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Redécoupage des circonscriptions législatives : beaucoup d’écume pour rien !

C’est l’heure du redécoupage… la polémique fait rage. Mais pour quoi, au juste ?

Lors du conseil des ministres du 29 juillet Alain Marleix, secrétaire d’état aux collectivités locales, a présenté le projet gouvernemental de redécoupage des circonscriptions en vue des élections législatives de 2012. La validation par le Parlement est annoncée pour l’automne. Pour raisons démographiques, le Tarn perd une circonscription, passant de 4 à 3. De plus, malgré les avis défavorables de la commission Guéna et du Conseil d’Etat, le savant « charcutage » opéré par le secrétaire d’état aboutit à la création d’une circonscription (la future 1ère) regroupant 2 cantons de Castres (est et sud), la montagne et 3 cantons d’Albi (est, centre et sud). Il n’en fallait pas plus pour mettre le feu aux poudres...

Seul Bernard Carayon, le député-maire UMP de Lavaur se félicite du choix gouvernemental (tiens, bizarre ?). Ses 3 collègues Thierry Carcenac, Jacques Valax et Philippe Folliot, pour lesquels il ne restera que 2 places en 2012, fustigent le « tripatouillage ». L’association des maires du Tarn, à son tour, critique le projet et Carayon demande des noms (courrier à Sylvain Fernandez, président de l’association des maires du Tarn) ; voudrait-il « remonter les bretelles » aux maires de sa famille politique qui osent dire leur désaccord avec le « redécoupage Marleix » ?. Triste spectacle !

D’autant plus triste que ces querelles intestines masquent l’essentiel. Elles ne sont qu’écume.

En effet, quelle que soit la configuration des circonscriptions, rien ne changera sur le fond. A l’issue des prochaines élections législatives, l’assemblée nationale restera très peu représentative de la diversité de la nation et des différents courants de pensée qui la caractérisent ; elle sera toujours composée, presque exclusivement, de députés cumulant mandat parlementaire et mandat local (c’est actuellement le cas des 4 députés du Tarn).

Or, n’oublions pas que les députés sont les élus de la Nation et non les représentants de telle ou telle fraction du territoire (il revient au Sénat d’assurer la représentation des collectivités territoriales de la République). N’oublions pas que la fonction parlementaire consiste à voter la loi, contrôler l’action du gouvernement, évaluer les politiques publiques (article 24 de la Constitution)… Excusez du peu ; c’est largement suffisant pour remplir la journée de travail de l’élu(e), fût-elle de 18 heures !

Ainsi, en regard de l’asphyxie de la démocratie parlementaire française, les querelles politiciennes générées aujourd’hui par le « redécoupage Marleix » apparaissent pour ce qu’elles sont vraiment : un combat entre « barons », prêts à tout pour conserver leurs fiefs.

Pour en finir avec la pratique récurrente des « redécoupages-charcutages-tripatouillages », pour que respire la démocratie parlementaire française, une profonde réforme s’impose. Elle devrait instaurer :

- l’élection des députés à la proportionnelle intégrale ;

- la stricte interdiction de cumuler la fonction parlementaire avec un autre mandat électif.

Combien de temps encore faudra-t-il attendre pour que nous ayons collectivement ce courage ? Et pourtant, il y a urgence à modifier le fonctionnement de la démocratie parlementaire française. Oui, vraiment, à cette aune, les querelles politiciennes liées au redécoupage des circonscriptions ne sont qu’écume… pour rien !

Jean-Marc Cazottes, Secrétaire départemental des Verts du Tarn

Guillaume Cros, Porte-Parole départemental Secrétaire régional des Verts Midi-Pyrénées

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