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EcoJOLY / l’économie verte du projet d’Eva JOLY

Le projet économique d’Eva JOLY : l’emploi sans croissance (2/23)

EELV développe un projet économique ambitieux, novateur qui débouchera sur une « transition écologique de l’économie ». Ce projet donne des réponses à des problématiques complexes mais dont les contours sont accessibles au plus grand nombre si on ne noie pas le lecteur dans un jargon économique de spécialiste…Je vous propose, en 23 articles thématiques, en 23 semaines (jusqu’aux élections) d’en voir les enjeux et surtout les mesures concrètes.

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Les politiques de l’emploi sont depuis quarante ans basées sur la croissance ou le retour à la croissance. Leurs solutions habituelles tournent autour d’une plus grande flexibilité du marché du travail (en fait il s’agit de déréglementer, libérer le marché du travail) ou bien d’un abaissement du coût du travail (pression à la baisse des salaires et des cotisations patronales) pour les libéraux ; elles tournent autour des emplois aidés (cotisations salariales supportées par l’Etat) sous différentes formes et la réduction du temps de travail , pour les gouvernements de gauches.

La transition écologique de l’économie propose un autre schéma mental : il faut considérer le travail comme un objet complexe (Edgar MORIN La voie Fayard) pour en voir l’ensemble des relations. Nous devons créer des emplois compatibles avec notre modèle de société exprimé dans le précèdent article.

La transition écologique augmente l’intensité en travail de l’économie : elle peut créer des emplois avec une croissance faible et lutter contre le chômage de masse.

L’Espagne est montrée du doigt en ce moment avec ses 20% de chômeurs alors que la France n’en aurait que 10 % :si on ajoute les bénéficiaires du RSA et les personnes proches du chômage (n’ayant travaillé que quelques heures dans un semaine) nous sommes autour des
20 % aussi !

La transition écologique propose un cercle vertueux (expression courante en économie pour expliquer un ensemble de liens de cause à effets positifs, effet boule de neige, pour l ‘économie et/ou la population). Nos domaines d’actions sont une économie dénucléarisée, relocalisée et tournée vers l’économie sociale et solidaire. Détaillons un peu nos propositions :

- le débat sur les chiffres des emplois directs et induits dans le nucléaire a suscité de bons échanges et une très bonne réponse de Eva Joly cette semaine : sa lettre ,adressée aux syndicats de l’énergie , donne des précisions ; nous pouvons créer 600 000 emplois dans les énergies renouvelables ! Les comparaisons avec l’Allemagne vont bon train en ce moment : 370 000 emplois dans le secteur renouvelable contre 40 000 dans le nucléaire. Les récentes rumeurs de licenciement chez AREVA ne trompent personne : à EELV nous nous réjouissons de futures transformations des emplois nucléaires !

D’autres scénarii donnent des créations d’emplois : L’INSEE estime que 1 million d’euros de chiffre d’affaire dans le raffinage du pétrole crée 2 emplois directs et indirects en France alors que le même million d’euro dans le solaire thermique en crée 16. W.W.F. estime qu’à l’horizon 2020, « -30% de CO2 =+ 684 000 emplois ».NégaWatt prône l’efficacité énergétique…

- la recherche de gains de productivité amène une diminution du taux d’encadrement et une moindre qualification des personnels ; Jean GADREY , dans Les chemins de la transition Utopia (ouvrage collectif) parle de passer à une économie de qualité , de réaliser des gains de qualité et d’utilité sociale.

- L’économie sociale et solidaire , d’ici 10 ans , a besoin de 520 000 emplois rien que pour remplacer les départs à la retraite de 25% des effectifs en poste. On peut doubler ces créations en prenant en compte la satisfaction des nouveaux besoins (aides à domicile…).En France l’ESS représente 10 % des emplois, 12% dans notre Région.

- dans l’agriculture, la transition écologique créerait entre 30% et 40 % d’emplois en plus

- en relocalisant, en diminuant le temps de travail…nous créerons des emplois

P.-S.

Il est temps de bâtir un nouveau modèle pour une économie décarbonée, dénucléarisée, efficace en ressources, relocalisée, définanciarisée, qui met la réduction des inégalités et l’emploi au cœur du projet.

La semaine prochaine : le débat autour de la croissance