le blog-notes

Tous derrière et EUX devant

« Ce qu’on ne peut pas dire, il ne faut surtout pas le taire, mais l’écrire. » Jacques Derrida

Ce samedi 15 novembre 2014 on fêtait le « faisan ». Du moins pour celles et ceux qui restent attachés à la datation du calendrier républicain : quintidi 25 brumaire de l’an CCXXIII, jour du faisan.

Du nom de ce gallinacé à longue queue la langue française a décliné le verbe « faisander ». Dans son expression populaire « faisander quelqu’un » consiste à le duper, à le tromper.

Ce samedi donc a été jour du faisan. Et surtout jour de duperie. Du moins dans l’Albigeois, en sa belle ville d’Albi.

« Tarn Ruralité », association satellite de la FDSEA 81 et des Jeunes Agriculteurs, organisait, avec l’abracadabrant soutien de l’association des élus du Tarn, une manifestation afistolée du mot d’ordre « Laissez-nous décider de l’avenir de nos territoires, respect des décisions des élus, non à la violence ».

« Laissez-nous décider de l’avenir de nos territoires,… », c’est bien ce qu’ont demandé les milliers de participants aux différentes journées de mobilisation organisées par le Collectif de sauvegarde de la zone humide du Testet. Et c’est ce qu’ils ont obtenu suite à la réunion organisée par le Ministère de l’écologie le 4 novembre dernier : mise en place d’une commission réunissant toutes les forces vives concernées par le projet dont l’objectif est de trouver « les ou la solution acceptable » à partir des conclusions du rapport des experts du Ministère.

« … respect des décisions des élus, … », même si « … aujourd’hui les règles font que ce n’est plus possible. » comme l’a déclaré publiquement le Président de la Chambre d’Agriculture du Tarn. Une façon singulière de respecter l’Etat de droit pour celui dont un balourd glissement lexical réduit un barrage qualifié de surdimensionné par des experts ministériels à une banale « mare aux canards ». Déjà bien gras les canards du monsieur !

« …, non à la violence. » comme lors des incendies volontaires du Centre des impôts et de la MSA de Morlaix. Sans parler de la malheureuse aventure des ragondins de Nantes et de Toulouse.

A sa simple lecture ce triple mot d’ordre ne présente pas d’embarras particulier. Et pourtant impossible de participer à ce panurgisme automnal soi-disant « citoyen et pacifique ». Dans la forme, certes. Sur le fond, on est en droit de s’interroger.

Et pour cause.

Inconcevable et insupportable d’être faisandé par cette cynique double manipulation : politicienne et corporative. Les uns manœuvrant les autres et les autres instrumentalisant les uns. Les uns et les autres manipulant tout le monde.

Il suffit d’écouter les propos du député socialiste local[1] lors de cette manifestation pour bien comprendre que ce fût surtout un rassemblement ayant pour seul objet dissimulé l’écolo-bashing.

Haro sur les écologistes. Vallsisme libéral-social ordinaire. Néoconservatisme ambiant.

Le nouveau Sénateur Philippe BONNECARRERE a, lui, bien compris « … qu’il y aura un après et un avant Sivens ». Un pixel de lumière au milieu d’un ténébreux tohu-bohu.

Car là est le principal. Une pratique démocratique moderne vient de poindre avec la mise en place, suite à la réunion initiée par Ségolène ROYAL, d’une commission réunissant toutes les composantes –politiques, institutionnelles et sociétales- concernées par le projet de Sivens.

Laissons les travailler dans le calme et la sérénité.

Pari tenu. Là est la priorité des vrais démocrates et des républicains authentiques.


[1] éconduit par les Albigeois lors de la dernière élection municipale

P.-S.

dernier article paru : Dangereuse rengaine

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Commentaires

2 Messages de forum

  1. Tous derrière et EUX devant

    ...oui, de la part du sénateur Philippe Bonnecarrère « un pixel de lumière au milieu d’un ténébreux tohu-bohu ». L’ancien maire d’Albi aurait même déclaré lors de la manifestation du « jour du faisan » que l’éventualité de l’annulation de la déclaration d’utilité publique (DUP) du projet Sivens n’était pas à exclure. Serait-il le seul à avoir retenu, quelque peu, la leçon de l’affaire Fourogue ? Tout le laisse à penser.

    Années 1997-2001, petit rappel historique.

    A compter du 22 septembre 1997, la Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne (CACG), concessionnaire d’aménagement et le Conseil général du Tarn (CG 81) imposent « à la hussarde » la réalisation de la retenue de Fourogue en amont de la Vère (1,3 million de m3). Les décisions de la justice républicaine et les injonctions de l’État sont alors allègrement bafouées. A l’été 1998, l’ouvrage est terminé et mis en eau.
    Le 18 janvier 2001, le Tribunal administratif de Toulouse prononce l’annulation de l’arrêté préfectoral du 31 juillet 1997 portant utilité publique et intérêt général. L’ouvrage devient illégal. Il l’est toujours aujourd’hui ! De plus, son exploitation par la CACG est gravement déficitaire (cf. Médiapart – 29 octobre 2014) et son état de conservation plus que dégradé (cf. Préfecture du Tarn - arrêté complémentaire en date du 11 août 2014).

    Samedi 15 novembre 2014 « jour du faisan ».

    Sur le pavé albigeois, quatre parlementaires (ou ex-parlementaire) réclament haut et fort la réalisation du barrage de Sivens tel que prévu initialement. Le projet est légal, les décideurs sont légitimes. Rien ni personne ne peut, ni ne doit, entraver la marche du progrès, il en va de l’ordre républicain et du devenir de l’agriculture.
    Les quatre ont pour nom : Jacques Valax, Philippe Folliot, Bernard Carayon et Jean-Marc Pastor. Ironie de l’histoire, en 1997-1998, les quatre siégeaient à l’assemblée départementale, aux côtés de Philippe Bonnecarrère, sous la houlette d’un président du CG 81 qui se nommait déjà Thierry Carcenac !

    Doit-on en conclure que l’accumulation, en nombre et dans le temps, des mandats électifs expose nombre d’élus à de graves et néfastes pertes de mémoire ?

    Jean-Pierre Merlo – Albi – 20 novembre 2014

    | 20 novembre 2014, 00:59

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    1. Tous derrière et EUX devant

      lire un précédent article sur le barrage Fourogue

      Voir en ligne : De Fourogue... à Sivens : un même entêtement devenu mortifère

      par l’écoloCASTRES, le blog | 21 novembre 2014, 10:55

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