IDEES

La social-démocratie est morte, vive la social-écologie !

par Pervenche BERES

En Europe, à gauche, de nombreux partis politiques se sont revendiqués d’un progressisme modéré et pragmatique dont l’ambition était de corriger les effets du capitalisme plus que de le combattre. Cette social-démocratie ne fait plus, aujourd’hui, ni consensus, ni recette : elle s’est fracassée sur la mondialisation, les nouvelles technologies et la crise de 2008.

Le mal vient de loin : le congrès du SPD de Bad Godesberg en 1959 accepte de servir l’économie dite sociale de marché tandis que la troisième voie de Tony Blair fait glisser la social-démocratie vers le social-libéralisme. La gauche française a longtemps résisté à cette orientation ; lorsque François Mitterrand arrive au pouvoir en 1981, il contribue à un certain rééquilibrage de la social-démocratie européenne y compris en imposant le thème de l’Europe sociale. Mais, le PS français finira par faire siens en 2008 les principes de Bad Godesberg sans les réviser, alors même qu’il est trop tard pour cette doctrine. Les outils qui naissent de ces concepts ne sont plus adaptés pour transformer le réel alors qu’après la chute du mur de Berlin, avec le développement des nouvelles technologies et la mondialisation, l’explosion d’un capitalisme financier internationalisé menace les modes nationaux de solidarité et de redistribution et provoque l’accroissement des inégalités.

En s’accommodant d’une fonction de gestionnaire crédible du capitalisme, la social-démocratie européenne a sacrifié [ ... lire la suite ]

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