EcoJOLY

EcoJOLY / l’économie verte du projet d’Eva JOLY

Le projet économique d’Eva JOLY : pour un monde plus solidaire et responsable (20/23)

Europe Ecologie - Les VERTS développe un projet économique ambitieux, novateur qui débouchera sur une « transition écologique de l’économie ». Ce projet donne des réponses à des problématiques complexes mais dont les contours sont accessibles au plus grand nombre si on ne noie pas le lecteur dans un jargon économique de spécialiste…Je vous propose, en 23 articles thématiques, en 23 semaines (jusqu’aux élections) d’en voir les enjeux et surtout les mesures concrètes.

Tous les articles de la rubrique de Benoit THOMASSON ICI


Nous , écologistes, sommes engagés depuis bien longtemps dans un projet global de gouvernance mondiale alliant respects des droits humains, d’autres relations Nord-Sud ,ce que l’on appelle l’architecture internationale. Le monde est devenu multipolaire, avec des acteurs tellement différents qu’il faut penser à n’écraser personne sous le poids de décisions trop souvent prises à quelques uns. Sur le plan économique et financier, la France et l’Union Européenne doivent promouvoir une gouvernance mondiale régulée et une gestion internationale de la dette.

Pour cela nous préconisons une fiscalité mondiale basée sur la taxation des transactions sur les marchés des changes (échanges entre monnaies), financiers (bourses) mais aussi une fiscalité sur les firmes multinationales, les déchets nucléaires et les transports aériens (775 milliards de dollars hors taxe carbone peuvent ainsi être levés, soit 2 à 3 fois les sommes nécessaires à l’accès de tous aux droits fondamentaux).

Les pays dépendants de leurs exportations de matières premières savent que les cours mondiaux de celles-ci sont fixés trop souvent en dehors de toute logique : trop de spéculations, d’ententes, de stocks artificiels….décidés au Nord et imposent des conditions de concurrences intenables pour les producteurs des pays du Sud (à lire Petit précis de mondialisation (Fayard, 2006), d’Erick Orsenna sur la route du coton) ; nous préconisons donc l’encadrement strict des marchés des matières premières, en particulier agricole.

Trop de pays, parmi eux, le groupe des pays pauvres les plus endettés, sont coincés par le remboursement de prêts accordés par le FMI sous condition de mesures de plan de rigueur (baisse des dépenses publiques qui aggravent encore les difficultés de développement) ; nous sommes pour l’annulation des dettes illégitimes des pays les plus pauvres.

La gouvernance mondiale s’organise aujourd’hui sur le modèle d’après seconde guerre mondiale : les organismes supranationaux (au dessus des Nations), vous les connaissez, ce sont le Fonds monétaire international, la Banque mondiale, le GATT devenu Organisation mondiale du commerce. Or ils contribuent à asseoir toujours plus la domination du Nord sur les pays du Sud. Nous sommes pour une meilleure répartition des ressources vers une démocratie globale, sous la coupe de l’ONU (réforme du Conseil de sécurité pour une meilleure représentativité des pays en question) qui mettrait les règles de la gouvernance économique mondiale compatibles avec les règles de l’Organisation internationale du travail(OIT), de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et celles de l’Unesco. Cela signifie la dissolution des G8 et G20, à très faible légitimité démocratique. Enfin , une Organisation mondiale de l’environnement (OME) doit être crée pour soumettre la passation de marchés internationaux au respect des normes sociales et environnementales.

Nous voulons également renforcer le droit dans la lutte contre les délits économiques et financiers , et contre l’impunité en cas de délits commis par les chefs d’Etat ou les élites internationales ; il faut mettre un terme définitif à la Françafrique financière et militaire, aux valises de billets et aux trafics d’influence (voir l’interview d’Eva JOLY sur TV monde du mercredi 28 mars 2012 en cliquant sur www.tv5.org/cms/chaine-franc... ). Nous devons garantir l’accès à la justice des victimes des multinationales en leur permettant d’entrer en justice dans n’importe quel pays d’ activité d’une multinationale, avec notamment un fonds d’appui aux ONG.

Enfin, nous voulons réformer radicalement l’aide publique au développement. La première obligation est d’augmenter immédiatement l’Aide publique au développement à 0.7% de notre PIB, en privilégiant les dons réels car trop de fonds sont en faveur d’objectifs géostratégiques et fléchés vers les PMA. Une loi sur la coopération solidaire sera portée par EELV, avec un contrôle parlementaire et citoyens sur les finalités, le contenu et l’efficacité de l’aide grâce à 3 principes qui doivent être appliqués : égalité entre partenaires de différents pays ; transparence de la politique de coopération ; principe de participation citoyenne et démocratique. Comme le dit Eva LOJY dans la même interview « la France doit se dégager de sa position d’ex-puissance coloniale ».

P.-S.

Il est temps de bâtir un nouveau modèle pour une économie décarbonée, dénucléarisée, efficace en ressources, relocalisée, définanciarisée, qui met la réduction des inégalités et l’emploi au cœur du projet. La semaine prochaine : Quelle Europe voulons-nous ?