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Régions : Ecologie politique et Socialisme

" Le socialisme ne vaut pas mieux que le capitalisme s’il ne change pas d’outils." André GORZ, Ecologie et Politique


Avec l’élection européenne de 2009 la prise de conscience citoyenne de l’impératif écologique est entrée de plain-pied dans le spectre politique national. L’électorat de gauche, en donnant à l’écologie politique un nombre de voix sensiblement égal à celui du Parti Socialiste, a envoyé un message à l’ensemble des partis de gauche : l’écologie politique, la nouvelle donne du XXI siècle.

Avec l’élection régionale de 2010, lors du premier tour, le seul qui détermine la réelle représentativité des différentes composantes politiques, l’écologie politique, bien qu’en deçà du résultat des européennes, n’en reste pas moins la troisième composante politique du pays, et surtout, la deuxième composante de la gauche française. Le message persiste.

Battre la droite et réinventer la gauche.

Telles étaient les deux composantes indissociables du projet politique des VERTS/Europe Ecologie pour cette élection régionale.

Battre la droite. Etape primordiale tant il est évident que l’écologie politique n’a rien de commun avec les fondamentaux de la droite - productivisme/consumérisme, individualisme, dérèglementation, affaiblissement de l’Etat – et sa libérale déclinaison : destruction des bases naturelles de la vie, prédation et épuisement des ressources naturelles, inégalités sociales, injustice fiscale, idéologie sécuritaire et restriction des libertés publiques, précarisation du travail, paupérisation des salariés, dégradation sociale des plus démunis, démantèlement du service public et privatisation des services d’intérêt général, dirigisme institutionnel et remise en cause de la décentralisation, mainmise sur l’audio-visuel public, « pipolisation » de la vie publique, démagogie et « storytelling »…

L’accord national - bien que n’étant pas respecté en Bretagne par le Parti Socialiste, tout en n’oubliant pas le cas particulier du Limousin - a permis, avec le Front de Gauche, Parti Communiste et Parti de Gauche, de réaliser cette première étape : battre la droite.

Réinventer la gauche. L’unité dans la diversité. Unité et diversité, les prémices mêmes d’une gauche du XXI ème siècle, de cette nouvelle gauche qui, sans faire table rase du passé, doit évoluer, dès maintenant, vers un projet de civilisation réellement adapté aux contraintes de l’impératif écologique. Impératif écologique incontournable. Cette diversité de la gauche est sa seule richesse. Refuser de la prendre en compte c’est tirer un trait définitif sur la possibilité même de l’émergence de cette nouvelle gauche.

Nos élus respectifs, socialistes, écologistes, radicaux, républicains, communistes et ceux du Parti de Gauche, tous membres des exécutifs régionaux, auront la responsabilité de prouver que cette nouvelle gauche est en marche. Les conseils régionaux de gauche sont, de fait, les laboratoires expérimentaux de cette nouvelle gauche.

Les militants, et les sympathisants, des différentes formations politiques de gauche doivent accompagner ce mouvement en confrontant leurs projets. Cette confrontation, même électorale, dans le respect des uns et des autres, est nécessaire si nous souhaitons que l’émergence de cette nouvelle gauche devienne réalité.

L’avenir de la gauche passe obligatoirement par l’alternative politique que nous serons capables de construire tous ensemble, dans la diversité et dans l’unité.

Ensemble, changeons d’ère.

CAZOTTES Jean-Marc, le dimanche 4 avril 2010