la tribune libre

on a reçu

ROUGES VIVES-MEMOIRE(S), de Jean ORTIZ

A los míos. Aux "miens" a mis hermanos(as) "de verdad" à mes camarades, frères, ami(e)s, compagnons

L’heure est arrivée de consigner quelques lambeaux de souvenirs des luttes que nous avons menées ensemble, des rêves concrets que nous avons partagés, essayé de vivre au présent, et qui parfois nous ont opposé, jamais sur l’essentiel... communistes rouges vifs, ma famille... ils ont tant donné, de générosité, de sacrifices, d’altruisme, tant souffert de voir leur idéal ensanglanté ; syndicalistes résistants, éveilleurs de conscience, socialistes, ceux qui n’ont pas oublié mon Jaurès tarnais, que continuent à enterrer les "sociolibéraux"... et tant d’autres apostats... camarades trotskystes, militants "verts", verts-rouges, altermondialistes, écosocialistes, flamencos, combattants de la théologie de la libération, anarchistes de mille blessures, militants "sans étiquette", syndicalistes de classe, Cégétistes, Solidaires, FSUistes, SNESupistes...C’est un joli nom SNESup... tant d’années, d’espoirs, de défaites, de résistances, de petites avancées, de tendresses, de vilaineries aussi, l’histoire, l’essentiel, le sens de la lutte, tout le reste se cicatrise... "hussards noirs" admirables...

J’ai voulu vous faire entrer, tous, toutes, dans des "Mémoire(s)" qui n’en sont pas mais... Beaucoup d’entre vous y sont cités... d’autres sont restés en moi, dans mon jardin secret

Les éditions "Le Temps des cerises" viennent de publier

ROUGES VIES-MEMOIRE(S)

(Jean Ortiz)

On y retrouve la mémoire de nos luttes en Aveyron, dans le Tarn, le Jura, les Pyrénées-Atlantiques, le Tarn-et- Garonne..., nos mémoires de l’antifranquisme, des Guérilleros, de la Guerre d’Espagne, et puis nos résistances à l’Université, pour la défense du Service public, et l’exil, jamais terminé, l’immigration, si riche, ces étrangers antifascistes qui se levèrent les premiers, la révolution cubaine, le Venezuela bolivarien, Evo Morales, Fidel, nos reportages, l’indispensable "Huma", le "Diplo", la presse syndicale, mes, nos, engagements internationalistes, nos luttes des classes, le Béarn, son zoo politique, le tunnel du Somport, et Bayrou, Saint François de Bordères... Et mes amours mitterrandiennes, La (ma) Havane, l’étoile absolue : le CHE, et San Salvador, Monseigneur Romero, La Paz, Santiago du Chili, les camps de Barcarès, d’Argelès, de "concentration", une famille martyrisée, nos combats ici et ailleurs... l’occitan dans les luttes des mineurs de Decazeville, des sidérurgistes...pour "vivre au pays" et que le pays vive... années 1960-1970, déjà les prédateurs, la finance, l’Europe des banquiers... mon village textile mort, Labastide-Rouairoux, assassiné, l’épique résistance des prolos, la solidarité ouvrière, la "soupe populaire", l’internationalisme...

Et mon frère qui a tenu tête à Charcot, et le président de l’Université de Pau séquestré... les rouges colères des étudiants de Pau, des enseignants... les lettres de prison, bouleversantes, de mon oncle, de mon grand-père, les lettres de Enrique, du camp, de la mine... leur vie esclave... grandir sans eux... et le retour "picaresque" au village après un demi-siècle d’exil, ce pays qui n’était pas celui que nous avions tant imaginé, rêvé, désiré...la "transition"-"desmemoriada"... Hilarant. Douloureux. Souvenirs entrecoupés de poèmes miroirs. Noirs. Le noir est lumineux... Une psychothérapie poétique ?

Mais pas de nostalgie, bien que... pas de testament, malgré tous les malgrés... Quelques salauds. Des milliers de femmes et hommes debout. Superbes. "Nouveaux" ? J’y crois. Le temps des camarades... Une ébauche de bilan... A continuer... continuer... Ne jamais abdiquer... "caminante no hay camino ; se hace camino al andar"... Antonio. Enrique. Federico. Julián. Andrés. Dolores. Durruti. Hugo. Ernesto. Simon. José...

"ROUGES VIES". Une force de vies, d’en-vies de luttes. Ensemble nous avons fait et faisons signifier nos vies. Jamais nous n’avons dit : "c’est naturel". "Rouges vies" est un trajet individualo-collectif où mon corazón, nos cœurs, se sont... et se révoltent encore. Et "siempre".

L’utopie. L’utopie. Les pieds sur terre. Les cheveux gris. Un jour, un jour, tout sera différent, solidaire, partagé... Les luttes, même lorsque l’on a l’impression de les perdre, ne meurent jamais. Et mes (nos) sectarismes d’antan, mais toujours avec la même conviction passionnée, et les mêmes exploiteurs de peuples en face... Camarades ami(e)s frères L’avenir flamboiera "más temprano que tarde". Nous y aurons contribué avec douleur, sueur, petits bonheurs, déchirements insupportables, lucidité, dignité... Ouvrir l’horizon... FAIRE FRONT. Chaque militant est une part de l’aurore à accomplir. "Pa la mierda l’esprit" de boutique !! Prenons garde, le miroir se trouble. Notre poète républicain Antonio Machado, mort d’épuisement à Collioure, veille toujours : "un cœur solitaire n’est pas un cœur". Ouvrons toutes grandes portes et fenêtres. La révolution, c’est aujourd’hui ; ce sont les rêves qui taraudent vos vies, les semences partagées... "L’impossible, nous ne l’atteignons pas, mais il nous sert de lanterne". (René Char) De nouvelles étoiles à inventer, à désigner. Pour moi : le Socialisme. La "Révolution". Pour d’autres : un monde nouveau... Pour d’autres : des avancées sociales, démocratiques... Le bien commun. Pour d’autres : se serrer ensemble les coudes... faire ce qu’il faut. La provocation n’est qu’un masque.

A demain dans les pages de "ROUGES VIES"

je n’ai aucun droit d’auteur... J’ai tué mon blog pour mieux aller à l’essentiel... Hier soir, Manolo et sa guitare flamenca. Notes noires. Le "duende". Avant-hier "Comunero"... "si me quieres escribir"... et nos chansons antifascistes de la Guerre d’Espagne... Elles, Ils, seront là le jour où, le poing levé, je vous rejoindrai Enrique, père et fils.

Jean Ortiz

Voir en ligne : Les éditions Le temps des cerises

P.-S.

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