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Revue ESPRIT

Les mondes de l’écologie (revue ESPRIT, n° 441, janvier 2018)

n° 441 / janvier-février 2018

EDITO / De l’ancien au nouveau monde

Alors que la mémoire historique des révolutions s’estompe, la croyance selon laquelle nous vivons une époque d’accélérations et de bouleversements inédits se répand. De ce point de vue, l’année 2017 a été exemplaire. L’anniversaire de la révolution de 1917 a été marqué par la publication d’ouvrages académiques, mais ils ont été accueillis dans une relative indifférence. Tout se passe comme si un événement révolutionnaire de cette nature, avec sa charge d’idéologie, de volonté et de violence, était devenu un objet étranger et lointain sur lequel on peut tout au plus porter un regard curieux.

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Les mondes de l’écologie. Introduction

Alors que nous sommes pris dans l’alternative entre la mondialisation libérale – qui renforce la pression du capital sur les humains et les ressources naturelles – et le repli nationaliste et xénophobe, le projet associant nature et humanité est aujourd’hui le seul qui fasse monde, durablement, c’est-à-dire qui le voit comme tel, dans sa globalité, sa fragilité et son unicité. En effet, il n’existe pas de planète B pour l’humanité, qui doit se penser désormais comme une espèce parmi d’autres, prise dans un réseau d’interdépendances avec son environnement.

C’est ainsi à un approfondissement et à une extension de la solidarité que nous appelle l’écologie politique : il s’agit de reconnaître la solidarité entre les pays riches du Nord, émetteurs historiques de gaz à effet de serre, et les pays pauvres du Sud, vulnérables aux dérèglements climatiques ; entre les riches et les pauvres de l’ensemble des nations, tous affectés par la crise environnementale, même s’ils le sont de manières différentes ; et entre les humains et les non-humains, qui vivent dans un écosystème partagé.

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