RETRAITES 2010

Manifestation du 2 octobre 2010

RETRAITES : Contre une réforme injuste, des solutions écologistes durables

Plus de deux millions de manifestant-e-s les 7 et 23 septembre, et des millions d’autres solidaires du mouvement, ont dit leur refus de la réforme des retraites portée par le Président de la République et son gouvernement.

La bataille est pourtant loin d’être terminée.


Pour Europe écologie / Les Verts, l’agitation affichée par Nicolas Sarkozy ne pourra faire oublier ni les injustices de cette réforme, ni son inefficacité, ni surtout la persistance des inégalités et le creusement des déficits publics au service du maintien de situations de privilèges indécents.

Il est temps de remettre les choses dans le bon sens. Une réforme des retraites ne doit pas avoir pour objectif de rassurer à court terme les marchés financiers, mais de corriger les inégalités persistantes entre les salarié-e-s et les générations et de répartir avec justice les efforts nécessaires.

Pour bâtir une réforme durable, il faut d’abord lutter contre le chômage et partager le travail. Reporter l’âge de départ à la retraite n’a pas de sens lorsque ne sont résolues ni les difficultés d’emploi des jeunes ni le chômage des seniors.

Pour bâtir une réforme durable, il faut proposer dès à présent une nouvelle répartition des richesses. Le financement des retraites ne peut reposer sur les seul-e-s salarié-e-s, alors que les revenus du capital sont ceux qui ont le plus augmenté dans la période récente. C’est cette mobilisation équitable des ressources qui pourra conforter les retraites par répartition. Ce régime est le seul capable de garantir l’égalité de tous et de toutes dans un monde qui va connaître très vite des changements majeurs provoqués par l’épuisement d’un modèle économique qui marche sur la tête.

Pour bâtir une réforme durable, il est temps d’engager la transformation écologique de nos modes de vie et de production. Pour vivre autrement, et vivre mieux.

Des solutions justes et responsables existent : Europe écologie / Les Verts le démontrent

en mettant à contribution les revenus du capital : nous proposons notamment de doubler la CSG sur les revenus du patrimoine ;

en supprimant les exonérations inutiles de cotisations sociales, à commencer par les exonérations sur les heures supplémentaires, et en réservant les exonérations bas salaires aux emplois à temps plein ;

en augmentant modérément les taux de cotisations ;

en faisant du passage progressif à la retraite à temps partiel un droit. Améliorer les conditions de travail, c’est permettre à ceux qui le souhaitent de travailler plus longtemps ;

en construisant une vraie politique des retraites et de l’emploi avec toutes les personnes concernées : soutenez pour cela les états généraux de l’emploi et de l’écologie : [http://www.etatsgenerauxemploiecologie.net/], signez, envoyez vos idées et venez participer dans vos régions !

LES ProPoSItIoNS dU goUVErNEmENt : UNE réformE QUI PENALISE LES PLUS fAIBLES

1. Le report à 62 ans, c’est faire reposer le financement des retraites uniquement sur ceux qui ont commencé à travailler jeunes. Avec le report de l’âge minimum à 62 ans, ceux et celles qui ont commencé à travailler à 18 ans auront cotisé 44 ans pour pouvoir prendre leur retraite. Pour les mêmes droits, ceux qui ont commencé à travailler à 21 ans n’auront cotisé que 41,5 ans.

2.La précarité en fin de carrière : voilà la promesse du gouvernement. Moins de la moitié des salarié-e-s qui liquident leur retraite sont encore dans l’emploi. En reculant l’âge légal, on va mécaniquement augmenter les périodes de précarité de fin de carrière. C’est ainsi que le gouvernement finance sa réforme : une personne au chômage coûte moins qu’un-e retraité-e !

3.Le mal-être au travail va durer plus longtemps
. Le travail est aujourd’hui de plus en plus pénible, et la retraite est vécue comme une délivrance ! On ne peut allonger la durée d’activité sans lutter contre le mal-être au travail, ni sans accorder des départs anticipés aux salarié-e-s exposé-e-s à des conditions de travail réduisant leur espérance de vie, comme les produits toxiques ou cancerigènes, ou le travail de nuit. Le gouvernement n’ignore pas que les ouvriers meurent aujourd’hui six ans plus tôt que les cadres. C’est délibérément qu’il refuse de répondre à cette injustice majeure.

4.Les femmes en première ligne. Le report de l’age de liquidation à taux plein de 65 ans à 67 ans va pénaliser tous ceux et celles qui ont des carrières incomplètes et qui doivent attendre 65 ans pour toucher leur retraite sans décote ou le minimum vieillesse (l’ASPA). Et en premier lieu les femmes : aujourd’hui, trois femmes sur dix sont concernées.

Voir en ligne : Les VERTS

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