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PLAIDOYER POUR LA DECROISSANCE

La décroissance, qu’est-ce que c’est ?

Depuis plusieurs années, je trouve « en kiosque », chez la plupart des marchands de journaux, un mensuel un peu austère qui s’intitule, justement, « LA DECROISSANCE ». Il est écrit par quelques auteurs plus ou moins connus pour leur lutte, par exemple contre l’énergie nucléaire, contre les délocalisations des usines, qui font perdre des emplois localement, mais surtout qui permettent, en retour, d’inonder le pays avec des produits de qualité médiocre, dont on peut se passer.

Et il y a également un courrier des lecteurs, en général intéressant, surtout lorsqu’il est critique, et des descriptions d’expériences de « vie simple » -parfois simpliste- expériences qui impliquent parfois de petits groupements permettant par exemple de recréer un hameau.

Mais le mot en lui-même est souvent mal perçu, confondu avec « régression », « récession », « retour au Moyen âge » : En résumé, le mot « décroissance » fait peur ! Moi, après des années de lectures et de méditations, je suis maintenant persuadé que c’est le seul mode de vie (Pierre Rabhy appelle ça la « Sobriété heureuse », et il l’a pratiquée toute sa vie) qui permettra de vivre encore longtemps sur la Terre. Au contraire de ça, la « CROISSANCE », qu’on nous présente comme une sorte de panacée, est perçue par la plupart de gens – y compris par ceux qui n’en profitent pas et n’en profiteront jamais- comme nécessaire, inéluctable, incontournable, sans discussion possible. En fait, il s’agit, depuis des années, d’un bourrage de crâne bien orchestré par les gouvernements successifs du Monde entier, par les médias, et par tout ce qui est intoxiqué par la Publicité sous toutes ses formes : En réalité, et c’est bien le fond du problème, on nous a tous conditionnés afin que rien ne change pour les 1% de la population qui se « gavent » grâce aux « Sociétés multinationales » qui, de fait, ont une telle influence sur les pays du Monde entier que ce sont elles qui gouvernent, bien sûr, suivant leurs intérêts bien sentis, même si les conséquences sur la santé des personnes, des animaux, des plantes, de la terre entière sont dramatiques : Espèces en voie de disparition, maladies professionnelles (des paysans, entre autres !), épuisement des ressources puisées dans la Terre…

Nous en sommes arrivés au point où la consommation en tout genre est devenue tellement exagérée qu’à partir du mois de juin, on a déjà consommé ce que la Terre est capable de produire en une année ! Les mois suivants on consomme « à crédit » (sur ce que la Terre pourra produire les années suivantes… Jusqu’à quand ?)

Une des principales objections à ces remarques concernant l’excès de consommation est la suivante : « Alors, tu es contre le progrès » ? Non. Mais de quel progrès parle-t-on ? Progrès pour quelques-uns = catastrophe pour les autres : Souplesse dans le travail ? = Précarisation généralisée ! Et l’informatique, c’est tout de même bien pratique, non ? Oh ! Ça permet d’aller plus vite, mais vers quoi ? Et le « travail », à longueur de journée, devant un écran, c’est le progrès ? Ces questions, je pourrais les poser pendant des heures, et je ne possède pas les réponses, même s’il y en a que l’on peut qualifier de « passéistes », mais que mon expérience personnelle qualifie de « préférables à ce qui se prépare » : La vraie récession imposée, généralisée, qui commencera, bien sûr dans les pays les plus pauvres (et dont on continue à entretenir soigneusement la pauvreté non seulement en pillant leurs ressources, mais en achetant des milliers d’hectares de leurs rares terres cultivables (pour y faire pousser des palmiers dont l’huile servira non seulement à fabriquer de la bouffe au rabais, mais éventuellement comme carburant « bio »)) !!!

Beaucoup d’auteurs ont déjà dit, et continuent inlassablement à le dire ; La croissance infinie ne pourra pas durer ! Quelques noms ? Pierre Rabhy, Fabrice Nicolino, Raoul Anvélo…

Alors, que faire ? Je crois, j’espère qu’une discussion généralisée sur ce genre de sujet, sur certaines solutions déjà appliquées à petite échelle, sur la circulation des informations qui commencent à filtrer, pourrait conduire à imaginer des solutions qui pourraient se généraliser. Peut-être que je rêve ? Que la situation est irréversible ? Il vaut mieux se préparer à quelque chose, plutôt qu’attendre une intervention divine, qui ne pourra être que « drastique » !

Maurice CAILLAT, le mardi 16 janvier 2018

La tribune libre / article précédent : "Les deux premiers défis du socialisme démocratique" par Jean-Marc CAZOTTES

P.-S.

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