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EcoJOLY / l’économie verte du projet d’Eva JOLY

Le projet économique d’Eva JOLY : travailler tou-te-s et moins (12/23)

Europe Ecologie - Les VERTS développe un projet économique ambitieux, novateur qui débouchera sur une « transition écologique de l’économie ». Ce projet donne des réponses à des problématiques complexes mais dont les contours sont accessibles au plus grand nombre si on ne noie pas le lecteur dans un jargon économique de spécialiste…Je vous propose, en 23 articles thématiques, en 23 semaines (jusqu’aux élections) d’en voir les enjeux et surtout les mesures concrètes.

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Un des piliers de notre programme repose sur la volonté de proposer une société dans laquelle nous pourrons travailler tou-te-s, travailler mieux et travailler moins. Pour nous, écologistes, il ne s’agit pas, comme la gauche traditionnelle, de « produire plus, pour mieux répartir » mais de repenser la production : produire quoi et comment ? A quel coût social pour la santé des travailleurs, à quel coût pour l’environnement et les générations futures, dans quels rapports entre l’employeur, le salarié, le consommateur et les syndicats ?

La création d’au moins 600 000 emplois sur la mandature par la transformation écologique de l’économie est jugée pertinente par bon nombre d’experts indépendants. Notre projet s’inscrit dans un impératif de pertinence et de faisabilité.

Nous proposons de garantir le droit au départ à la retraite à 60 ans sans décote ni surcote : les inégalités d’espérance de vie à la retraite constituent une des injustices majeures de notre société : les salariés ayant exercé des métiers reconnus comme pénibles bénéficieront d’une durée de cotisation plus faible leur permettant de partir avant 60 ans ; il sera également possible de compenser des carrières féminines incomplètes par le maintien des trimestres gratuits et la mise en place d’une majoration par enfant à charge.

Nous relancerons les négociations sur la réduction du temps de travail : nous reviendrons sur les exonérations sur les heures supplémentaires (leur coût est de 4 milliards d’euros) ; nous lancerons dès 2012 la négociation sociale sur la réduction du temps de travail tout au long de la vie, avec comme objectif d’encourager les employeurs et les salariés à aller vers les 32 heures.

A travers ces 3 mesures, nous exprimons notre courage politique, souvent à contre courant de la pensée dominante (pensée unique ?) avec des changements forts.

Ces 30 dernières années, le travail a été attaqué, rationalisé, pressurisé…L’intensification du travail s’exprime par l’augmentation des contraintes de temps, par la pression du juste à temps (compression des délais entre fournisseurs mais aussi avec les clients), par la pression sur les coûts et sur les effectifs. Ainsi, la crise actuelle du modèle libéral-productiviste nous impose de penser autrement : au lieu de compresser les effectifs et diminuer la masse salariale (salaires plus cotisations sociales), de pousser à la démission, d’individualiser les rémunérations et de l’évaluation des performances…et ainsi isoler les salariés et les priver d’un soutien collectif, il faut améliorer la qualité du travail et pour cela :

- faire appliquer le droit du travail en renforçant les effectifs de l’Inspection du travail pour traquer les manquements en terme de sécurité au travail et restaurer une hiérarchie des normes dans le droit du travail
- réformer le droit du licenciement par une interdiction des licenciements boursiers spéculatifs, l’obligation faite aux entreprises de rembourser dans ces situations les aides publiques reçues
- créer un service public de santé au travail avec une vraie gestion tripartite (Etat-employeurs-syndicats)
- conditionner les exonérations de charges sociales pour les bas salaires à l’exigence d’un travail décent (réservées aux postes en CDI dont le temps de travail est supérieur à 30 heures)

Ainsi, ces mesures redonneront du sens et du mieux-être au travail .Il faut redonner de la dignité, de la fierté autour du travail, valeurs abandonnées trop souvent au profit d’impératifs de gestion et de productivité. Cela passe par une responsabilité accrue des acteurs économiques en terme de gouvernance, de démocratisation des organisations productives..

P.-S.

Il est temps de bâtir un nouveau modèle pour une économie décarbonée, dénucléarisée, efficace en ressources, relocalisée, définanciarisée, qui met la réduction des inégalités et l’emploi au cœur du projet.

La semaine prochaine : vers un revenu d’existence