Le projet économique d’Eva JOLY : des villes écologiques (15/23) - l'écoloCASTRES, le blog

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EcoJOLY / l’économie verte du projet d’Eva JOLY

Le projet économique d’Eva JOLY : des villes écologiques (15/23)

Europe Ecologie - Les VERTS développe un projet économique ambitieux, novateur qui débouchera sur une « transition écologique de l’économie ». Ce projet donne des réponses à des problématiques complexes mais dont les contours sont accessibles au plus grand nombre si on ne noie pas le lecteur dans un jargon économique de spécialiste…Je vous propose, en 23 articles thématiques, en 23 semaines (jusqu’aux élections) d’en voir les enjeux et surtout les mesures concrètes.

Tous les articles de la rubrique de Benoit THOMASSON ICI


La ville écologique est-elle un sujet économique ? Fondamentalement ! Fondamentalement, mais par nature, pas seulement. C’est un sujet transversal puisqu’il touche à la sociologie (la vie des quartiers, les populations mixées…) à la politique (quelle gouvernance, quelle autonomie relative des quartiers…), à l’histoire (le peuplement, les habitations, les lieux historiques visibles …), à la philosophie (qu’est-ce que la ville dans notre société et notre projet de société ?), à la géographie (métropoles, division de l’espace et inégalités…), à la géologie, la physique….

L’économie doit être vue comme une analyse qui touche tous les domaines : les villes regroupent les 4/5 des habitants en France et elles s’étendent à hauteur de 60 000 ha chaque année ; cet étalement urbain porte atteinte à l’environnement à travers les transports induits et les comportements de consommation : nous sommes bien dans des problématiques économiques car la consommation est un enjeu majeur de notre projet. Nous voulons consommer mieux, autrement et parfois moins dans des domaines ciblés. Nous voulons lutter contre les inégalités. L’étalement urbain génère des surcoûts pour la collectivité (aménagements routiers, d’évacuation des eaux usées…).

Nous devons proposer un urbanisme économe en ressources foncières et en énergies, qui s’appuie sur la tradition de la ville européenne plurielle, mixte et compacte. Les mesures que nous proposons s’inscrivent dans le cadre des Agendas21 locaux (http://observatoire-territoires-dur... ) . L’agenda 21 local est « un processus multisectoriel et participatif destiné à atteindre les buts de l’agenda 21 au niveau local et au moyen de la préparation et de la mise en œuvre d’un plan stratégique d’action sur le long terme, plan qui traite des enjeux locaux et prioritaires de développement durable ».Avec le Sommet de Rio en 1992, où 178 pays s’engagent pour la mise en œuvre d’un développement plus durable de la planète, et la charte d’Aalborg en 1994, où 67 représentants d’autorités locales européennes constituent un réseau de villes durables, l’engagement international pour le développement durable s’est affirmé.

L’agenda 21 est un projet territorial de développement durable qui se veut :
- participatif, mobilisant différents acteurs impliqués sur le territoire,
- volontaire, à l’initiative des collectivités,
- transversal, coordonnant les différents enjeux, les différentes compétences et les différents niveaux de collectivités,
- adapté aux spécificités du territoire,
- articulant une logique de long terme à des actions pragmatiques et concrètes. Nous proposons de renforcer ces Agendas 21 locaux avec un cahier des charges plus précis accompagné d’indicateurs de suivi du « métabolisme urbain ». Ainsi, des mesures de protection des paysages et des entrées de villes, la lutte contre l’invasion publicitaire et les pollutions lumineuses doivent être renforcées (en plein débat sur le Parc et ses éoliennes, je vous invite à réfléchir à cette question : « qu’est-ce qui pollue le plus le paysage ? Les éoliennes de la Montagne noire ou les panneaux publicitaires aux entrées de ville ? » (Sur les derniers enjeux autour du Parc, voir l’article de Benoist COULIOU.

Nous encourageons les circuits courts et les modes de production locaux, notamment énergétiques (énergies alternatives décentralisées).

Nous voulons mettre en place des « bureaux du temps », pour mettre en débat et harmoniser les horaires d’ouverture des services publics locaux et commerces pour re-vitaliser les quartiers.

Nous proposons une loi d’orientation d’affectation et d’usage des sols :vaste domaine car nous voulons mobiliser les ressources foncières pour faire face à la crise du logement et permettre un équilibre entre activité et logements en :
- transférant à la puissance publique des terrains abandonnés
- limitant l’extension urbaine dans les documents d’urbanisme
- soulignant la responsabilité des propriétaires de terrains en matières de pollution

Nous proposons ensuite de renforcer la protection de l’environnement en ville à travers un plan de préservation de la biodiversité (à faire figurer dans les Schémas de cohérence territoriale) garantissant notamment la continuité des espaces naturels ; les Plans Locaux d’Urbanisme définiront obligatoirement des coefficients de pleine terre permettant la recharge des nappes phréatiques.

Enfin, nous proposons la mise en place d’une démocratie locale participative avec budget participatif (article à venir)

P.-S.

Il est temps de bâtir un nouveau modèle pour une économie décarbonée, dénucléarisée, efficace en ressources, relocalisée, définanciarisée, qui met la réduction des inégalités et l’emploi au cœur du projet.

La semaine prochaine : budgets participatifs dans les quartiers