Vivre mieux

VIVRE MIEUX, vers la société écologique (6) / LE MIEUX VIVRE POUR TOUT-E-S

Transfert des missions de solidarité vers l’assurance privée, constitution d’un marché ségrégatif des services à la personne, dévoiement des fonds de la protection sociale sur les marchés financiers, lent travail de sape contre le système mutualiste : toutes ces dérives sapent la cohésion sociale, isolent des pans entiers de la population, encouragent la solitude et le chacun pour soi.

Attachés aux principes d’égalité et de solidarité inhérents aux systèmes de protection et de sécurité sociales issues du Conseil National de la Résistance, les écologistes appellent en même temps à leur renforcement et à leur adaptation aux grands défis de la période.

Ils refusent l’idée selon laquelle les déficits n’auraient pas d’autres issues que la réduction des prestations sociales et le transfert d’une partie des activités de la sécurité sociale vers le secteur lucratif. La protection sociale doit être ouverte à toutes et à tous, sans discriminations aucune.

Cependant, intervenir en amont, agir sur les causes des problèmes plutôt que se limiter à tenter d’en amoindrir les conséquences sociales, environnementales et sanitaires, constituent autant de façons nouvelles de concevoir la protection sociale et ses missions.

Il ne s’agit plus seulement de réparer, mais aussi d’anticiper, de prévenir et de donner à chacun la possibilité d’augmenter ses capacités, pour mieux s’insérer dans le travail ou encore pour limiter les comportements à risques en terme sanitaire.

C’est pourquoi, tout en nous engageant à pérenniser, voire à augmenter dans certains cas les financements adaptés à la crise sociale actuelle, tout en investissant massivement dans la prévention et l’amélioration de la qualité de vie, nous agirons aussi pour une réduction des gaspillages et des dépenses liées aux situations de rente et aux lobbies, notamment dans le domaine de la santé.

Dans le même sens, le mode de gestion actuelle de la dette sociale de 140 milliards d’euros dans le cadre de la Cades, financée par les marchés et remboursée par un abondement fiscal spécifique, ne constitue pas une solution satisfaisante.

De même, la faible participation des usagers, des consommateurs, des malades, des personnes privées d’emploi aux instances de gestion appelent à une réforme profonde du paritarisme.

Nous engagerons un processus de travail avec les partenaires sociaux visant à la réforme des modes de financement et de gestion de la Sécurité sociale. Nous souhaitons élargir les modes de financement à tous types de revenu. Nous organiserons des états généraux de la sécurité sociale élargi aux représentants associatifs, pour mettre en place cette réforme, revoir ses modes de gouvernance, imaginer comment inclure à tous les niveaux de la chaine de décision, des représentants de syndicats (de salariés et du patronat) et aussi d’usagers, d’associatifs, d’élus et d’experts.

Nous garderons à l’esprit l’exigence d’indépendance des décisionnaires vis-à-vis des acteurs économiques, de la transparence des prises de décision et de la mise en oeuvre de véritable contrepouvoirs.

Au-delà encore, les écologistes complètent traditionnellement le principe de solidarité par ceux d’autonomie et de responsabilité. Une société écologiste est une société de l’attention partagée, protectrice et respectueuse, émancipatrice et responsable.

Être attentifs et « prendre soin les uns des autres » sont leurs mots d’ordre.
Le maintien et le développement de la qualité de la relation entre les personnes et les groupes sociaux, la capacité des populations à prendre en charge elles-mêmes directement cette relation en complément des services publics, sont des axes forts de l’action des écolos.

Ainsi, l’appel à la mobilisation directe des groupements et acteurs de la société civile, et à la participation de tous aux missions éducatives, à la production et au partage de la culture, ainsi qu’aux liens entre les générations, sont des marqueurs forts des propositions écologistes.


A/ EDUCATION : POUR UNE “SOCIETE EMANCIPATRICE”

Le modèle de développement que défendent les écologistes s’appuie sur l’intelligence et la créativité humaine. L’éducation doit donc être au centre de la vie sociale et concerne autant l’école que la famille et les relations entre les générations, le tissu social et associatif, les médias et les écrans, qui entourent jeunes et adultes et conditionnent représentations et comportements. Nous souhaitons donc une véritable mobilisation de l’ensemble de la société pour promouvoir, tout au long de la vie, la coopération à la place de la compétition, la confiance et la sécurité plutôt que la sélection et l’exclusion.
Les écologistes défendent le retour de l’éducation au rang des priorités nationales, mais pas pour revenir au statu quo. Leur projet s’appuie sur trois principes, qu’il faut faire vivre dans l’éducation de demain : l’autonomie, la solidarité et la responsabilité.

LE PROGRAMME DES ECOLOGISTES FIXE SEPT PRIORITES :
- Combattre les inégalités dès la petite enfance

  • Mettre en place un service public local de la petite enfance et promouvoir le secteur associatif et solidaire.
  • Engager un dispositif massif d’ouverture de 400 000 places d’accueil de jeunes enfants et de formation des personnels avec au moins le maintien du taux d’encadrement.
  • Préférer un congé parental paritaire, plus court mais mieux rémunéré.
  • Ouvrir la possibilité de scolariser les enfants dès deux ans de manière non systématique en fonction des besoins.
    - Faire sa place à l’école fondamentale
  • Mettre en cohérence le primaire et le secondaire pour scolariser les enfants, de 6 à 16 ans, sans sélection ni orientation. Les structures de cette école fondamentale et le service de ses enseignants seront définis au terme d’une consultation qui consistera à donner aux organisations représentatives, mouvements et associations, les moyens de mettre en débat leurs propositions dans l’ensemble de la société.

Cette école fondamentale rompra avec la culture de la performance, du résultat et du contrôle généralisé, symbolisée par l’interconnexion des fichiers informatiques et les évaluations nationales visant à mettre les établissements en concurrence.

  • Deux années après la fin de l’école fondamentale, instaurer un baccalauréat associant validation d’unités capitalisables, présentation de travaux et épreuves transdisciplinaires. Jusqu’à ce diplôme, les choix de formations devront se faire en fonction des choix des jeunes et des parents, dans une logique de construction d’un parcours personnel et non d’une orientation professionnelle.
  • Réinventer le rôle de l’éducation populaire à la faveur d’un forum qui parachèvera la mise en réseau de ses mouvements et permettra de définir leurs besoins financiers, humains et juridiques.
    - Pas de jeune de 16 à 25 ans sans solution
  • Encourager chaque jeune de 16 à 25 ans, en liaison avec les mouvements d’éducation populaire, à vivre une expérience personnelle choisie ou un engagement personnel fort pouvant prendre la forme d’un service civique, avec la garantie de pouvoir reprendre ses études au niveau auquel il les a laissées.
  • Faire de l’apprentissage, un véritable lieu de formation, respecté, mieux rémunéré, évalué et contrôlé.
    - La formation, c’est tout au long de la vie
  • Consolider le service public de la formation.
  • Accorder après la scolarité obligatoire un congé de 16 semestres de formation à suivre tout au long de la vie avec garantie de revenu.
  • Développer la validation des acquis de l’expérience.
    - Rendre l’école à celles et à ceux qui la vivent
  • Rendre leurs responsabilités aux enseignants en redéfinissant les programmes scolaires en termes d’objectifs transdisciplinaires de fin de cycle adossés à un référentiel de compétences.
  • Créer, au niveau local, de nouvelles instances pour définir les projets éducatifs locaux et les moyens alloués à l’éducation prioritaire.
  • Refonder des lieux d’écoute, de parole et d’association des jeunes aux décisions qui les concernent.
    - Garantir aux enseignants la maîtrise de leur métier
  • Arrêter les suppressions de postes dans l’Éducation nationale et organiser la titularisation des personnels précaires (en particulier dans l’enseignement supérieur).
  • Refonder la formation initiale et continue des enseignants de la maternelle à l’Université, diversifier les concours de recrutement et réformer leur contenu en les plaçant à l’entrée du master.
  • Réformer de façon concertée le système d’affectation et de promotion pour sécuriser le parcours des débutants, encourager la formation d’équipes stables, ainsi que la mobilité des professeurs chevronnés vers l’éducation prioritaire et la prise de responsabilités.
    - Pour un véritable service public de l’enseignement supérieur
  • Malgré une avalanche de réformes, les faiblesses historiques de l’enseignement supérieur français perdurent, quand elles ne se sont pas accrues : clivage entre écoles et universités, manque de moyens global et fortes inégalités entre filières et disciplines, insuffisance de la pédagogie et de l’orientation face au taux d’échec à l’université.
  • De plus, la discrimination territoriale explose avec le plan campus et les initiatives d’excellence, qui ne financent que de rares pôles de prestige. Et avec la crise, la paupérisation des étudiants est là qui conduit pour la première fois au recul du taux de poursuites d’études après le bac.
en plus de revenir sur les réformes
universitaires qui au lieu d’assurer l’autonomie
des Universités les ont mises en concurrence,
les écologistes s’engagent à :


Autonomiser les étudiants pour les rendre acteurs de leur parcours
- En transformant en profondeur le système de bourses actuel par la mise en place d’une allocation d’autonomie jeunesse.
- En diminuant les frais d’inscription avec l’objectif de la gratuité du service public de l’enseignement supérieur.
- En installant des éco-campus : rénovation du bâti universitaire, amélioration de l’offre de transports en commun, 70 000 rénovations et 50 000 nouvelles chambres éco-conçues, alimentation bio et équitable, centres de santé, crèches...
- En donnant aux étudiants l’opportunité de s’engager dans la vie citoyenne : maisons de vie étudiante, valorisation de l’engagement associatif, implication dans la politique universitaire...

Donner une véritable ambition à l’orientation et la formation
- En reconstruisant un service public de l’orientation qui accompagne chacun dans la construction de son projet ; garantir 50 % des places en BTS et IUT pour les bacheliers professionnels et technologiques.
- En renforçant la lisibilité des diplômes, les passerelles entre filières et disciplines, en structurant réellement les masters sur deux années, en facilitant la validation des acquis et la reprise d’études.
- En rapprochant fortement les grandes écoles et les universités au sein de pôles territoriaux, en substituant progressivement aux classes préparatoires des parcours renforcés de licence, en recrutant dans les écoles sur dossier et non plus sur concours.
- En réformant la licence, dans une dynamique pluridiscipinaire avec un meilleur
accompagnement (tutorat, créations de postes…) et une vraie cohérence pédagogique.
- En développant l’alternance lorsqu’elle apporte une réelle valeur ajoutée aux formations
- En mettant un terme à la politique discriminante envers les étudiants étrangers, en améliorant leur accueil et en renforçant les échanges internationaux.

Garantir un service public de l’enseignement supérieur et de la recherche de
l’échelon régional jusqu’à l’Europe

- En donnant au ministère la possibilité de couvrir enfin l’ensemble des formations post-bac, en lien étroit avec les régions.
- En organisant dès la rentrée 2012 des Etats généraux de l’ESR, qui prépareront notamment le remplacement de la LRU par un texte remettant la démocratie au coeur de l’université.
- En assurant un maillage universitaire régional qui associe les pôles d’enseignement supérieur et de recherche de rang international et un réseau de proximité.
- En développant l’emploi scientifique et en résorbant progressivement la précarité par la création chaque année de 5 000 postes statutaires.
- En créant un statut du doctorant et en reconnaissant le titre de docteur dans les grilles de la fonction publique et dans les conventions collectives.
- En sortant de la logique néo-libérale des processus de Bologne et de Lisbonne pour créer un
service public européen de l’enseignement supérieur et de la recherche.

B/ SAVOIRS ET RECHERCHE : UNE POLLINISATION RECIPROQUE SCIENCE / SOCIETE

Les savoirs constituent des biens communs dont le statut est à la croisée des chemins.
D’un côté, les technologies numériques et internet permettent de démultiplier les échanges d’information, donc d’accélérer la diffusion de la culture et l’avancée des connaissances, tout en expérimentant de nouvelles formes de coopération et de travail.
Mais dans le même temps, le capitalisme contemporain cherche à contrôler toujours plus étroitement la production et la circulation des savoirs, et à raccourcir au maximum le temps entre la découverte et la mise de produits sur le marché.

Et les politiques menées ces dernières années ont facilité cette prédation : recherche publique lentement mais sûrement déstructurée sous le couvert fallacieux de l’“excellence”, argent public destiné à l’innovation privée investi sans contrôle, renforcement des droits de propriété intellectuelle hors de tout débat public, progression de la surveillance et la répression des individus...

Les écologistes sont déterminés à rompre avec ces dérives, à mettre en place un nouveau partenariat entre science et société et à agir en faveur de la liberté de circulation et d’accès à l’information.

Le système de recherche public doit être renforcé pour faire avancer les frontières de la connaissance, répondre aux interrogations des citoyens, éclairer les décisions politiques et offrir un levier de transformation de la société.

Il y a urgence à réaffirmer le rôle central de la recherche fondamentale, son caractère public, et à faire émerger un véritable tiers-secteur scientifique.

Il s’agit de passer d’un système fondé sur la constitution de monopoles et l’octroi de droits exclusifs transposant dans le domaine de l’immatériel une logique propriétaire, à un système organisé sur le partage, l’échange, la gestion collective de biens communs, l’attribution de droits collectifs d’usage.

pour cela, les écologistes
s’engagent à :

- Redonner à la recherche publique les moyens d’assurer sa mission de création
et de diffusion des savoirs
 : loi de programmation budgétaire visant à atteindre 1 % du PIB pour la recherche publique civile à l’issue de la mandature (contre 0,8 % aujourd’hui), rééquilibrage au profit des crédits de base en lieu et place du système d’appels à projets sans fin porté par l’ANR et les "investissements d’avenir" du Grand emprunt, évaluation démocratique, collégiale et qualitative
(ce qui implique la suppression de l’Aéres), encadrement strict des recours aux CDD et aux heures complémentaires.
- Revaloriser la place des sciences humaines et sociales et des recherches
Pluridisciplinaires
(notamment celles en lien avec l’environnement et les problématiques liées au genre) au sein des organismes publics de recherche, ceux-ci devant être préservés aux côtés d’universités de plus en plus directement engagées dans la recherche.
- Cibler le financement de l’innovation vers les PME (“small business act” français, crédit impôt recherche plafonné, conditionné à l’emploi et privilégiant les projets socialement et écologiquement pertinents) seul moyen de progresser concrètement vers l’objectif de 3 % du PIB pour la recherche et le développement.
- Développer une coopération juste et équilibrée avec le Sud en soutenant par des moyens financiers et logistiques la recherche des pays du Sud, qui contribueront ainsi à l’édification d’une société des savoirs.
- Faire émerger une démocratie scientifique par une politique de partage des
connaissances et l’installation d’un Office national indépendant, financé sur fonds d’État, chargé de mettre en débat public les grands choix en matière scientifique.
- Développer les recherches basées sur une collaboration entre les laboratoires
de recherche publics et les organisations de la société civile
, comme les Picri en Ile-de-France).
- Garantir une expertise publique autonome et contradictoire en créant une Haute
autorité de l’alerte et de l’expertise
, mettre en place un statut véritablement protecteur des lanceurs d’alerte.
- Promouvoir le partage des biens communs et la protection des droits des
Internautes
, en abandonnant les politiques répressives et sécuritaires de type DADVSI, HADOPI ou ACTA et en encourageant l’utilisation des logiciels libres et l’emploi des formats ouverts, en inscrivant dans la loi la neutralité du net.

Il faut par ailleurs développer l’accès libre aux biens publics par la numérisation du patrimoine et la mise en place d’exceptions aux droits de propriété intellectuelle tenant compte de l’intérêt général.

C/ VERS L’AUTONOMIE DE LA JEUNESSE

Contrairement aux représentations portées par les médias, la jeunesse est pour beaucoup une période instable et inquiétante de la vie : logement, emploi, santé…
La liberté des jeunes de choisir leur chemin de vie paraît s’être réduite comme peau de chagrin.

Les étapes de la vie paraissent largement brouillées. Les critères de passage à l’âge adulte ne sont plus la majorité à 18 ans ou l’obtention d’un diplôme, mais l’indépendance, elle-même devenue incertaine sous l’effet de l’accès tardif aux minima sociaux, de l’allongement des études, du développement de la précarité ou du recul de l’âge au premier enfant.

Les préoccupations de l’âge suivant sont d’ailleurs présentes de plus en plus tôt, du fait du développement de l’accès élargi au cyberespace ou encore de l’abaissement de l’âge des rapports sexuels.

L’autonomie de la jeunesse s’inscrit donc dans le cadre de la redéfinition d’une politique des âges et des temps de la vie.

Outre une attention particulière apportée à l’orientation et à l’insertion des jeunes, les écologistes préconisent d’ouvrir une conférence nationale permanente de la jeunesse.

une conférence nationale permanente
de la jeunesse pourrait se saisir des grandes
propositions suivantes :

- Lever toute discrimination liée à l’âge, en particulier pour l’accès aux minimas sociaux.
- Réaffirmer l’impossibilité d’incarcérer les personnes mineures dans toute sorte
de centre fermé – sauf cas extraordinaires – avant la pleine majorité, en réaffirmant le caractère intangible de l’ordonnance de 1945 qui fait de l’éducation la priorité des politiques en direction des mineurs.
- Intégrer les jeunes à la vie politique et à la discussion démocratique, en
renforçant les attributions de co-élaboration des politiques avec les Conseils municipaux, régionaux et national de la jeunesse, en instaurant une obligation de représentation des élèves dans toutes les instances du milieu scolaire et en étudiant les modalités d’une baisse de l’âge du droit de vote à 16 ans.
- Expérimenter en vue de son extension le revenu d’autonomie pour les jeunes de 16 à 25 ans, fondé, pour les jeunes scolarisés, sur une allocation formation d’autonomie, et pour les autres (période d’orientation et d’exploration, stages engagement volontaire, modules d’accès à l’emploi, etc.), sur un complément de revenu, ce qui leur permettra d’être réellement autonomes quelles que soient leurs activités.

  • Donner la priorité à la lutte contre la précarité en prenant en compte les périodes de stages et d’emplois précaires dans le calcul des droits sociaux. Les stages devront être encadrés en abaissant le plafond de 10 % du nombre de stagiaires par entreprise ou administration et en rehaussant le montant des indemnités. Une harmonisation européenne sera proposée.

    - Accompagner l’accès au logement et au transport : encadrement des loyers et avant tout des petites surfaces par l’instauration d’un prix plafond, renforcement des sanctions contre les abus de listes par les agences immobilières et les propriétaires, extension de la garantie des risques locatifs gratuite, mutualiste et solidaire ; construction de 50 000 chambres universitaires et rénovation de 70 000.

    - Améliorer la santé des jeunes en développant l’offre de “Pass contraception”, en créant un “Chèque santé” de 200 euros par an pour les 16-25. La prise en charge des soins dentaires et optiques sera améliorée. À l’université, seront ouvertes des Maisons de santé étudiantes avec un tiers-payant systématique, ainsi que des bureaux d’aide psychologique universitaire.



Renforcer et étendre à tous les jeunes travailleurs, apprentis, stagiaires, volontaires.. des programmes ERASMUS et ERASMONDE .

Appuyer les projets alternatifs portés par les jeunes (bio, coopératives solidaires sur les circuits courts ou la culture alternative, économie sociale et solidaire, etc.), via des aides d’État au développement de la micro-finance.

D/ OUVRIR DES CHOIX A NOS AINES

Aujourd’hui, près d’un quart de la population française a plus de 60 ans et l’espérance de vie augmente régulièrement.

La situation des personnes âgées est marquée par de fortes disparités sociales, qui placent les uns dans l’opulence extrême, les autres dans une grande pauvreté aggravée par la stagnation et la réforme des pensions.

Les aînés ne sont pas, comme l’instillent certains discours, une charge pour la société ; ils sont un maillon important de la transmission de l’expérience collective et de la cohésion.

Ils méritent mieux par ailleurs que le paternalisme et le clientélisme des petits cadeaux de certaines municipalités, qui entretiennent leur séparation d’avec la société et in fine leur solitude.

Donner aux différents âges qui succèdent à la vie professionnelle la réponse adaptée et les possibilités de choix les plus ouvertes, afin aussi que toute la société fasse de cet âge de la vie une question de solidarité et d’attention à l’autre.

les écologistes proposent :
- De favoriser l’activité bénévole et les lieux d’échange intergénérationnel par  :

  • La création d’agences intercommunales pour le travail bénévole et l’incitation fiscale par des réductions d’impôts.
  • Le soutien aux clubs de seniors, aux universités et lieux de formation dits du troisième âge.
  • L’encouragement à la mixité des générations dans la construction des logements neuf.

    - De sécuriser les revenus et l’accès aux soins des plus fragiles par :
  • L’augmentation du minimum vieillesse selon les mêmes critères que les autres revenus sociaux.
  • La revalorisation des retraites à partir des salaires et non de l’indice des prix.
  • La garantie d’une visite médicale annuelle gratuite pour toutes les personnes de plus de 65 ans et la suppression des franchises médicales.

    - D’ouvrir un choix quant au mode d’hébergement par :
  • La création de logements adaptés, l’hébergement en structure collective ou autogérées, le maintien à domicile doivent devenir des choix réellement ouverts.
  • L’augmentation du nombre de places en EHPAD public au moins égal au nombre de places dans le secteur privé, et adaptation des équipements.

    - L’Assistance aux travailleurs immigrés âgés et leurs conjointes par un dispositif spécifique d’hébergement, d’écoute, d’amélioration et de suivi des droits à la pension.

    - De soutenir et d’améliorer les emplois de services : la puissance publique doit
    contrôler le développement de ce secteur pour améliorer les conditions des emplois et améliorer la qualité du service en visant trois objectifs :
  • Limiter la place du gré à gré et favoriser l’économie sociale et solidaire.
  • Poursuivre la professionnalisation pour améliorer la qualité.
  • Simplifier et assouplir les outils de paiement et de gestion.

    - De financer la perte d’autonomie et la prise en charge de la dépendance. En plus des recettes fiscales ordinaires, les revenus des retraités les plus prospères doivent être mis à contribution par une taxation des patrimoines les plus élevés hors habitation principale, par l’alignement de leur CSG sur celle des actif/ves avec un taux progressif, et par la suppression de l’abattement de 10 % des frais professionnels pour le versement de impôt.

    - D’organiser les soins palliatifs et la possibilité de mourir dans la dignité : chaque personne doit pouvoir mourir dans la dignité là et au moment où elle le souhaite. Cela implique l’installation dans chaque département d’une unité de soins palliatifs assurant aussi la logistique des réseaux à domicile et dans les résidences de personnes âgées.

E/ DU SPORT BUSINESS AU SPORT POUR TOUTES ET TOUS

Aujourd’hui, le sport représente moins de 1 % du budget de l’État. De larges pans de la politique ont été laissés de côté : prévention, santé, lutte contre le dopage, démocratisation. Une nouvelle politique responsable et publique du sport doit s’appuyer sur une nouvelle organisation, redéfinissant la part de l’État, du mouvement sportif, des collectivités et des différents types d’acteurs du sport en France.

L’État doit prioriser son action pour un véritable service public social du sport qui permette la pratique de tous et toutes, quel que soit son âge ou son état de santé. Par ailleurs, la pratique de la compétition à un haut niveau de performance en harmonie n’est pas forcément contradictoire avec une vision humaniste et coopérative.

les écologistes proposent :
- La garantie de l’accès au plus grand nombre à la pratique sportive en s’appuyant sur un schéma national sur l’ensemble du territoire et pour toutes les catégories de personnes. Une taxe prélevée sur les partenariats privés pourra permettre d’aider à le financer et a l’orienter vers la réhabilitation des stades, des gymnases et des équipements dans les quartiers populaires.
La reconnaissance du sport comme un élément de santé publique avec
évidemment comme dimension forte la lutte contre le dopage.
- La mise en place d’un plan de reconnaissance du bénévolat sportif par la mise en place de formations, de reconnaissance des compétences et de professionnalisation des parcours.
- L’instauration d’une vision humaniste du sport de haut niveau en limitant la
spécialisation sportive précoce, en développant un statut de l’athlète, en reconnaissant et en valorisant les années d’entraînement et en révisant les calendriers de compétition pour en ralentir le rythme. En combattant la violence et le racisme dans les stades grands ou petits.
- La limitation du nombre des grands équipements sportifs coûteux et de leurs
impacts environnementaux. L’aide à l’écoconception des grands événements et l’arrêt du subventionnement public aux compétitions mécaniques les plus polluantes comme la F1
- La révision de l’organisation mondiale du sport dans une optique moins mercantile, l’encadrement du financement et de la gestion des fédérations sportives, la séparation claire entre sport spectacle et sport amateur et de loisir.

F/ POUR UNE ECOLOGIE DE L’ART ET DE LA CULTURE

Alors que trop souvent, la mondialisation attise les crispations identitaires et encourage la consommation effrénée de biens standardisés, la culture est un élément consubstantiel du projet écologiste et aussi la condition sine qua non pour “faire et faire changer la société”.

La culture s’aliène en se subordonnant aux seules lois du marché ou en acceptant d’être
instrumentalisée au service d’un certain mode de développement économique des territoires.
Notre projet s’appuie au contraire sur la démocratie, la diversité, l’éducation populaire et l’économie sociale et solidaire.

La Déclaration universelle pour la diversité culturelle de l’UNESCO, l’Agenda 21 de la culture adopté par Cités et Gouvernements Locaux Unis et la défense de la liberté d’expression et de création contre la censure et le "fait du prince", en sont des références fortes.

les fondements d’une action publique
des écologistes en faveur de la ou des cultures sont les suivants :

- La promotion de la diversité, l’accès du plus grand nombre à la culture

  • Répartition équitable des financements entre grandes et petites institutions, villes centres et territoires périphériques, amateurs et professionnels, artistes reconnus et artistes en devenir.
  • Soutien à la création qui vise les publics les plus larges, crée des passerelles et favorise la rencontre et la mixité.
  • Encouragement au dialogue décloisonné entre les arts, entre les arts et la science, aux pratiques participatives avec des artistes engagés.
  • Consolidation et développement de l’offre légale sur internet, suppression des lois qui criminalisent les utilisateurs, comme DAVDSI et HADOPI, et instauration de dispositifs mieux à même d’assurer le financement de la production artistique et culturelle.

    - Une économie plurielle de la culture
  • Maintien d’une véritable offre publique ; l’objectif reste le 1 % du budget de l’Etat, la consolidation des services publics locaux de la lecture, de l’éducation artistique et musicale, l’inscription de la culture comme clause de compétence obligatoire dans les intercommunalités.
  • Réforme de la fiscalité de l’art favorisant l’acquisition d’oeuvres d’artistes vivants, tout en taxant la spéculation dans le circuit national et international.
  • Évaluation et contrôle renforcé des dispositions d’exonération fiscales liées au mécénat des grands groupes industriels et de services, cogestion d’une partie de ces fonds par des dispositifs partenariaux.
  • Création d’un fonds de développement du tiers secteur culturel, et de fonds mutualisés pour l’accès des artistes et des artisans d’art aux locaux et aux terrains vacants et à des services partagés.

    - La sécurité, l’autonomie des acteurs culturels
  • Réexamen des circuits de financement de l’intermittence du spectacle, installation d’un statut du “pluriactif culturel” combinant revenu de transfert, revenu d’activité en vue de la garantie du revenu.
  • Relance des expérimentations sur les groupements d’employeurs, les coopératives d’artistes en
    production, en exposition, en diffusion.
  • Création de mutuelles pour la protection sociale, le logement et la retraite complémentaire des intervenants culturels.

G/ LA PUBLICITE REMISE A SA PLACE

Le rôle de la publicité a de tout temps été critiqué par les écologistes. Le plus souvent, elle prône la surconsommation, l’individualisme, l’immédiateté, l’apparence ou le gaspillage.

Sur la forme, elle s’impose à nous, s’incruste dans tous les aspects de la vie collective et pervertit le fonctionnement démocratique. Bien au-delà des enjeux environnementaux liés au modèle productiviste, la publicité a façonné des pans entiers de notre société, depuis la femme objet au culte de la vitesse et de l’apparence, en passant par un déséquilibre entre l’intérêt général et les lobbies.

les écologistes proposent :
- La diminution drastique des formats et densités de l’affichage publicitaire
(révision complète du code de l’environnement sur ce sujet).
- L’obligation de recueillir le consentement explicite préalable des individus pour
la distribution de prospectus
(autocollant sur la boîte aux lettres), pour la création de cookies lors de la navigation sur internet, pour le démarchage téléphonique et pour l’envoi de messages sur les téléphones portables ou par courrier électronique.
- L’indépendance et la neutralité des services publics : le financement de services publics par la publicité est une aberration. Sous couvert de gratuité, elle abuse les élus pour proposer toujours plus de services en échange d’espaces de diffusion.

Notre position :

Suppression totale de la publicité sur le service public de l’audiovisuel. Interdiction de la publicité dans et autour des établissements scolaires et du bâchage par des marques privées des bâtiments publics ou monuments. Interdiction aux acteurs privés, notamment alcooliers et marques de tabac, actions de prévention santé, notamment auprès des publics jeunes et des femmes enceintes.

Réduction drastique de l’affichage publicitaire dans les transports en commun. Interdiction de la publicité télévisée destinée aux enfants et suppression des publicités lors des programmes jeunesse.
- L’Encadrement des procédés publicitaires (écoblanchiment, stéréotypes sexistes, marchandisation du corps…) et la création d’une autorité indépendante chargée de la
régulation pour tous les supports
composée de représentants de l’État, des ONG, des associations de consommateurs, des professionnels du secteur.
- La prévention des internautes lorsqu’il y a collecte et conservation de données
personnelles. Traçabilité de l’utilisation qui est faite des données.
- L’abandon des facilités sur la publicité pour l’alcool accordées ces dernières années, notamment sur internet.

Voir en ligne : l’intégralité du projet des écologistes