Non M Folliot, TDIE n’a pas oublié l’autoroute Castres Toulouse. - l'écoloCASTRES, le blog

Autoroute

Non M Folliot, TDIE n’a pas oublié l’autoroute Castres Toulouse.

Le député Folliot s’est ému dans la presse que l’association TDIE (Transport Développement Intermodalité Environnement) ait « oublié » de mentionner le projet autoroutier Castres-Toulouse dans sa synthèse sur l’avant projet de SNIT (Schéma National des Infrastructures de Transport). Il a donc immédiatement écrit à cette association pour qu’elle répare cet oubli. Pourtant, à la lecture de cette synthèse, bien que l’autoroute Castres-Toulouse ne soit pas mentionnée en tant que telle, le projet y est bien présent, mais certainement pas dans le sens que M Folliot aurait pu espérer suite à la présentation qu’il a faite devant les membres de l’association. Cette note, comme toutes les analyses qui peuvent être faites hors du bassin Castres-Mazamet, nous renvoie l’image d’un projet autoroutier qui n’est pas, aujourd’hui, la bonne réponse aux besoins locaux de déplacements. Les rédacteurs de la note avaient certainement encore en mémoire le problème d’enclavement de notre territoire lorsqu’ils ont écrit : « La desserte routière des territoires à l’écart ne nécessite pas forcément un aménagement à deux fois deux voies, lorsque le trafic reste faible ; des aménagements plus modestes peuvent offrir des services équivalents (en confort et sécurité) pour une dépense moindre et avec une meilleure insertion dans l’environnement. » C’est la description parfaite du projet autoroutier proposé. Ce dernier n’a donc pas été oublié, bien au contraire !

La note d’analyse de TDIE

L’association TDIE est un regroupement d’acteurs du secteur des transports et à ce titre, elle livre des analyses à même d’éclairer les prises de décisions des autorités publiques. Nous sommes loin de partager toutes les analyses émises par TDIE, qui ne remet pas suffisamment en cause nos politiques de transport, mais cette association a le mérite de poser des questions essentielles et de faire vivre le débat. Deux points nous intéressent particulièrement dans sa note.

Ne pas confondre l’objectif et le moyen.

Page 6 on peut lire : « Pour dépasser le risque de confusion entre l’objectif recherché (améliorer un service) et l’un des moyens pour y parvenir (une infrastructure nouvelle), la première tâche du planificateur est de définir et de faire valider le ou les objectifs recherchés derrière chaque demande : un cahier des charges en termes d’amélioration des services, qui ne préjuge pas des solutions techniques à examiner ensuite. » « Une infrastructure nouvelle ne se justifie qu’après avoir vérifié qu’il n’existe aucune solution technique…[…] susceptibles d’offrir un service de transport équivalent (en durée porte à porte, en fiabilité ou en confort par exemple) »

Ces deux paragraphes nous renvoient directement au débat public. Les opposants au projet n’ont cessé de demander une analyse comparée du projet autoroutier, en regard d’un aménagement de la route actuelle (pas en 2x2 voies soyons clairs). Ne pas confondre l’objectif et le moyen est un message essentiel qui a été rappelé sans relâche par le collectif RN 126 par exemple. C’est la réponse à l’affirmation : « il nous faut l’autoroute car nous sommes enclavés ». Non. Ce qu’il nous faut c’est « un moyen », choisi parmi une offre comparée. Nous ne disposons pas actuellement d’une étude de l’aménagement de la RN126. Pourquoi ?

Le financement doit être clair avant la prise de décision.

On peut lire page 7 : « Une infrastructure nouvelle répond le plus souvent à plusieurs objectifs – parfois antagonistes- d’amélioration de services de transport et de leur environnement, entre lesquels il faut avoir le courage de choisir… pour ne pas déboucher sur un projet complexe, beaucoup plus coûteux et donc difficile à financer » « l’objectif (du SNIT) devrait être d’ouvrir clairement le débat à partir des évaluations de coûts en présentant les pistes de solution envisageables, leur pertinence respective… » « il n’est pas interdit de penser qu’une accumulation de projets pourrait constituer le meilleur prétexte pour agir au minimum… »

Pour l’instant tout le monde fait comme si le projet suivait son cours, tranquillement. Mais le moment du financement constituera un dur rappel à la réalité. Le Conseil Général du Tarn n’a pas les moyens de financer ce projet, sauf à s’endetter lourdement. Le Conseil Général de Haute-Garonne ne souhaite pas financer le projet. Le Conseil Régional de Midi-Pyrénées ne veut pas financer un projet privé. On attend pourtant de ces institutions au moins 60 millions d’euros. Le péage sera de 15 euros aller/retour, avec un trafic faible. Comment l’équilibre financier sera-t-il trouvé, le coût total du projet ayant été sous-évalué ? Rajoutons à cela les 3 déviations qui seront données au concessionnaire, rendues payantes, alors que ce sont des fonds publics qui les ont déjà financées. C’est une difficulté d’ordre juridique non négligeable. Nous sommes, avec ce projet d’autoroute, dans une forme de fuite en avant.

Sortir de l’impasse autoroutière

Face à un projet qui a chaque jour de moins en moins de chances de se concrétiser, ce n’est pas en demandant à l’association TDIE d’intégrer l’autoroute Castres-Toulouse dans ses analyses que nous allons avancer. Ce qu’il nous faut c’est une étude valable de la part des services de l’État (DREAL) qui nous permette d’envisager l’aménagement de la route actuelle et son articulation avec une offre de transports collectifs considérablement amplifiée. Cette évolution est inéluctable. Plus on attend, plus ça coûte cher en études inutiles (fuseaux etc…), avec une situation qui reste en l’état. Les alternatives sont crédibles, laissons-nous la possibilité de les envisager.

Références :

Article La Dépêche

http://www.ladepeche.fr/article/201...

Association TDIE

http://www.tdie.eu/

Rapport d’analyse TDIE

http://www.tdie.eu/userfiles/file/T...