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Le débat (1) / Prendre ses responsabilités, vite !

Le contexte politique actuel, inenvisageable il y a encore quelques semaines, confronte le petit peuple vert que nous sommes à ses responsabilités. Faut-il maintenir notre candidat coûte que coûte, ou bien devons-nous prendre une autre décision, et laquelle ?

Lors de notre dernier congrès, en juin dernier, nous avons adopté le principe de présenter un candidat à l’élection présidentielle, puis nous avons organisé notre primaire de l’écologie. Environ 15.000 personnes, adhérents d’EELV, coopérateurs et quidams ayant payé 5 euros, ont élu Yannick Jadot. A cette époque, la candidature de François Hollande à sa succession ne faisait guère de doute, Valls était premier ministre, on pataugeait dans l’idéologie nauséabonde de la déchéance de la nationalité, on manifestait contre le loi travail ou le projet de Notre-Dame des Landes, on se souvenait des 40 milliards du CICE, de Rémi Fraisse, etc. Bref, il n’était pas question de quelque alliance que ce soit avec le Parti socialiste.

Quelque temps plus tard, Hollande fait savoir qu’il ne rempilera pas. Puis vinrent les primaires. A celle de la droite, Sarkozy est battu. A gauche le "frondeur" Hamon, l’outsider qu’on n’avait pas vu monter, fait un carton au premier tour. Au second, il sort Valls, qui part bouder dans son coin. Fracture au sein du PS. Hamon reprend quasiment l’intégralité de notre programme. Bien sûr, on peut pinailler sur la réduction de la part du nucléaire, qui n’est pas la sortie du nucléaire, et refuser le maintien de la force nucléaire militaire. Mais pour le reste, nous devons bien constater que nos idées diffusent dans la société : revenu universel, transition écologique, légalisation du cannabis, etc. Celui (en espérant dire un jour : celle) qui se fait élire président de la République n’est pas le représentant d’un parti, ou même d’une coalition, mais d’une vision pour la France. Il est reconnu par une majorité du peuple français comme incarnant ses espoirs. C’est, comme on a pu le dire, la rencontre d’un homme et de la nation. C’est comme ça qu’il faut voir le paysage politique actuel de la France. Nous avons gagné la bataille des idées. Il n’est pas jusqu’à Macron qui se prétend écologiste, mais là c’est une contrefaçon.

Les conséquences de ce bouleversement ne se sont pas fait attendre. Les sondages ne sont en aucun cas une prévision, mais ils ont le mérite d’indiquer les grands mouvements au sein de l’électorat. C’est de manière dynamique qu’il faut les voir. L’outsider à 8 % a plus que doublé son pourcentage, et il semblerait accéder au second tour. Mélenchon, principe des vases communicants, n’est plus le seul choix possible à gauche, et son électorat se réduit. Yannick Jadot, lui, qui avait entamé sa campagne à 2 ou 2,5 %, score de base susceptible d’amélioration, est descendu à 1 %. Cela signifie sans doute qu’une partie de notre coeur de cible, ceux qui jusqu’à présent ont toujours voté pour nos candidats, s’apprêtent à faire un autre choix.

Alors, que faut-il faire ? Faut-il, contre vents et marées, maintenir notre candidat, au risque de se viander en beauté et d’empêcher Hamon d’accéder au second tour (que dirons-nous s’il manque à celui-ci 30.000 voix ?), ou bien, par exception, devons-nous le retirer et appeler à voter Hamon ? Il faut bien être conscient que, dans ce dernier cas, nous ne faisons pas alliance avec le PS, comme on peut le lire ici ou là (même qu’à Pétaochnok le maire PS n’est pas gentil du tout). Non, nous nous intégrerons dans une grande alliance pour porter nos idées à l’Elysée. Peu importe, après tout, l’appartenance politique de celui qui les portera. L’important est qu’elles gagnent, et qu’elles soient mises en application.

Vous avez compris que je milite pour la seconde hypothèse. Je vous appelle à prendre vos responsabilités, comme je prends les miennes. J’ai, depuis longtemps, milité pour l’autonomie politique de notre idéologie. Période exceptionnelle, cette idéologie est reprise par un homme qui a de réelles chances d’être élu, surtout si c’est face à Marine Le Pen au second tour. Je mets donc mon désir d’autonomie dans ma poche, et je voterai Hamon dès le premier tour. J’aimerais le faire en conformité avec les décisions de mon parti.

Je comprends qu’il est difficile de réunir un congrès. Au minimum, un vote de notre conseil fédéral. Mais ce changement d’orientation doit être porté largement par au minimum les adhérents du parti. Qu’un référendum interne soit organisé, sous la forme d’un vote électronique offrant toutes garanties.

Mon petit doigt me dit que nous en prenons le chemin.

P.-S.

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