textes politiques

CNIR Juin 2009

Poursuivre le rassemblement Europe Ecologie dès aujourd’hui

Motion du Collège exécutif adoptée à l’unanimité le samedi 13 juin lors du conseil national inter régional des Verts

Les résultats des élections européennes marquent un tournant historique pour
l’écologie politique. Les électrices et les électeurs ont fait d’Europe Ecologie la
troisième force politique du pays, au coude à coude avec le PS. L’écologie
politique qui a obtenu 16,3 % et 2 800 000 voix peut devenir désormais une
force incontournable et majeure. Cette campagne, faite en commun avec
l’ensemble du Parti Vert Européen a vu une vague verte déferler en Europe de
Belgique en Angleterre, d’Allemagne en Grèce. Le groupe Vert au Parlement
Européen passe de 41 députés à au moins 53 et devient un groupe charnière
pour la construction d’une autre Europe et d’une majorité anti Barroso.

Ce résultat n’est pas un accident électoral. Il est le produit de la rencontre entre une volonté de
rassemblement, des candidats aux parcours différents mais complémentaires dont Dany, Eva
et José ont été les porte-parole, la construction d’une campagne de longue durée, cohérente
fondée sur un projet et un programme de transformation écologiste, un réseau social
s’appuyant sur Internet et l’action militantes des groupes de terrain, des initiatives comme celle
du collectif Sauvons les Riches. La campagne a montré non seulement un rejet de l’action de
la gauche traditionnelle et de l’extrême gauche de témoignage mais aussi un désir d’écologie,
un sentiment d’appartenance nouveau de la part des électrices et des électeurs.

Ce résultat signe l’entrée, après la naissance publique de l’Ecologie politique avec René
Dumont et la fondation des Verts, après la maturation avec l’entrée de milliers d’élus dans les
instances locales et régionales, au Parlement et au gouvernement, de la troisième période de
l’écologie politique. L’écologie politique n’est plus un élément marginal du paysage politique
mais peut devenir une force politique majeure, autonome, refusant d’être le supplétif de
quiconque et aspirant à gouverner pour changer le cours des choses. Nous avons porté lors
de cette campagne européenne l’espoir d’une transformation écologiste de la société
européenne. Nous devons maintenant le concrétiser en France. Nous avons d’immenses
responsabilités pour ne pas décevoir l’électorat qui s’est porté sur Europe Ecologie.

L’abstention atteste de la profondeur de la crise de représentation en particulier dans les
milieux populaires. S’accompagnant d’une montée des extrême droites en Europe, c’est une
situation dangereuse pour la démocratie. Par nos propositions, nos pratiques, nous devons
convaincre qu’une autre politique est possible et que l’écologie s’est aussi la prise en compte
des problèmes sociaux. . Les urgences écologiques, sociales et démocratiques n’ont jamais
été aussi fortes. Les attentes qui en découlent nous appellent à inventer de nouvelles formes
d’expression et de structuration politiques de notre famille politique, l’écologie. Construire
l’alternative écologiste, en fédérant tout le peuple de l’écologie doit être notre boussole dans la
période. Nous devons à tout prix sauvegarder le véritable trésor constitué par les acquis de la
campagne d ’Europe écologie : Rassemblement, diversité, autonomie, crédibilité.

Dans cette campagne, Les Verts ont été la colonne vertébrale de la mise en œuvre du
rassemblement, dont la force provient de la diversité de ses acteurs : associatifs, personnalités
de la société civile, initiateurs du Pacte écologique, membres actifs du Grenelle de
l’environnement, et les nombreux citoyennes qui ont rejoint les comités locaux... Ils portent ainsi
la responsabilité majeure de faire vivre ce rassemblement qui passe par la métamorphose de
l’écologie politique. Nous devons bâtir la maison commune des écologistes sans détruire les
acquis politiques, organisationnels et programmatiques des Verts. Pour concrétiser cette
ambition, nous devons nous donner des repères pour rassembler un arc de forces très larges.
Le périmètre de l’écologie politique ne se réduit pas aux militants issus des associations
environnementalistes. Il doit s’ouvrir à tous ceux qui partagent le projet de transformation
écologique et solidaire de la société. Nous devons faire le pari de la créativité collective fondée
sur la richesse des différences des composantes du rassemblement. Nous devons enfin
proposer aux dizaines de milliers de membres déjà signataires ou étant susceptibles de
participer à ce projet commun, une feuille de route précise avec des rendez vous réguliers ;

En effet, nous devons continuer d’adapter nos modes d’organisation pour que, comme nous
avons su le faire lors de cette élection européenne, nos campagnes puissent s’inscrire dans
des formes de militantisme dont le mode d’engagement au sein de la mouvance de l’écologie
est variable. Cette diversité d’engagement est une des clefs du succès d’Europe Ecologie,
nous devons en prendre acte et veiller à sa possibilité même lorsqu’elle s’exerce dans un
cadre relativement informel. Ce militantisme n’est pas concurrent des Verts ; il est
complémentaire et nous devons continuer à le prendre en compte. Si la porte des Verts est
ouverte à ceux et celles qui adhèrent à leurs valeurs et que chacun(e) peut contribuer à
l’évolution depuis leur création, les Verts doivent aussi entendre ceux qui préfèrent se tenir à
l’écart des engagements partidaires et continuer à œuvrer avec eux. Ce qui nous importe avant
tout est la sincérité des engagements et la démocratie des fonctionnements.

Considérant l’urgence de prolonger l’élan de la campagne des européennes, le CNIR propose :

1- de poursuivre, élargir, renforcer, approfondir la dynamique de rassemblement de l’écologie
politique. Les 15000 signataires et les 510 comités locaux, les Verts, R&PS, les militants et
candidats issus du mouvement associatif, et les eurodéputés nouvellement élus forment le
socle de cette dynamique. Un comité d’animation et de pilotage (CAP) du rassemblement issu
de ces composantes sera institué pour organiser la journée du 4 juillet 2009 rendez vous
militant et festif des comités Europe Ecologie, tirer un bilan de la campagne, définir les attentes
vis à vis des députés européens, organiser le suivi citoyen du travail européen, avec le
mouvement associatif et de mettre en chantier les initiatives du rassemblement. Le CE et les
élus au Parlement européen doteront ce Comité d’animation et de pilotage (CAP) d’un
dispositif lui permettant de continuer son travail : site internet, mise à disposition de
collaborateurs, financement...

2 -de faire du Rassemblement un des axes majeurs des Journées d’Etés des Verts. Ces
Journées d’été des Verts avec Europe Ecologie seront l’occasion d’un approfondissement du
rassemblement ouvert à tous les comités locaux d’Europe Ecologie. Elles permettront
d’élaborer un bilan collectif, de mettre en commun les attentes à l’égard des eurodéputés et de
préparer avec le Parti Vert Européen les prochaines échéances. Une plénière, et d’autres
moments de débat, avec la participation des principaux acteurs du rassemblement, seront
consacrés à l’avenir de l’écologie politique en France et en Europe.

3 - de charger le comité d’animation et de pilotage du Rassemblement en lien avec le CE de
préparer les rendez-vous en mettant sur pied des groupes de travail nationaux associant des
acteurs de la campagne, des militants verts et des citoyens engagés dans la mouvance de
l’écologie politique : faire de Copenhague le Seattle du Climat ; préparer à la base le Bruxelles
de l’emploi, organiser la lutte contre les paradis fiscaux.

4 - d’ouvrir sans tabous en lien avec les partenaires du rassemblement le chantier de l’écologie
politique du XXIème siècle. De quels outils nouveaux se doter : Fondation, revue, fête annuelle,
liens avec les différents secteurs sociaux, rôle de la Fédération des Elus, contrats de
partenariats avec les associations... Les Journées d’Eté de Nîmes seront l’occasion de lancer
les travaux. Ce chantier se traduira par une première étape en décembre : le Forum
national des 6 h de l’écologie politique

5 - de tenir à l’automne des conventions régionales du rassemblement précédé d’une
convention nationale, ouvertes aux acteurs sociaux et chargées de proposer un projet de
conversion écologique des territoires et d’organiser la campagne régionale et autonome de
listes de rassemblement des écologistes en lien avec les CAR. Cette campagne sera une
campagne nationale s’inspirant de la campagne des élections européennes avec des meetings
nationaux dans chaque région, une communication nationale et un projet d’écorégion décliné
pour chaque liste.

6 - Tout en restant disponibles pour les échanges sur le fond avec leurs partenaires de
gauche, les Verts dans cette période ont pour tâche prioritaire de construire l’union des
écologistes, de construire ce pôle autonome. Cette construction politique va de pair avec notre
stratégie d’alliance visant à créer une majorité de transformation sociale et écologique pour
battre la droite en 2012.

7 - de faire au prochain CNIR un bilan sur la tenue de cette feuille de route en présence de nos
partenaires du rassemblement

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