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EcoJOLY / l’économie verte du projet d’Eva JOLY

Le projet économique d’Eva JOLY : vers un revenu d’existence (13/23)

Europe Ecologie - Les VERTS développe un projet économique ambitieux, novateur qui débouchera sur une « transition écologique de l’économie ». Ce projet donne des réponses à des problématiques complexes mais dont les contours sont accessibles au plus grand nombre si on ne noie pas le lecteur dans un jargon économique de spécialiste…Je vous propose, en 23 articles thématiques, en 23 semaines (jusqu’aux élections) d’en voir les enjeux et surtout les mesures concrètes.

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Nous aspirons à un changement profond de la société, changement écologique tourné vers une réduction des inégalités, notamment des revenus. L’observatoire des inégalités note que les inégalités de revenus se sont accrues au cours des dix dernières années. Le revenu annuel moyen des 10 % les plus modestes s’est élevé de 610 euros entre 1999 et 2009, celui des 10 % les plus riches de 8 190 euros (http://www.inegalites.fr/spip.php?article632&id_mot=130).

Les écarts extravagants de revenus (certains dirigeants du CAC 40 gagnent 500 Smic hors primes) doivent appeler des réponses courageuses et volontaristes (venant de l’Etat) : dans ce cadre, l’augmentation des minima sociaux, du Smic et des plus bas salaires, la lutte contre la précarité et le temps partiel subi, visent à redistribuer du pouvoir d’achat et à récupérer la part de la richesse qui est allée vers le capital au détriment du travail !

Traduction de cette dernière phrase :
- les minima sociaux : ils sont conditionnés à vos ressources et visent à assurer un revenu minimum à une personne ou à sa famille.
(http://www.sante.gouv.fr/definitions-des-minima-sociaux.html)
- le Salaire minimum de croissance (Smic) est revalorisé à compter du 1er janvier 2012. C’est ce qu’indique un décret publié au Journal officiel du vendredi 23 décembre 2011.Le nouveau montant horaire brut est fixé à 9,22 euros (contre 9,19 euros depuis le 1er décembre 2011). Pour un salarié dont la durée du travail est la durée légale hebdomadaire (35 heures), le salaire mensuel minimum, fixé jusqu’au 31 décembre 2011 à 1 393,82 euros , passe au 1er janvier 2012 à 1 398,37 euros brut par mois .Le Smic correspond à un salaire horaire en dessous duquel, légalement, aucun salarié ne doit être payé. C’est un enjeux de taille car les personnes payées au Smic consomment la plus grande partie de leur revenu (contrairement aux plus riches qui épargnent davantage) : il faut donc augmenter le Smic pour consommer et créer de l’activité (relocalisation…)
- les plus bas salaires : par convention, les bas salaires sont les salaires inférieurs aux deux tiers du salaire médian de l’ensemble de la population soit 2/3 de 1980 euros=1320 euros net. Même constat que pour les salariés au Smic sur la capacité à consommer si on relève le salaire (KEYNES parle de propension marginale à consommer)
- la lutte contre la précarité : pour l’INSEE, sous le terme formes particulières d’emploi, (ou parfois emplois précaires) sont regroupés les statuts d’emploi qui ne sont pas des contrats à durée indéterminée. Ce sont l’intérim, les contrats à durée déterminée, l’apprentissage et les contrats aidés ; ils représentent aujourd’hui 80% des entrées sur le marché du travail et 20% de tous les emplois .Il faut limiter cette précarité pour des causes humaines, sociales et économiques.
- le temps partiel subi : selon l’observatoire des inégalités, 5,5 % des actifs sont employés en temps partiel et souhaiteraient travailler davantage, soit 1,25 million de personnes. Il s’agit à 75 % de femmes. La part de personnes en sous-emploi est très supérieure pour les populations les moins qualifiées, qui occupent les postes les plus précaires, notamment dans les secteurs du nettoyage ou de la distribution .Au total, 9 % des femmes salariées sont en situation de temps partiel subi, contre 2,5 % des hommes. Le taux atteint 13,9 % pour les femmes non diplômées, 12,9 % pour celles de moins de 29 ans, 13,1 % pour les employées, et même 16,4 % pour les femmes étrangères. Les employeurs proposent de plus en plus ce type de contrats dans un souci de flexibilité.
- récupérer la part de la richesse qui est allée vers le capital au détriment du travail : une fois les matières premières et l’énergie payées, l’acteur économique partage sa valeur ajoutée (chiffre d’affaire – consommations intermédiaires) entre la masse salariale (salaires + charges) et ce qui lui reste, grosso modo ,le profit : ainsi la part des rémunérations dans la valeur est passée de 75% au début des années 1980 à 65% aujourd’hui. Nous devons donc ré augmenter cette part.

Notre souci est d’articuler réduction des dépenses contraintes (loyers, énergie…) et augmentation des salaires afin d’éviter que les revenus supplémentaires obtenus par les salariés n’aillent directement engraisser les rentes énergétiques et locatives.

Ainsi, nous proposons :
- la mise en place d’un revenu maximum acceptable (RMA) : la fixation d’un seuil pour les très hauts revenus de 30 fois le revenu médian
- le plafonnement à un maximum de l’héritage
- la réduction massive du travail précaire par l’introduction d’une prime salariale majorée pour toute heure travaillé&e dans le cadre d’un contrat inférieur à un mi-temps
- la revalorisation des minima sociaux de 50% durant la mandature
- …et à terme l’instauration d’un Revenu Universel, inconditionnel, individuel (à expérimenter par l’Etat en lien avec des collectivités locales volontaires)

P.-S.

Il est temps de bâtir un nouveau modèle pour une économie décarbonée, dénucléarisée, efficace en ressources, relocalisée, définanciarisée, qui met la réduction des inégalités et l’emploi au cœur du projet.

La semaine prochaine : l’impôt plus simple, plus juste, plus écologique