privé, acquis sociaux/déréglementation, niveau de vie/paupérisation, qualité de vie/précarité.

La journée d’actions et de mobilisation du mardi 19 octobre 2010 sera la dernière avant le bouclage législatif du projet gouvernemental au Sénat. Elle doit être impérativement une réussite. Non parce quelle serait la dernière mais bien parce que nous serons à la veille d’une nouvelle séquence dans la mobilisation citoyenne.

Tout reste encore possible. L’avenir dure longtemps.*

CAZOTTES Jean-Marc, le dimanche 17 octobre 2010

* Daniel BENSAÏD, entretiens avec Fred HILGEMANN