EcoJOLY

EcoJOLY / l’économie verte du projet d’Eva JOLY

Le projet économique d’Eva JOLY : donner les moyens aux acteurs économiques pour la conversion écologique (4/23)

Europe Ecologie - Les VERTS développe un projet économique ambitieux, novateur qui débouchera sur une « transition écologique de l’économie ». Ce projet donne des réponses à des problématiques complexes mais dont les contours sont accessibles au plus grand nombre si on ne noie pas le lecteur dans un jargon économique de spécialiste…Je vous propose, en 23 articles thématiques, en 23 semaines (jusqu’aux élections) d’en voir les enjeux et surtout les mesures concrètes.

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La transition vers une économie légère passe par une modification de nos modes de vie, de production et consommation. Nous proposons un modèle bâti sur 3 principes simples :
- garantir à tous l’accès à un panier minimum de ressources
- taxer de manière progressive la surconsommation au-delà de ce panier
- aider les acteurs économiques avec une politique volontariste (autre nom pour l’intervention de l’Etat dans l’économie)

Les acteurs économiques, dont je vais vous parler, regroupent l’Etat, les entreprises, les ménages, les banques/assurances, les associations, les mutuelles, fondations...

Nous devons tout d’abord donner aux acteurs économiques les moyens de choisir : c’est le concept de consommacteur. Consommer est un acte fort dans la mesure ou il nous permet de faire des choix : très souvent un choix de prix, mais de plus en plus un choix politique, moral, éthique. Derrière chaque produit se cachent en effet les conditions de travail, le respect des libertés du travail, les conditions de rémunération, la gouvernance des entreprises (façon dont elles prennent leurs décisions ) et l’impact de la production sur l’environnement... Être consommacteur, c’est consommer autrement ! Pour cela nous proposons de généraliser l’information environnementale. Un indicateur environnemental synthétique sera développé et appliqué à tous les produits et services. Outre l’intérêt informationnel pour le consommateur (nous pourrons acheter en toute connaissance), cela développe la concurrence sur la base de critères autres que strictement monétaire (l’effet est réel sur les produits électroménagers étiquetés énergivores, dont les ventes chutent rapidement).Les producteurs seront obligés de s’adapter pour répondre aux exigences des consommateurs. Cela servira de base à la fiscalité environnementale (article 5/23) et à l’obligation de privilégier les produits les plus écologiques (au sens global) dans le cadre de la commande publique (article 6/23).

Nous devons dans le même temps donner aux agents économiques les moyens de s’adapter, en mettant en place un fonds de conversion écologique de l’économie. Nous proposons la mise en place d’un organisme public de financement de cette conversion, abondé par :
- la fiscalité environnementale (article 5/23)
- la vente des permis d’émission. Ces permis existent déjà dans l’Union Européenne et visent à limiter le montant total des émissions de gaz à effet de serre ; un acteur économique, s’il pollue moins, pourra vendre ses droits à un autre acteur plus pollueur ; à l’arrivée, chaque année le montant total des droits diminue et les acteurs qui jouent le jeu, en retirent des bénéfices.
- la mobilisation de l’épargne longue de la population française au travers d’un « livret vert » ; il serait adossé à la Caisse des dépôts, habilité à emprunter sur les lignes de crédits dédiés au même objet de la Banque Européenne d’Investissement.

Ce fonds allouera (distribuera) des subventions et des prêts à taux préférentiels (les taux d’intérêt sont faibles ,à taux zéro,voir négatifs en cas d’inflation c’est-à-dire quand l’inflation est supérieure au taux d’intérêt) pour les investissements de la conversion écologique de l’économie (comme les taux à taux zéro pour financer les travaux d’isolation actuellement).

Ce fonds mobilisera toutes les parties prenantes (formation initiale et professionnelle, fédérations professionnelles, organisations syndicales, fonds de sécurisation des parcours professionnels, comités de bassin d’emplois...) pour permettre le développement des éco-filières. Il s’agira de soutenir l’amorçage, le développement, l’innovation, la reconversion et la formation dans ses filières d’avenir.

L’enveloppe globale pour ce fonds est de 14 milliards d’euros dans le contre budget 2012 d’Eva Joly. L’ensemble du projet financier sera proposé dans un article ultérieurement.

P.-S.

Il est temps de bâtir un nouveau modèle pour une économie décarbonée, dénucléarisée, efficace en ressources, relocalisée, définanciarisée, qui met la réduction des inégalités et l’emploi au cœur du projet.

La semaine prochaine : la mise en place d’une fiscalité énergétique volontariste