le blog-notes

Que faire ?

" Parler de liberté n’a de sens qu’à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre. " George ORWELL

Malgré la douceur d’un été indien agréablement ensoleillé l’automne 2016 traîne une atmosphère de grande morosité … politique. Une ambiance de veillée d’armes pré-électorale aussi maussade qu’une chambre de garde de nos hôpitaux publics. Bref, mornes temps.

Pourtant tout est fait pour nous distraire : les Primaires. Véritable miroir aux alouettes : séduire, mais surtout tromper. Séduire en proposant la diversité, tromper en cachant l’uniformité. La variété monotone : la mélodie est la même, seuls les mots et l’intonation diffèrent.

A droite, une palanquée de candidats dont seule la coiffure supporte la dissemblance. Sur leur lutrin un même projet hyperlibéral à réciter : réduire encore et encore l’autorité de l’état, affaiblir encore et encore le rôle protecteur de l’état, livrer encore et encore l’intérêt général aux intérêts particuliers, précariser encore et encore les conditions sociales, aggraver encore et encore les inégalités, diviser encore et encore la nation. Bref, démanteler, dégrader, démolir, détruire encore et encore.

Chez les écolos, la bande des quatre : trois associactivistes de Bruxelles, une politique de Paris. Dès le premier tour la province a tranché : pas de politique –surtout pas de Paris- de l’associatif environnemental. Pour le second tour, le véganisme politique : une omelette sans les œufs, la politique sans le politique.

Pour la gauche dite de gouvernement – c’est beau quand même un pléonasme – on en est encore aux préliminaires : des candidatures potentielles mais faible participation officielle à la primaire « Belle Alliance populaire ». On attend donc. Godot peut-être.

Quant à la gauche de gauche –c’est beau quand même une tautologie- pas de primaire : JeanLuc MELENCHON. Un homme, un projet, hier écosocialiste, aujourd’hui écohumaniste construit collectivement depuis de nombreux mois. Rare de nos jours en politique de trouver un lieu d’intelligence collective. Seul dommage, les derniers sondages le placent, avec 15% d’estimation, en troisième place du premier tour. Bref, premier des perdants.

La gauche ne sera donc pas présente au second tour. Déjà vu. Bien que l’Histoire ne repasse pas les plats, il lui arrive parfois de bégayer.

Que faire ? Que faire dans l’urgence de la situation.

Alors que l’hyperlibéralisme, cet avatar néoconservateur du libéralisme, est à son acmé : une terre épuisée, une atmosphère saturée, des océans acidifiés, un bouleversement climatique accéléré qui réduit chaque jour la biodiversité, une humanité en perdition avec plus de 64,3 millions de personnes déplacées dont 21,3 de réfugiés et 10 millions d’apatrides, un renforcement catastrophique des inégalités et une précarisation-paupérisation imposée partout dans ce monde globalisé, un retour des ténèbres qui sème ailleurs et ici la mort, une intensification des particularismes toujours en quête de boucs émissaires entraînant une recrudescence de la xénophobie et de la peur de l’autre quel qu’il soit, nous n’aurions, à gauche, rien d’autre à proposer que de désastreuses divisions.

Pour les progressistes le fatalisme n’a aucune raison d’être, seule l’espérance d’un monde meilleur à construire doit les guider. Sortir de l’inéluctabilité postmoderne qui leur impose ce qui advient comme obligatoire. Changer d’ère, tel doit être leur crédo. Sortir de la mainmise de l’idéocratie libérale qui nourrit l’esprit de la plupart de nos représentants politiques. Sortir de l’individualisme qui sape les fondements de la République, de la démocratie et de l’humanisme.

Sortir de la foule, refaire peuple.

Oui, un autre monde est possible. A nous de le construire.

Dès maintenant. Après 2017 il sera trop tard.

Refonder à partir de cette élection présidentielle le socle d’un socialisme démocratique –tiens un gros mot- réformiste radical à partir d’une seule candidature unificatrice porteuse d’un projet commun où chacune et chacun se reconnaitra et surtout où chacune et chacun participera à partir de ses convictions et l’écoute de celles des autres à l’élaboration collective d’un projet politique qui nous sortira de la routine idéologique et des ornières politiques, sociales, culturelles et sociétales du néoconservatisme libéral.

Un socialisme du XXIième siècle qui, fort de l’analyse critique du Reagano-Thatchérisme qui sévit depuis le début des années 80, nous sorte définitivement de l’impasse nihiliste de l’hyperlibéralisme. Un socialisme de rupture systémique. Un socialisme de changement de paradigme où l’écologie politique aura sa place, rien que sa place mais toute sa place.

Démocratique afin que chacune et chacun redeviennent un citoyen acteur permanent de notre avenir commun.

Réformiste parce que l’histoire est sans fin, parce que rien n’est inéluctable, parce que l’invention du possible est et sera toujours la marche en avant du progrès.

Radical parce que le conservatisme libéral ne fait que colmater de-ci de-là les brèches sans jamais rien remettre en cause alors que c’est en traitant à la racine les problèmes que nous trouverons les solutions.

Sinon …

Il ne nous restera plus qu’à se préparer à la traversée d’un long, très long, désert.