hebdo de BENOIST

« Le monde a tellement changé que les jeunes se doivent de tout réinventer »

une citation de Michel SERRES

Je veux commencer ce premier éditorial de l’année 2014 en vous adressant, ainsi qu’à tous vos proches, mes meilleurs vœux. Comme je l’ai dit toute la semaine à mes élèves, on sait bien que la vie est toujours marquée par de bons et de mauvais moments. Alors, amis, lecteurs occasionnels ou réguliers, partenaires et adversaires politiques, anciens ou à venir, je vous souhaite, au nom du groupe EELV de Castres, de connaître cette année beaucoup de joies, et d’être autant que possible épargnés par la peine.

Jeudi soir, 16 janvier, nous organisons, avec les Alternatifs et le Parti de Gauche, une première réunion publique, sur le thème : « comment construire une alternative à la politique municipale actuelle ? ». Le rendez-vous est à 20h30, à la salle du restaurant du parc des expositions.

Cette alternative, vous le savez, nous avons essayé depuis deux ans de la construire avec le Parti socialiste, le Parti Radical de Gauche, ou encore l’association du Cercle Cité Solidaire. Nous avons mis toute notre énergie et toute notre volonté dans cette démarche. Et si nous avons au final refusé de participer à la liste mené par Christophe Testas, c’est bien parce que nous considérons que l’alternative dont nous avons tant besoin, à Castres, ne peut être portée par cette équipe.

Il est toujours plus facile de savoir ce qu’on ne veut pas. Nous ne voulons pas de l’autoroute concédée, bien entendu, mais pas seulement. Nous ne voulons pas non plus d’une majorité PS-PRG qui viendrait s’affronter en permanence à une « minorité de blocage », composée du Parti communiste et de Castres à Gauche vraiment, alliée selon les circonstances à EELV, rendant tout bonnement impossible la gestion commune de la ville pendant six ans. Nous ne voulons pas plus nous inscrire dans des pratiques de personnalisation du pouvoir, qui, pour masquer les difficultés actuelles du Parti socialiste ou les incohérences de l’équipe, viendraient mettre en avant la figure unique de la tête de liste, en s’épargnant au passage les affres de la construction d’un projet véritablement partagé. Nous avons alerté depuis des mois sur ces risques. Nous avons écrit que la gauche castraise n’avait pas besoin d’un sauveur mais d’une dynamique commune, à même de vaincre la résignation et son corollaire attendu, une forte abstention. Sur tous ces points, nous n’avons pas, à l’heure qu’il est, été entendu. Le moment est-il pour autant venu de se résigner au silence ? Non.

Ce qui s’est passé ne peut que renforcer notre volonté d’inventer de nouvelles manières de faire de la politique, si nous voulons sortir de la crise du militantisme et de la représentation que nous connaissons. Nous devons entendre les gens qui nous disent qu’ils ne veulent plus s’investir dans ce champ, car ils n’y trouvent pas, ou plus, l’enthousiasme, la proximité, l’espace où réaliser leur volonté de changement. Or, ce changement ne se fera pas, si les personnes qui le désirent profondément ne s’engagent pas pour le provoquer. Le moment est donc venu de modifier la donne : nous ne nous reconnaissons plus dans les anciennes règles du jeu ? Et bien changeons-les, et traçons ensemble un nouveau chemin.

Car nous savons ce que nous voulons. Nous voulons que la gauche remporte les élections municipales à Castres. Mais pour cela, nous savons qu’il lui faut développer une autre manière de faire de la politique. Il lui faut donner de la chair aux formules « faire de la politique autrement » et « démocratie participative ». Il lui faut offrir aux habitants un cap, dans lequel chacun pourra se reconnaître et s’inscrire. Pour nous, les contours de cet horizon sont clairs : la lutte contre toutes les formes d’inégalité, en s’appuyant sur ces trois piliers que peuvent constituer l’écologie, le logement, et la participation la plus large des citoyennes et des citoyens à la prise de décisions.

En tant que jeune militant de gauche sur cette ville, je suis, comme d’autres, héritier d’une histoire qui n’est pas la mienne. Cette histoire, c’est celle de la défaite de 2001, qui a conduit Pascal Bugis aux responsabilités. Mais ici, le terme « jeune » n’a rien à voir avec la date de naissance. C’est une question de rapport au temps. Nous ne sommes pas là pour prendre notre revanche sur ce qui s’est passé il y a treize ans, mais pour dire aux Castraises et aux Castrais où nous voulons les conduire et comment nous voulons construire avec eux le mieux vivre ensemble auquel chacun aspire. Nous ne sommes pas là pour tenter de revivre des gloires passées, encore moins pour exorciser les traumatismes d’hier. Nous sommes là pour dire quel avenir Castres et l’ensemble du bassin sud-tarnais sont en mesure de se donner.

Convenons-en, ces enjeux vont bien au-delà de la question de savoir s’il faut monter une liste pour les municipales. Ils relèvent d’un travail de fond, dans la durée, qui ne peut qu’être qu’un travail d’équipe, auquel chacun est invité à venir prendre sa part. Pour cela, je vous donne rendez-vous jeudi.