Le chant libre de l’écologie - l'écoloCASTRES, le blog

Edito de STEPHANE

Le chant libre de l’écologie

« L’optimisme est la foi qui mène à la réussite. Rien ne peut être fait sans espoir et confiance. » Helen Keller

Le monde qui change est une source d’angoisse. Sans doute aimerions-nous que comme le soleil qui se lève le matin à l’est, les choses et les idées, soient tous les jours à la même place, celle qu’elles occupaient la veille au coucher. Un monde qui change vite peut être source de panique, le soleil ne tourne plus autour de la Terre et cette Terre si stable nous emmène dans une course folle autour de la lumière. C’est dans cette course que sont emmenés les écologistes depuis quelques semaines, depuis qu’un candidat PS, Benoit Hamon, a mis leur astre solaire au centre et fait tourner la planète écologie autour d’une lumière qui aujourd’hui la dépasse. Peut-être sont-ils éblouis de voir à quel point leur vision est puissante et combien, quand elle sort de la confidentialité, elle peut irradier. Le candidat Mélenchon s’est aussi emparé de ce feu, mais la manière ne lui a pas permis de faire résonner le cœur des écologistes qui n’adhèrent pas à un discours trop souvent empreint de conflit ou de combat permanent, de revanche.

Et voici que les trompettes vaticanes sonnent la charge. Haro sur le PS, traître un jour, traître toujours. Nous devons peser dans des négociations éventuelles avec une candidature forte car il nous faut montrer les muscles. Nous devons avoir des candidats aux législatives pour que la présence de l’écologie politique soit affirmée, assurée. Nous devons respecter les décisions du congrès, prises en juin, il y a une éternité, et aussi le vote aux primaires de l’écologie, à la bien faible participation. Nous devons aussi nous rappeler du dernier accord de mandature avec le PS, qui lui aussi reprenait largement le programme écolo et qui a été au final un bout de papier vite oublié. Nous devons nous rappeler du discours du Bourget. Au milieu de tous ces impératifs qui sont assignés à notre parti politique, nous devons surtout gérer le trouble ressenti dans ces meetings de 1000 personnes, où un candidat socialiste dont on n’attendait rien, s’est mis à dérouler notre programme, devant une salle remplie de personnes que nous ne connaissons pas, des personnes qui ne se déplacent pas pour nos meetings alors que nous disons les mêmes choses et depuis beaucoup plus longtemps (quelle injustice), et devant ces jeunes qui ont tout à faire chez nous, et qui sont ailleurs. Nous devons gérer notre plaisir, ressenti au moment où le candidat Hamon, dans les débats de la primaire à laquelle nous avons décidé de ne pas participer, parle de nos valeurs et qu’il provoque l’écoute, par on ne sait quelle magie de la communication. Nous avons aussi à gérer une angoisse profonde qui finit par s’exprimer, car si d’autres reprennent nos idées, avec une plus grande audience, et que d’autres personnes valident ces orientations de manière massive par un vote, c’est tout simplement le risque de disparaître qui devient une éventualité pour le parti Europe Ecologie les Verts.

La vie avec chevillée au corps la peur de mourir est bien difficile, bien triste aussi. C’est un arbitrage que menons à chaque instant à mesure que nous entrons dans l’âge adulte et que le temps s’échappe. Nous avons peur pour nous, peur pour nos proches et pourtant nous savons pertinemment que sans prise de risque il n’y a pas de création, il n’y a pas de dépassement de soi. Rester dans le giron ou affronter le vaste monde. Maintenir dans le giron ou permettre d’affronter le vaste monde. Le parti écologiste n’a pas d’alternatives s’il veut vivre. Ses choix radicaux en matière de changement de société lui ont fait couper les amarres il y a bien longtemps, au moment même de sa création. Nous devons être enthousiastes et vaincre nos peurs et nos logiques d’appareils. Les citoyens ne nous comprennent plus et ne nous soutiennent plus, dans les formes institutionnelles que nous connaissons. Nous ne savons pas de quoi sera fait demain, comment nous continuerons à nous retrouver pour faire de la politique, mais j’ai la certitude que les relations humaines que nous entretenons sont trop précieuses pour disparaître. Hamon va nous proposer un chemin, qu’il paraît possible d’emprunter. Mélenchon a fait bouger les lignes en mettant l’écosocialisme au centre du débat. Jadot arrive avec l’histoire et la culture d’un changement de société non-violente, par de nouveaux rapports au monde et aux autres. Nous avons la culture du dialogue, du consensus. Il nous appartient d’être présents au service des idées et de permettre aux candidats d’être à leur bonne place. Notre rôle sera central et, dans ce mode de scrutin que nous dénonçons et qui nous oblige à choisir une unique personne pour nous représenter, nous choisirons, sans trembler, et sans exclure l’un ou l’autre. La gauche et l’écologie ont une nouvelle possibilité de s’articuler pleinement, et sans rire, le changement, c’est peut-être vraiment maintenant !

Stéphane DELEFORGE, le 8 février 2017