IDEES

« Le danger est de sacrifier nos sociétés modernes sur l’autel de la croissance »

INTERVIEWAlors que l’austérité peine à créer des résultats, l’économiste James K. Galbraith appelle le Vieux Continent à capitaliser sur ses avantages, comme son modèle d’Etat-providence.

Al’heure où toute l’Europe a le regard tourné vers la Grèce, le parti de gauche radicale Syriza ayant de bonnes chances de remporter les législatives de dimanche, l’économiste américain James K. Galbraith vient alimenter le mouvement anti-austérité qui gagne chaque jour un peu plus de terrain. Dans la Grande Crise, sorti ce mois-ci au Seuil, il démontre la faillite des politiques anticrise à l’œuvre en France et dans toute l’Europe, et propose une autre voie en partant du principe qu’on ne pourra plus compter sur le retour d’une croissance forte. Comment soutenir alors une économie à faible croissance ? Selon le professeur à l’Université du Texas, une protection sociale renforcée, un service bancaire public sont, entre autres mesures, nécessaires. Une voix de l’économie hétérodoxe, dans la lignée de son père, John K. Galbraith.

Depuis la crise de 2008, l’austérité s’est imposée en Europe avec peu de résultats. Pourtant, les chefs d’Etat, dont François Hollande, poursuivent ce type de politique. Pourquoi ?

Ces politiques d’austérité sont directement influencées par les théories économiques du XIXe siècle, du temps de l’étalon-or. On persiste à s’en inspirer pour plusieurs raisons. Cela vient d’abord ...lire la suite