le blog-notes

SIVENS / Visite de Cécile Duflot et Noël Mamère

Le 20 octobre 2014

Aujourd’hui, deux députés écologistes se sont rendus durant deux heures sur le site en cours de déboisement à Sivens. Cécile Duflot et Noël Mamère sont venus à Sivens en soutien aux personnes qui luttent depuis plusieurs mois contre ce projet aberrant de barrage. L’accueil sur place a été bon et Cécile Duflot a rappelé, lors d’un échange assez surréaliste avec des Zadistes perchés (dans un arbre !) que pour faire aboutir ce genre de combat il faut les 4 types d’intervenants dans le même temps : en premier lieu les occupants (les zadistes), puis les militants locaux, ensuite des politiques élus et finalement des ministres. Elle avait en tête l’exemple de Notre-Dame des Landes dont elle a affirmé « la fin » l’instruction des permis en cours n’étant pas maintenue. Dans les échanges, elle a cherché à trouver des points positifs à ce barrage, pour avoir une vision globale de la situation, mais le constat a du être fait que le projet repose sur peu voire pas d’éléments d’intérêt général. Ont été évoqués, le fait que le porteur de projet est à la fois juge et partie en tant qu’expert et constructeur (conflit d’intérêts), le caractère illégal du barrage puisque tous les recours ne sont pas épuisés, l’existence d’un barrage déclaré illégal après sa construction situé à quelques kilomètres, la violence démesurée des forces de l’ordre qui ont causé des blessures lourdes dans des situations où elles n’étaient pas en danger, le site, peu pentu, qui ne se prête pas à la construction d’un barrage, le soutien d’étiage censé lutter contre une pollution qui n’existe plus, les seulement 20 agriculteurs sur 80 qui ont répondu que peut-être ils paieraient pour pomper de l’eau, le modèle agricole qui n’est en rien l’agroécologie défendue par le ministre de l’agriculture ...

On constate en passant que le non respect de la directive sur l’eau, un bien dont on sait l’importance pour les années à venir, n’est pas suspensif. Alors aux journalistes qui demandent si des élus soutiennent la violence, il a été répondu que non évident pas. Mais comment faire quand des porteurs de projet ne respectent pas la loi et démarrent les travaux ? Un tel état de fait peut entraîner des citoyens dans des actions qui elles-mêmes débordent.

Ségolène Royal, ministre de l’écologie, a entre les mains un rapport d’évaluation de la pertinence du projet. Il lui est simplement demandé de le rendre public. Le fera-t-elle ? Par souci de transparence démocratique et par respect pour les grévistes de la faim qui demain seront vus en urgence à l’hôpital Purpan de Toulouse, cela serait infiniment souhaitable.

Entre « Zadistes » et « politiques » il y a de la méfiance, de la défiance parfois. Les mots prononcés par les deux députés étaient les mêmes que ceux des Zadistes, à l’image de ce jeune homme qui décrit son combat avec toute la prise de conscience planétaire de la lutte écologiste. Noël Mamère résumera sa pensée par la maxime : agir local pour une pensée globale. Ces mots communs, ces échanges, nous confortent tous à poursuivre nos actions à l’endroit où nous sommes chacun les plus efficaces.

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Le samedi 25 octobre nous serons tous efficaces sur place, à Sivens, pour cette journée de lutte, de fête et d’échanges.

Stéphane Deleforge, Secrétaire EELV Tarn