IDEES

Les impasses de la Troisième voie

LIBERATION du jeudi 16 janvier 2014

Alors que les uns et les autres s’agitent autour de questions de société, François Hollande continue de développer son projet économique. Il vient de confirmer l’orientation social-libérale mise en œuvre depuis son élection. Il a foi dans le virage à 180 degrés qu’il entend faire assumer au grand jour à la gauche française. Le nouvel horizon, défini lors de la conférence de presse du 13 novembre 2012 et réaffirmé lors celle du 14 janvier, est le socialisme de l’offre, traduction française de la Troisième voie dans laquelle Tony Blair et Gerhard Schröder engagèrent, il y a dix ans, le Labour britannique et le SPD allemand.

Par définition, le socialisme de l’offre, version sociale-libérale de la politique de l’offre, tourne le dos aux politiques de demande, réputées caduques dans un univers où règne la compétition mondialisée. Les politiques d’inspiration keynésienne ont certes contribué au succès des Trente Glorieuses, admet-on, mais c’était dans un monde où les marchés nationaux étaient peu ouverts et où nouveaux dragons et autres nouveaux entrants sur le marché européen n’avaient pas encore émergé. Désormais, la dépense publique, présumée inefficace par principe, engendrerait une pression fiscale insupportable pesant sur les coûts de production et, par conséquent, la compétitivité des entreprises. Celles-ci souffriraient, au demeurant, d’un coût du travail excessif, dû à l’existence d’un ...

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