EcoJOLY

EcoJOLY / l’économie verte du projet d’Eva JOLY

Le projet économique d’Eva JOLY : le débat autour de la croissance (3/23)

EELV développe un projet économique ambitieux, novateur qui débouchera sur une « transition écologique de l’économie ». Ce projet donne des réponses à des problématiques complexes mais dont les contours sont accessibles au plus grand nombre si on ne noie pas le lecteur dans un jargon économique de spécialiste…Je vous propose, en 23 articles thématiques, en 23 semaines (jusqu’aux élections) d’en voir les enjeux et surtout les mesures concrètes.

Tous les articles de la rubrique de Benoit THOMASSON ICI


La croissance économique est mesurée à l’aide d’un indicateur, le produit intérieur brut (PIB). Il correspond à l’ensemble des richesses créées en 1 an, sur le territoire national. Le débat porte tout d’abord sur l’évaluation de ces richesses : quelles richesses ? Cet indicateur n’est pas un bon indicateur : il ne compte pas les dégâts occasionnés par l’activité productrice (les économistes parlent d’externalités négatives) mais compte par contre la gestion des réparations. Ainsi, un accident nucléaire fera augmenter le PIB du Japon ! Par contre, rien sur le travail domestique, le bénévolat, les inégalités liées à la croissance, le lien social, les retombées environnementales.

La relance de la croissance sans conditionnalité écologique est totalement incompatible avec la lutte réelle contre le réchauffement climatique. Pour préserver le climat, et donc diviser par 5 nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, il faudra :
- des investissements écologiques d’ampleur
- une amélioration de l’efficacité de nos de production
- un changement profond de nos comportements et modes de vie

Europe Ecologie-les Verts propose de sortir du « toujours plus » pour aller vers un « vivre mieux ». Mais comment mesurer le bien être ? Il faut rechercher de nouveaux indicateurs, certains existent déjà.

Europe Ecologie-les Verts vous propose d’en retenir 4 :

- 1- l’épargne nette ajustée : l’épargne nette ajustée ou "épargne véritable" est un indicateur de soutenabilité mis au point par la Banque mondiale pour exprimer la variation du capital économique, humain et naturel d’un pays à l’issue d’un cycle de production. A partir de la mesure standard de l’épargne nationale brute, il procède à quatre types d’ajustements : déduction de la consommation de capital fixe, ajout des investissements en capital humain (assimilés aux dépenses d’éducation), déduction de la baisse des stocks de ressources naturelles consommées (énergie, minerais, forêts) et des dommages causés par la pollution (dont les émissions de CO2).(voir Alternatives Economiques n° 283 - septembre 2009)

- 2- l’empreinte écologique :ou empreinte carbone , calcule l’impact de nos modes de vie sur la planète : elle mesure en mètres carrés, la surface nécessaire à la production et destruction de nos déchets liés à nos consommations. Cet indicateur permet de répondre à la question : « et si tout le monde vivait comme moi, combien faudrait-il de planètes ? ».Je vous invite à faire le test sur wwf.fr/s-informer/calculer-votre-em...

- 3- le nouvel indicateur développé par l’OCDE sur la qualité de vie :l’ « indice vivre mieux ». Ce nouvel indicateur est « la première concrétisation » de la commission présidée par le Prix Nobel d’économie, Joseph STIGLITZ. Dans son rapport, remis en 2009, le groupe recommandait plusieurs pistes pour compenser les carences du PIB et évaluer de manière plus réaliste la croissance économique. L’IVM comporte 11 sous-indices : le logement, le revenu, le travail, les liens sociaux, l’éducation, l’environnement, la gouvernance, la santé, la satisfaction générale, la sécurité ainsi que l’équilibre entre la famille et le travail.

- 4- un indicateur de mesure des inégalités, le BIP 40 : l’idée d’un Bip 40 (baromètre des inégalités et de la pauvreté) a été imaginée en référence au Cac 40, dont les variations s’affichent en continu . A l’époque, en effet, en même temps que la Bourse flambait et que la croissance semblait repartir, les associations signalaient, sur le terrain, la recrudescence des inégalités et des tensions sociales. Il est calculé en fonction d’une multitude de chapitre et sous chapitres thématiques (travail logement, justice, éducation,revenus santé)

Le choix des indicateurs devra être tranché fin 2012, de façon à ce que la France puisse de doter efficacement d’indicateurs alternatifs au PIB.

P.-S.

Il est temps de bâtir un nouveau modèle pour une économie décarbonée, dénucléarisée, efficace en ressources, relocalisée, définanciarisée, qui met la réduction des inégalités et l’emploi au cœur du projet.

La semaine prochaine : donner les moyens aux acteurs économiques pour la conversion écologique