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hebdo de BENOIST

Le temps des alternatives

L’actualité politique nationale et internationale de ces derniers jours a été pour le moins chargée. De la situation chypriote à la visite de Barack Obama au Proche-Orient, de la démission de Jérôme Cahuzac aux attaques inacceptables de la droite contre les juges suite à la mise en examen de Nicolas Sarkozy, sans oublier les invectives des principaux responsables du Parti de Gauche à l’adresse de Pierre Moscovici, les sujets de réflexion ne manquent pas. Nous reviendrons d’ailleurs prochainement sur ces débats de plus en plus violents entre responsables du Parti socialiste et du Parti de Gauche, en examinant de très près la référence omniprésente aux années 30 qui les animent.

Mais à Castres, c’est encore une fois le sujet du projet d’autoroute concédée vers Toulouse qui retient notre attention. A mesure qu’approche la remise du rapport de la « Commission 21 » chargée, comme je vous l’expliquais la semaine dernière, de réévaluer l’ensemble des projets inscrits au Schéma National des Infrastructures de Transports (SNIT), « l’agitation gagne du terrain », comme le titrait la Dépêche. Pour ne pas dire la fébrilité sans doute, tant les rangs des partisans du projet semblent à nouveau se déchirer, face à la perspective annoncée d’un report du projet.

C’est le député Philippe Folliot qui, le premier, a semé le doute chez les pro-autoroutes en révélant que, d’après ses informations (et après tout, pourquoi douter de sa capacité à être bien informé ?), le projet ne serait pas très bien évalué par la commission, qui aurait décidé de le classer dans les projets à envisager dans les cinq ou dix ans à venir. L’annonce du député s’est faite, pour ne pas dire plus, au grand étonnement de Jacques Valax et de Pascal Bugis. Et voilà comment le beau front politique unanime en faveur du projet se fissure, avant même que la commission n’ait rendu ses conclusions.

Mais l’important n’est pas là. Bien évidemment, l’ensemble de celles et ceux qui se sont opposés depuis des mois à l’autoroute concédée salueront une décision qui ajournera le projet. Mais ce moment passé, il convient dès maintenant d’envisager la suite. Et la suite, c’est surtout ne pas laisser toute la place aux discours qui, comme on peut aisément le deviner, vont être ceux des partisans du projet. Discours qui ne feront que renforcer l’illusion dans laquelle on entretient les habitants de notre bassin depuis trop longtemps. Florilège des prises de positions attendues : « ce n’est pas la commission qui décide, c’est le gouvernement, il faut continuer à mettre la pression pour obtenir l’autoroute » ; « nous ne pouvons accepter que le gouvernement soit complice d’un « homicide économique » (je précise que cette expression n’est pas de moi, mais émane d’un texte syndical récent en faveur du projet) ; « les ronds-de-cuir parisiens n’en ont rien à faire du Sud-Tarn, nous sommes encore une fois abandonnés… » (vous aurez reconnu ici la rhétorique isolationniste chère au maire de Castres). « Il fallait depuis longtemps faire une 2x2 voies gratuite » (oui, mais maintenant qu’on ne peut plus la faire, on propose quoi ?).

Il est temps pour tous de comprendre que le temps des alternatives est venu. Il a même commencé depuis longtemps, tant ce projet ne correspond pas aux besoins – réels - de notre bassin, ni à la réalité de notre situation sociale, économique, et environnementale. L’ensemble des opposants au projet doit maintenant travailler ensemble à proposer à la population des alternatives claires et crédibles. Des alternatives pour lesquelles l’ensemble des acteurs, et notamment le Conseil régional et le Conseil général, doivent s’engager, pour dire aux Castraises et aux Castrais que non seulement on ne les abandonne pas, mais que nous sommes en mesure de leur offrir des solutions rapides et efficaces aux problèmes concrets que pose la liaison vers Toulouse.

Cela commence, par exemple, par l’aménagement du feu de Saïx et le contournement de la zone du Mélou. Si on trouve des solutions à ces deux problèmes, on a déjà réglé la majeure partie des contraintes qui interrompent les flux de circulation. Sans parler des possibilités induites par l’amélioration de la liaison ferroviaire, et par l’aménagement du reste de la RN 126. Les solutions existent. Il ne manque plus que la volonté politique pour les rendre non seulement crédibles, mais réalisables. Et ce passage, il y a fort à parier que c’est la décision de la « Commission 21 » qui va l’imposer.

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Commentaires

2 Messages de forum

  1. A l’ouest ? Rien de nouveau...

    En ce qui concerne le projet d’autoroute Castres-Toulouse, il est surprenant qu’un collectif se soit créé pour militer pour cette idée. S’il s’agissait simplement de bon sens, cette autoroute, nous l’aurions depuis plus de 10 ans. Alors certaines personnes ont cru bon de devoir imposer à tout un département un projet qui ne peux être raisonnablement validé si on procède à une véritable analyse.

    Alors, pourquoi un collectif s’est-il créé pour promouvoir un projet inutile et particulièrement onéreux ? Qui plus est, en période de crise ! Simplement, parce qu’il n’est pas viable (n.b. : la viabilité désigne le fait qu’un terrain soit desservi par une voie suffisante pour supporter le trafic automobile généré par les constructions envisagées). C’est un paradoxe, mais si l’autoroute Castres-Toulouse devait réellement servir l’intérêt public, il aurait été inutile de lancer un débat public. Et c’est justement ce prétexte qu’utilisent certains bords politiques pour faire valoir leurs idées. Cet inutile combat n’est qu’un alibi pour masquer un véritable désert d’idées dans un certain paysage politique.

    Il n’y a rien de mieux pour relancer les ventes d’un produit que de lui coller une étiquette "nouveau" dessus, même si la seule chose vraiment nouvelle n’est que l’emballage. Aujourd’hui, on nous vend des programmes politiques de la même façon. On nous colle un projet "autoroute" pour nous le rendre plus attrayant. Mais attention à la désillusion en ouvrant le paquet !

    Non, en toute sincérité, sur la question de l’axe Castres-Toulouse, il n’y a pas grand chose à faire, si ce n’est quelques améliorations qui coulent de source. En revanche, il y a bien plus à dire sur le volet social, environnemental, démocratique, sanitaire, solidaire, etc... Mais de ce côté-là, à part quelques caméras de surveillance, on ne voit rien de nouveau.

    par RONCA Vincent | 30 mars 2013, 19:36

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  2. Le temps des alternatives

    Je m’étonne d’une chose : il est bien connu que Pierre Fabre soutient l’autoroute. Cependant, l’entreprise est certifiée AFAQ 26000 et ISO 14001... Sur leur site Internet, il est écrit :

    "Santé et bien-être, éthique pharmaceutique, respect de la biodiversité, ancrage territorial, actionnariat salarial ou encore appartenance à une fondation d’utilité publique : autant de réalités pour notre entreprise qui sont aussi des enjeux de développement durable. Cette démarche de responsabilité sociale et environnementale, anticipée par Pierre Fabre dès la création des Laboratoires, est désormais formalisée autour de 5 grands enjeux : cycle de vie, innovation durable, éthique, hommes et territoires, solidarité." (source : http://www.pierre-fabre.com/fr/deve...).

    L’autoroute n’est-elle pas en totale contradiction avec toutes ces valeurs ?

    Par ailleurs, je m’étonne que la prochaine réunion des militants pro-autoroute se réunissent à Saint Férréol (Revel). La ville de Revel n’a t’elle pas déjà une autoroute à 20 minutes ? Quel intérêt pour eux d’en avoir une deuxième ?

    par vento | 2 avril 2013, 09:50

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