le blog-notes

Que faire ? (fin)

" Parler de liberté n’a de sens qu’à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre. " George ORWELL

« La Gauche a mal à sa mémoire. Amnésie générale. Trop de couleuvres avalées, trop de promesse non tenues. Trop d’affaires mal classées, de cadavres dans les placards. Pour oublier, on ne boit même plus, on gère. La Grande Révolution ? Liquidée dans l’apothéose du Bicentenaire. La Commune ? La dernière folie utopique de prolétaires archaïques. […] Plus d’évènements fondateurs. Plus de naissance. Plus de repères. » Daniel BENSAÏD, Jeanne de guerre lasse, Gallimard, 1991, page 34

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« La mélancolie de gauche ne signifie pas l’abandon de l’idée de socialisme ou de l’espérance d’un monde meilleur ; elle implique cependant de repenser le socialisme à une époque où sa mémoire est perdue, cachée, silencieuse et demande à être rachetée. Cette mélancolie ne doit pas se limiter à pleurer une utopie perdue ; elle doit s’atteler à la reconstruire. » Enzo TRAVERSO, Mélancolie de gauche, La découverte, 2016, page 23

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« Le socialisme a toujours visé l’émancipation de la personne humaine. Pour cela il veut le partage de la richesse, la démocratisation du pouvoir et l’éducation globale de chaque femme et de chaque homme. Ce programme est toujours le nôtre. Mais nous savons dorénavant que l’émancipation ne peut être atteinte par la croissance sans fin : l’écosystème qui rend la vie humaine possible ne le permet pas. » Jean-Luc MELENCHON, L’ère du peuple, Fayard, 2017

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Les camarades écologistes, du moins celles et ceux d’EELV, se sont peut-être trompés de cheval. Pour autant ils ont mis pieds dans la bonne écurie : celle du Socialisme Démocratique. A reconstruire.

Un socialisme du XXIième siècle qui, fort de l’analyse critique du Reagano-Thatchérisme qui sévit depuis le début des années 80, nous sorte définitivement de l’impasse nihiliste de l’hyperlibéralisme. Un socialisme de rupture systémique. Un socialisme de changement de paradigme où l’écologie politique aura sa place, rien que sa place mais toute sa place.

Démocratique afin que chacune et chacun redevienne un citoyen acteur permanent de notre avenir commun.

Réformiste parce que l’histoire est sans fin, parce que rien n’est inéluctable, parce que l’invention du possible est et sera toujours la marche en avant du progrès.

Radical parce que le conservatisme libéral ne fait que colmater de-ci de-là les brèches sans jamais rien remettre en cause alors que c’est en traitant à la racine les problèmes que nous trouverons les solutions.

« Que faire ? », mercredi 2 novembre 2016