le blog-notes

La vacance de Mr HULOT

" Parler de liberté n’a de sens qu’à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre. " George ORWELL

Il aura fallu une semaine, un record sous la Vième, pour trouver un nouveau Ministre de la Transition écologique et solidaire. Le banc de touche étant vide, le Président de la République et son Premier Ministre ont dû s’immiscer dans les vestiaires de LREM pour, après moult rencontres, enfin révéler le nom, pratique courante de la verticalité libéralo-macronienne, du volontaire désigné.

Force est de reconnaître que la tâche n’était pas facile. Difficile même tant il est vrai que, pour la première fois, le « maître des horloges » n’était pas dans le tempo politique. Si ce dernier préfère pérorer devant ses seuls affidés – « Qu’ils viennent me chercher ! » - son Ministre d’Etat démissionnaire, lui, a fait le choix de s’adresser directement, sans passer par la case Matignon, ni par celle de l’Elysée, à l’ensemble des français par le truchement d’une radio généraliste nationale. Autres mœurs, et surtout autre éthique. Pour l’un le clanisme politique, pour l’autre l’ensemble de la société. Plus qu’une différence de degré, une vraie discordance de nature.

Et une dissension politique : « Changer de grille de lecture » afin de « changer de paradigme » a déclaré Nicolas HULOT pour bien marquer non pas une simple divergence tactique mais bien un profond désaccord politique. Nicolas HULOT préconise un autre Nouveau Monde « disruptif pour investir dans la transition écologique. » tout en rappelant que « l’enjeu écologique, c’est un enjeu culturel, sociétal, civilisationnel. ». Bref, changeons d’ère.

S’ensuit une interminable maraude hasardeuse à la mesure du désarroi politique gouvernemental face à l’ébranlement stratégique du macronisme provoqué par la démission d’un de ses principaux soutiens.

Première étape : la pêche médiatique. Daniel COHN-BENDIT et le Président se sont rencontrés, ont discuté et fait le choix - l’un soi-disant au nom de son hédonisme libéralo-libertarien, l’autre par tactique électorale - de s’encanailler plus tard au moment des élections européennes.

Deuxième étape : la chasse aux cerveaux. Certaines pointures de la galaxie écologiste auraient été contactées. Mais hélas pas de chaussure à leur pied dans la poursuite de la politique gouvernementale. Chou blanc.

Troisième et ultime étape : racler les fonds de tiroirs de la maisonnée. Un écolo macron-compatible, le plus visible, celui du perchoir. En assignant François de Rugy au Ministère de la Transition écologique et solidaire, le Président, soucieux d’abord de son autorité, compte régler deux problèmes d’un coup : un ministre écologiste enfin commode et un nouveau Président de l’Assemblée qui va avoir pour tâche principale de remettre de l’ordre au sein de la majorité.

Certains commentateurs complaisants envisageaient de la part du Président un rebond politique. Nous n’avons eu droit, de fait, qu’à un repli grégaire.

CAZOTTES Jean-Marc, le mercredi 5 septembre 2018

P.-S.

Précédent Blog-notes / HULOT, l’autre Nouveau Monde