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EcoJOLY / l’économie verte du projet d’Eva JOLY

Le projet économique d’Eva JOLY : généraliser le critère carbone dans les commandes publiques (6/23)

Europe Ecologie - Les VERTS développe un projet économique ambitieux, novateur qui débouchera sur une « transition écologique de l’économie ». Ce projet donne des réponses à des problématiques complexes mais dont les contours sont accessibles au plus grand nombre si on ne noie pas le lecteur dans un jargon économique de spécialiste…Je vous propose, en 23 articles thématiques, en 23 semaines (jusqu’aux élections) d’en voir les enjeux et surtout les mesures concrètes.

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La globalisation libérale de l’économie semble avoir privé le monde de toute maîtrise collective des décisions, des destins des hommes et des femmes, des collectivités et des décisionnaires….sur leur territoire. La recherche de la compétitivité se fait trop souvent au détriment des droits sociaux et vise à faire des économies pour faire des économies, et ceci même dans les activités qui ne sont pas délocalisables (comme les soins , la restauration…).De plus, les faibles coûts de transport permettent à des circuits aberrants socialement et écologiquement de se développer : combien de kilomètres parcourus par des composants de produits, à travers le monde, au gré des différentes opérations de production ; cette décomposition du processus de production est devenue insupportable : aujourd’hui, le bois des forêts françaises est exporté en Chine pour être transformé en plancher, puis re-exporté en France !

Pour autant, il ne s’agit pas de rendre la mondialisation responsable de tous nos maux. La majorité des pertes d’emplois dans l’industrie n’est pas due aux délocalisations (il se crée davantage d’emplois en France par des entreprises étrangères qui viennent s’y installer, donc qui délocalisent en France, qu’il ne s’en perd en France à cause d’entreprises françaises qui délocalisent) .Les pertes d’emplois sont dues surtout aux gains de productivité réalisés chaque année. Les gains de productivité proviennent soit du travail (intensification des travaux, robotisation, nouvelles organisations du travail plus mécanisées) soit du capital (des machines plus perfectionnées, plus productives, plus fiables) soit du progrès technique (de nombreuses avancées dans les nouvelles technologies se font au détriment de l’emploi).

On voit trop souvent les représentants politiques baisser les bras devant la globalisation, les délocalisations, la dévitalisation de nos territoires. Pourtant des leviers existent qui ne sont jamais actionnés par les pouvoirs publics : pour revitaliser nos territoires nous pouvons généraliser le critère carbone dans la commande publique !

La chose est très technique à priori et décourage plus d’un d’entre nous : au-delà des montants et des clauses des marchés publics, nous pouvons, à tous les échelons de la décision publique (de la commune à l’Etat) mettre des critères liés au développement durable dans les appels d’offre ; la loi nous interdit de mettre des critères de localisation pour éviter tout arrangement entre les producteurs locaux et les décideurs (c’est la concurrence qui est visée). L’objectif n’est pas de contourner la concurrence, de sanctionner qui que se soit, mais bien de valoriser les biens et services ayant la moindre empreinte carbone, c’est-à-dire le moindre impact global sur notre planète. Ce critère développement durable, ou carbone permettra de favoriser des fournisseurs qui diminuent effectivement leurs émissions de gaz à effet de serre sur l’ensemble du cycle de vie du produit (invention, fabrication, transports, conditionnements, destruction, recyclage). Compte tenu de l’importance des transports, ce critère conduira dans de nombreux cas à favoriser les circuits locaux ou régionaux de production.

P.-S.

Il est temps de bâtir un nouveau modèle pour une économie décarbonée, dénucléarisée, efficace en ressources, relocalisée, définanciarisée, qui met la réduction des inégalités et l’emploi au cœur du projet.

La semaine prochaine : développer l’économie sociale et solidaire