hebdo de BENOIST

Une seule volonté : La Gauche

Je remercie Jean-François Gilmer pour sa longue réponse à la (trop) courte analyse des résultats des cantonales, que j’ai publiée dans « l’écolocastres » la semaine dernière. Pour que les choses soit bien claires, je précise d’emblée que ce n’est pas le président de Castres à gauche vraiment qui s’exprime ici, puisque j’ai démissionné de cette fonction ces derniers jours, accompagnant le départ de l’association de mes camarades d’Europe Écologie Les VERTS.

Je comprends qu’on puisse me reprocher un certain penchant pour la caricature. Mais en dehors de toute critique adressée à un parti ou à des personnes, n’est-ce pas cette série de portraits elle-même, l’absence totale de renouvellement dont elle témoigne, qui semble en elle-même caricaturale ? Je suis donc d’accord pour constater que tous les partis doivent se poser la question de l’exercice du pouvoir, que tous doivent s’interroger sur les conditions à respecter pour permettre l’accès aux responsabilités de personnes nouvelles, et s’assurer ainsi une plus grande représentativité sociale. Ce qui passe d’abord, nous le savons bien, par le refus du cumul des mandats, et par la limitation dans le temps de leur exercice. Si elle veut incarner réellement une alternative, c’est incontestablement l’une des voies que doit emprunter la gauche. Aucune de ses composantes n’est « chimiquement pure », certes, mais il n’empêche que certaines organisations me semblent plus avancées que d’autres dans cette réflexion.

Plutôt que de « redoutables », je préfère pour ma part qualifier les questions soulevées par Jean-François Gilmer d’incontournables. Mais personne ne saurait être assez présomptueux pour penser les résoudre d’un coup de baguette magique. Les offrir à la discussion est déjà un premier pas. Comme il l’écrit, à l’échelle locale, c’est à nous de nous en emparer : « comment va-t-on accueillir et promouvoir des candidatures d’ouvriers (14 % de la population), employés, chômeurs et précaires dans le cadre de la liste d’union (Union ! On peut rêver) lors des prochaines élections municipales ? ». Voilà un vrai sujet de débat, une porte d’entrée certaine pour de fructueuses discussions collectives.

À ce propos, il est évident que l’union qu’il appelle de ses vœux ne saurait rester longtemps du domaine de la chimère. Nous avons déjà montré, par exemple à l’occasion de la déclaration commune sur les retraites, mais je pense à des précédents, comme l’épisode de la suppression de panneaux d’expression libre sur la ville, ou encore la constitution du comité de soutien aux salariés de Dynamic, que la gauche, malgré ses divisions, était capable de parler d’une seule voix sur la ville. Mais dans les faits, cette union est encore à construire et à approfondir, car elle est, nous le savons tous, une impérieuse nécessité. Elle implique une volonté partagée de dépasser les clivages du passé et du présent (« dépasser » ne saurait signifier ici, bien entendu, « passer outre »), un respect de la diversité des opinions et des parcours, et surtout un désir commun de construire une alternative originale et forte sur la ville de Castres. Avec mes camarades d’Europe-Écologie les Verts, notre détermination à répondre à cet impératif de construction d’ une dynamique nouvelle au sein de la gauche castraise est totale.

Benoist Couliou, le mardi 5 avril 2011