hebdo de BENOIST

Pourquoi voter Couliou le 10 juin ?

Hier, sur le marché bio d’Albi, une électrice m’interpelle : « je suis de gauche. Donnez-moi une raison, la raison, qui pourrait me convaincre de voter pour vous ». Exercice difficile, auquel l’ensemble de mes concurrents et adversaires ont dû aussi être confrontés dans cette campagne. Je me suis dit que l’idéal aurait peut-être été de lui répondre en un seul mot. En lui disant, par exemple, le vote pour moi, c’est le vote… C’est le vote quoi d’ailleurs ? Car dans notre démocratie, il en va du vote comme des dieux dans la mythologie grecque : on ne peut s’empêcher de leur associer des épithètes. Ces derniers sont destinés à emporter l’adhésion, afin d’assurer le succès électoral d’un candidat. Preons par exemple le désormais célèbre « vote utile » : sauf peut-être du côté du parti masochiste, il n’est pas une formation politique qui considère que voter pour elle soit inutile. Mais il existe sans doute des suffrages plus utiles que les autres : toutes celles et ceux qui ont accordé leur confiance à François Hollande lors de l’élection présidentielle nous ont permis de remporter le référendum contre Nicolas Sarkozy. Mais l’utilité a parfois ses limites, et nos camarades socialistes doivent entendre qu’ils ne peuvent pas nous faire à chaque scrutin le coup du vote utile. C’est particulièrement vrai pour le premier tour de l’élection législative qui aura lieu dans un peu moins de dix jours. Oui, il faut assurer une majorité présidentielle. Mais il nous faut aussi assurer le changement, ce qui passe par une influence réelle des idées écologistes au sein de cette majorité, majorité qui sera d’autant plus forte et efficace qu’elle sera diverse. Après le temps du référendum vient celui du choix. Le temps des solutions écologistes est venu.

Le qualificatif d’ « utile » est loin d’être le seul dont la communication politique affuble le vote. Ces derniers temps, on peut dire qu’on a tout eu : le vote « vrai » (où est le faux ?), le vote « authentique », le vote « fort » (où est le faible ?), le vote « humain », le vote « pour tous », le vote par couleurs (rouge, vert, bleu, à rayures, à pois…), le vote « contestataire » et son contraire le vote « constructif », le vote « pour demain » qui s’oppose au vote « traditionnel », j’en passe et des meilleurs… Même Europe Ecologie – les Verts s’y est mis, en adossant au vote pour Eva Joly le qualificatif de « juste ».

Après plusieurs mois de campagne dans la première circonscription du Tarn, quel adjectif serait susceptible de qualifier le fait de voter pour moi le dix juin ? Je dois vous avouer mon embarras et vous confier que, malgré l’appui de la fine et pléthorique équipe de communication qui m’entoure, je n’en ai pas trouvé. Alors, plutôt que de m’échiner à convaincre à l’appui d’un seul mot, je vous propose de recourir à quelques phrases, qui auraient eu bien du mal à trouver leur place sur notre affiche de campagne. Voter écologiste sur la première circonscription, voter Couliou, ça signifie quoi, au final ?
-  C’est soutenir le mouvement de renouvellement des idées, et donc des personnes, qu’incarne ma candidature. Notre pays, notre circonscription et particulièrement le sud du Tarn en ont indéniablement besoin
-  C’est voter pour quelqu’un qui ne cumule pas les mandats et les responsabilités, et qui défend l’idée d’un mandat unique, renouvelable une fois, pour permettre l’arrivée aux responsabilités de nouveaux visages et de nouvelles générations.
-  C’est choisir quelqu’un qui a montré depuis plusieurs années sa volonté d’engagement, sa capacité de dialogue, sa volonté de voir la gauche l’emporter pour promouvoir plus de justice sociale. L’expérience et le sens des responsabilités ne sont pas toujours des questions d’âge.
-  C’est faire le choix de quelqu’un qui ne fait pas que passer par la montagne, puisqu’il il y travaille chaque jour depuis près de dix ans
-  C’est défendre un candidat qui fait de la politique sérieusement, sans se prendre au sérieux : si vous ne l’avez pas encore fait, je vous invite à découvrir au plus vite sur ce site nos clips de campagne : tous écolos ?
-  C’est reconnaître que les questions environnementales et sociales sont intimement liées. C’est penser que les solutions proposées par les écologistes sont à la fois justes et efficaces, et que la reconversion écologique de l’économie est la voie à suivre si l’on souhaite retrouver de l’activité et du mieux-vivre, en dehors du recours à une « croissance » destructrice de l’environnement et incapable depuis trente ans de créer des emplois. En un mot, c’est la voie à suivre pour vivre ici, dignement, de notre travail.
-  C’est assurer l’avenir des agriculteurs, en luttant contre les pesticides, en imposant une réorientation de la PAC pour soutenir les producteurs et leurs familles, en assurant des circuits-courts pour garantir de meilleurs revenus aux producteurs.
-  C’est défendre les services publics de proximité et de qualité, notamment l’éducation.
-  C’est inventer les nouvelles façons de nous déplacer et de nous chauffer qui nous permettront de lutter contre la précarité énergétique.

Dimanche 10 juin, sur la première circonscription du Tarn, le vote écologiste relèvera sans doute encore d’autres éléments, et viendra soutenir d’autres engagements. Mais chacun se résume à ce qui constitue le préalable indispensable pour pouvoir les mettre en œuvre : reprendre la main. C’est cela dont nous avons besoin, d’abord. Mieux qu’un adjectif, cette phrase trace à la fois une volonté, et donc un chemin : ensemble, reprenons la main pour assurer le changement. Et ça, c’est difficilement réductible à un adjectif.